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Article 252 du Code pénal espagnol · Droit pénal économique

Avocat abus de biens sociaux en Espagne

L’administrateur qui excède ses pouvoirs et cause un préjudice au patrimoine qu’il gère

En droit pénal espagnol, ce que l’on désigne en France par abus de biens sociaux relève pour l’essentiel de l’administration déloyale de l’article 252 du Code pénal : gérer de façon déloyale un patrimoine qui ne vous appartient pas. Il n’est pas nécessaire de s’approprier quoi que ce soit ni de s’enrichir ; il suffit d’excéder ses pouvoirs et de causer un préjudice au patrimoine administré. Nous défendons aussi bien les dirigeants mis en cause que les associés et les sociétés lésées.

En bref. Administration déloyale en Espagne (article 252 du Code pénal) : défense des dirigeants et associés, discrétion entrepreneuriale et preuve documentaire.

Ce qui est en jeu

252
Article du Code pénal espagnol qui sanctionne la gestion déloyale d’un patrimoine appartenant à autrui
0 €
Somme qu’il faut s’être appropriée : l’excès de pouvoirs et le préjudice suffisent à eux seuls
4
Critères qui protègent la décision de gestion : information, absence d’intérêt personnel, objet social, procédure

Excéder ses pouvoirs suffit : l’infraction qui ne suppose aucun enrichissement

L’article 252 du Code pénal espagnol — l’administración desleal — sanctionne celui qui, disposant du pouvoir d’administrer un patrimoine appartenant à autrui, excède l’exercice de ces pouvoirs et cause de ce fait un préjudice au patrimoine administré. Aucune appropriation n’est exigée, aucun enrichissement non plus : l’excès et le dommage suffisent.

C’est là que réside la différence essentielle avec l’appropriation indue — l’apropiación indebida —, avec laquelle cette figure est constamment confondue. Dans l’appropriation indue, l’administrateur fait sien le bien qui lui avait été confié ; dans l’administration déloyale, il gère simplement mal, de manière déloyale, et c’est le patrimoine d’autrui qui perd. Comme le préjudice peut être considérable sans que l’administrateur ait touché un seul euro, l’exposition pénale est très élevée.

La ligne de défense centrale est la discrétion entrepreneuriale. Une mauvaise décision de gestion n’est pas une infraction : administrer implique prendre des risques, et le droit pénal ne saurait devenir un contrôleur rétrospectif de la gestion des entreprises, une fois que l’on sait comment tout s’est terminé. Encore faut-il établir que la décision a été adoptée avec une information suffisante, sans intérêt personnel, dans les limites de l’objet social et selon une procédure adéquate.

Lorsque cela est documenté — rapports préalables, procès-verbaux, autorisations —, la décision demeure protégée même si le résultat s’est révélé désastreux. Lorsque cela ne l’est pas, la position de l’administrateur devient très fragile. C’est pourquoi notre travail commence toujours par la reconstruction de la chaîne documentaire de chacune des décisions contestées.

Du côté de l’accusation, la voie pénale est puissante mais dangereuse. Une querella — la plainte par laquelle on se constitue partie accusatrice en droit espagnol — dépourvue de base solide est classée, renforce l’adversaire et peut exposer son auteur à des poursuites pour dénonciation calomnieuse. Nous examinons donc d’abord si les faits franchissent le seuil pénal ou si le conflit se résout mieux par la voie commerciale, au moyen de l’action sociale en responsabilité. Dans de nombreux dossiers, la stratégie correcte consiste à engager d’abord la voie civile pour fixer les faits, puis à soutenir la voie pénale sur cette base.

Conduite par conduite

Les comportements que nous voyons revenir

Le contour de l’administration déloyale se dessine moins dans les manuels que dans une série de situations qui se répètent d’un dossier à l’autre, à Alicante comme à Madrid.

Art. 252 CP

Le noyau de l’infraction

Trois éléments doivent être réunis : un pouvoir d’administrer un patrimoine appartenant à autrui, un excès dans l’exercice de ce pouvoir et un préjudice causé à ce patrimoine. Le lien entre l’excès et le dommage est le point que l’accusation doit établir et celui que la défense conteste en premier, car il ne se présume jamais.

Ni appropriation ni enrichissement exigés
Délimitation

Administration déloyale ou appropriation indue

Dans l’appropriation indue, l’administrateur fait sien le bien qui lui avait été confié ; dans l’administration déloyale, il laisse le bien dans le patrimoine géré mais en dispose de manière contraire à l’intérêt de celui-ci. La qualification retenue change la preuve à rapporter et, avec elle, l’issue du dossier.

Deux qualifications, deux stratégies
Rémunération

Rémunérations non approuvées ou disproportionnées

L’administrateur qui fixe lui-même sa rémunération, ou qui la porte à un niveau sans rapport avec la fonction exercée et les résultats de la société, s’expose directement. La question décisive n’est pas le montant en lui-même mais l’organe qui l’a approuvé, la procédure suivie et la traçabilité de cette approbation.

