Les infractions à la législation sur les stupéfiants sont poursuivies en Espagne sur le fondement de l’article 368 du Code pénal, qui réprime la culture, la production, le trafic et la promotion de la consommation de substances illicites. La province d’Alicante, avec ses ports, son aéroport et sa position sur le corridor méditerranéen, génère un volume important de ces procédures, dont une part significative concerne des ressortissants étrangers.
Le droit pénal espagnol ne réprime ni la consommation ni la détention destinée à la consommation personnelle. La détention dans un lieu public constitue une infraction administrative au titre de la loi sur la sécurité citoyenne, sanctionnée par une amende et non par les juridictions pénales.
La question, dans presque tous les dossiers, est donc de savoir si la quantité saisie est compatible avec une consommation personnelle. Le Tribunal suprême se réfère aux valeurs publiées par l’Institut national de toxicologie, fondées sur la consommation quotidienne moyenne sur cinq jours ; ces valeurs demeurent indicatives et non contraignantes. La présence d’une balance, de matériel de conditionnement, d’espèces en petites coupures ou d’échanges de messages oriente l’appréciation vers le trafic.
Les peines de base sont de trois à six ans pour les substances causant un dommage grave et de un à trois ans pour les autres. L’article 368.2 autorise la juridiction, eu égard à la faible gravité des faits et à la situation personnelle de l’auteur, à prononcer la peine inférieure d’un degré, ce qui peut en pratique ramener la peine dans la fourchette ouvrant droit au sursis.
L’article 369 énumère les circonstances aggravantes qui élèvent la peine d’un degré : quantité notable, adultération augmentant la nocivité, commission dans des établissements d’enseignement ou militaires, appartenance à une organisation.
La régularité de la perquisition ou de la fouille constitue le premier axe, et le plus productif. La fouille d’un véhicule suppose un soupçon justifié consigné au procès-verbal ; la perquisition d’un domicile exige une autorisation judiciaire ou le consentement éclairé de l’occupant, donné en présence d’un avocat lorsque celui-ci est déjà interpellé. Les preuves obtenues en violation de ces exigences sont irrecevables au titre de l’article 11 de la Loi organique du pouvoir judiciaire, l’exclusion s’étendant à tout ce qui en découle.
Le deuxième axe est l’analyse de la substance. L’accusation doit établir non seulement le poids brut mais le degré de pureté, la fourchette de peine et l’amende étant calculées sur la quantité nette de substance pure. Les défaillances de la chaîne de conservation entre la saisie, la pesée et l’analyse de laboratoire constituent un moyen récurrent et efficace.
Le troisième est l’article 376, qui permet une réduction substantielle de la peine lorsque la personne poursuivie abandonne volontairement l’activité et collabore efficacement, ainsi que les articles 20.2 et 21.2 pour les auteurs dont le comportement procède d’une dépendance grave.
L’article 89 du Code pénal prévoit que les peines d’emprisonnement supérieures à un an prononcées contre des ressortissants étrangers en situation irrégulière sont en principe substituées par l’expulsion du territoire espagnol, assortie d’une interdiction de retour de cinq à dix ans. La règle admet des exceptions lorsque l’expulsion serait disproportionnée au regard des attaches familiales et sociales.
Lorsque la procédure trouve son origine dans un mandat d’arrêt européen ou dans une demande d’entraide judiciaire, la défense doit se déployer simultanément dans les deux ordres juridiques. Le cabinet traite les procédures de mandat d’arrêt européen devant l’Audiencia Nacional et se coordonne avec le conseil local de l’État d’émission.
Aucune valeur légale n’est fixée. La référence de l’Institut national de toxicologie pour le cannabis avoisine 100 grammes, correspondant à cinq jours de consommation moyenne, mais elle demeure indicative. C’est l’ensemble des éléments qui compte : quantité, conditionnement, espèces, communications et habitudes de consommation de la personne poursuivie.
Un véhicule n’est pas un domicile ; aucune autorisation judiciaire n’est donc requise, mais les agents doivent consigner un motif objectif de soupçon. Lorsque le procès-verbal n’en comporte aucun, ou que la motivation est générique, la fouille peut être contestée.
L’article 89 prévoit la substitution par l’expulsion pour les peines supérieures à un an prononcées contre des étrangers en situation irrégulière. Les résidents et les citoyens de l’Union disposant d’attaches établies relèvent d’un régime distinct, la juridiction devant apprécier la proportionnalité.
Oui, de façon déterminante. La peine et l’amende se calculent sur la quantité nette de substance pure. Un poids brut élevé assorti d’une pureté très faible peut se situer entièrement en deçà des seuils d’aggravation.
L’article 376 permet une réduction d’un ou deux degrés lorsque la personne poursuivie abandonne l’activité criminelle et collabore activement à la prévention de l’infraction ou à l’identification des responsables. Une appréciation soignée s’impose avant toute déclaration.
Interpellé pour une infraction à la législation sur les stupéfiants à Alicante ou à l’aéroport ?