Approbation régulière ou exposition directe
Parties liées

Contrats avec des sociétés liées

Les opérations conclues avec des sociétés du groupe ou contrôlées par l’administrateur, à des conditions étrangères au marché, constituent l’un des motifs de poursuite les plus fréquents. La défense se construit avec des comparables, des rapports d’évaluation et la démonstration que l’opération servait un intérêt social réel.

Conditions de marché à démontrer
Opportunités

Détournement d’opportunités d’affaires

Réorienter vers une autre société de l’administrateur une occasion qui appartenait à la société administrée est une conduite typique. Le débat porte sur le point de savoir si l’occasion relevait effectivement de l’objet social, si la société disposait des moyens de la saisir et si elle y a renoncé de manière informée.

Appartenance de l’occasion à la société
Dépenses

Dépenses personnelles imputées à la société

Déplacements, véhicules, logements, notes de frais sans lien avec l’activité. Prises isolément, ces sommes paraissent modestes ; additionnées sur plusieurs exercices et présentées comme un système, elles nourrissent le récit de l’accusation. La justification pièce par pièce et la régularisation sont ici déterminantes.

Un système, plus qu’un montant
Financements

Opérations ruineuses, cautions et remises de dette

Financements manifestement défavorables, cautions accordées sans contrepartie, remises de dette consenties à des tiers liés. La défense démontre l’intérêt de l’opération au moment où elle a été décidée, avec l’information alors disponible, et non à la lumière de son résultat final.

Contrepartie et intérêt social
Vidage

Vidage progressif avant une sortie ou un conflit

Transferts d’actifs, de clientèle ou de contrats vers une autre structure dans les mois qui précèdent la sortie d’un associé ou l’éclatement d’un conflit. La chronologie devient alors la preuve principale : c’est la séquence des opérations, plus que chacune d’elles prise isolément, qui révèle l’intention.

La chronologie fait la preuve
Personne morale

Responsabilité de la société elle-même

La personne morale peut répondre de façon autonome des faits commis dans son cadre. Un programme de conformité effectif, mis en place avant les faits et réellement appliqué, constitue une défense reconnue par la loi espagnole ; adopté après coup ou resté sur le papier, il ne produit pas le même effet.

Conformité antérieure aux faits

Cartographie du risque

Ce que l’accusation doit prouver, conduite par conduite

Ce tableau met en regard les conduites les plus fréquemment poursuivies, la question qui décide de leur caractère pénal, la preuve déterminante et l’orientation que prend la défense.

ConduiteQuestion décisivePreuve déterminanteOrientation de la défense
Rémunération fixée par le dirigeantcléApprouvée par l’organe compétent ?Procès-verbaux et accords sociauxRégularité de l’approbation et proportionnalité
Contrat avec une société liéeConditions de marché ?Comparables et rapports d’évaluationIntérêt social et absence d’intérêt personnel
Opportunité d’affaires détournéeL’occasion appartenait-elle à la société ?Échanges, calendrier, financementRenonciation informée de la société
Dépenses personnellesLien avec l’activité sociale ?Justificatifs et notes de fraisJustification pièce par pièce et régularisation
Caution ou financement sans contrepartieContrepartie réelle au moment de la décision ?Rapports préalables au voteInformation suffisante et intérêt du groupe
Remise de dette à un tiers liéDécision motivée et autorisée ?Procès-verbal de l’organe d’administrationRégularité de la procédure d’adoption
Vidage avant une sortieQuelle séquence chronologique ?Comptes annuels et flux bancairesContinuité d’exploitation et logique économique
Décision de gestion malheureuseInformation suffisante, aucun intérêt personnel ?Rapports préalables et avis externesProtection de la discrétion entrepreneuriale

La peine encourue dépend du montant du préjudice causé et des circonstances retenues par le tribunal ; elle se détermine dossier par dossier et ne peut pas être annoncée à l’avance. Ce tableau a une valeur informative et ne remplace pas l’examen du dossier.

Notre différence

Là où la décision de gestion rencontre l’analyse financière et comptable

La preuve, dans l’administration déloyale, est documentaire et comptable : procès-verbaux, rapports préalables, flux bancaires, comparables de marché, messagerie interne. Sa contestation technique est la défense la plus efficace. C’est pourquoi nous appliquons LIWARDLegal Intelligence Warfare for Defense—, notre méthodologie propre qui intègre intelligence juridique, analytique jurisprudentielle, analyse financière et comptable et e-forensic dans une seule stratégie procédurale. C’est ce qui nous distingue de la défense pénale conventionnelle.

i.

Chaîne documentaire

L’erreur la plus fréquente consiste à reconstituer les justificatifs après la plainte. Les documents créés a posteriori se repèrent et se retournent contre leur auteur. Nous partons des pièces existantes — procès-verbaux, rapports préalables, courriels — et nous bâtissons la défense sur ce qui est daté, non sur ce qui serait souhaitable.

ii.

Analytique jurisprudentielle

Deuxième erreur : confondre mauvaise gestion et gestion déloyale. Nous sélectionnons les décisions qui délimitent l’excès de pouvoirs, celles qui protègent la discrétion entrepreneuriale et celles qui séparent l’administration déloyale de l’appropriation indue, et nous en tirons la ligne de défense du dossier.

iii.

Renseignement juridique

Troisième erreur, du côté de l’accusation : déposer une plainte pénale sans base documentaire. Elle est classée, elle renforce l’adversaire et elle expose son auteur. Nous établissons d’abord si les faits franchissent le seuil pénal ou si la voie commerciale, avec l’action sociale en responsabilité, sert mieux l’objectif poursuivi.

iv.

Analyse e-forensic

Quatrième erreur : nettoyer la messagerie ou la comptabilité. Outre l’effet dévastateur devant le tribunal, ce sont souvent ces éléments qui établissent l’information disponible au moment de la décision et l’absence d’intérêt personnel. Nous les préservons et les authentifions avant qu’ils ne disparaissent.

Comment nous travaillons

Quatre phases, du diagnostic au jugement

Phase 01

Diagnostic et seuil pénal

Nous examinons d’abord si les faits franchissent réellement le seuil pénal ou s’il s’agit d’un conflit entre associés que la voie commerciale résout mieux. Ce choix conditionne tout le reste : une plainte prématurée fixe une version défavorable des faits et rend la suite bien plus difficile.

Phase 02

Construction de la preuve

Comptes annuels, procès-verbaux, mouvements bancaires, contrats conclus avec des parties liées, messagerie interne. Nous ordonnons ces éléments en une chronologie unique, décision par décision, afin de vérifier ce que chaque pièce démontre effectivement et ce qu’elle ne démontre pas.

Phase 03

Instruction et expertise

Demandes d’actes d’enquête, expertise comptable et financière, auditions des personnes ayant participé aux décisions contestées. C’est le moment de faire entrer au dossier l’information qui existait au moment de la décision, seul étalon admissible pour l’apprécier.

Phase 04

Audience, jugement et suites

Préparation des contre-interrogatoires sur les points faibles de la chronologie, conclusions définitives et, le cas échéant, négociation. Nous traitons également les conséquences accessoires : responsabilité civile, interdictions professionnelles et effets sur la personne morale.

À qui nous nous adressons

Les situations que nous prenons en charge

E

Administrateurs et dirigeants

Dirigeants de droit ou de fait mis en cause pour des rémunérations, des opérations avec des parties liées ou des décisions de financement contestées. L’objectif est double : démontrer que la décision relève de la discrétion entrepreneuriale et empêcher que le dossier ne se transforme en examen rétrospectif de toute une période de gestion.

D

Associés minoritaires

Associés qui constatent une dérive et craignent que la société ne soit progressivement vidée. Avant toute plainte, nous construisons la preuve documentaire : comptes, procès-verbaux, mouvements bancaires, contrats avec les parties liées. Une plainte sans base est classée et renforce durablement la position adverse.

I

Sociétés et groupes

La société elle-même peut être poursuivie en tant que personne morale. Nous intervenons sur les deux fronts : défense de l’entité et vérification de l’effectivité du programme de conformité, dont l’antériorité aux faits et l’application réelle conditionnent la reconnaissance comme moyen de défense.

V

Dirigeants français en Espagne

Gérants de filiales espagnoles, investisseurs et administrateurs résidant en France. La difficulté n’est pas seulement linguistique : les obligations de l’administrateur, la documentation attendue et la frontière entre le civil et le pénal ne se superposent pas à celles du droit français. Nous travaillons en français, sur pièces espagnoles.

Vos questions

Questions fréquentes sur l’administration déloyale

J’ai pris une décision de gestion qui a mal tourné : est-ce une infraction ?
Non. Administrer implique prendre des risques, et le droit pénal ne révise pas la gestion des entreprises une fois que l’on en connaît le résultat. Si la décision a été adoptée avec une information suffisante, sans intérêt personnel et dans les limites de l’objet social, elle demeure protégée, même si l’issue s’est révélée ruineuse. Toute la difficulté est probatoire : ce qui n’a pas été documenté au moment de la décision devient très difficile à établir ensuite.
En quoi cela se distingue-t-il de l’appropriation indue ?
En ce qu’ici il n’est pas nécessaire de conserver quoi que ce soit pour soi. Il suffit d’excéder les pouvoirs d’administration et de causer un préjudice au patrimoine administré. Dans l’appropriation indue, l’administrateur fait sien le bien qui lui avait été confié ; dans l’administration déloyale, le bien reste dans le patrimoine géré mais il en est disposé contre l’intérêt de celui-ci. La qualification retenue commande la preuve à rapporter.
Je suis associé minoritaire et je crains que l’on vide la société
Avant de déposer plainte, il faut construire la preuve documentaire : comptes annuels, procès-verbaux, mouvements bancaires, contrats conclus avec des sociétés liées. Une plainte dépourvue de base est classée et renforce la position adverse, en plus d’exposer son auteur. La séquence utile consiste souvent à fixer d’abord les faits par la voie civile, puis à soutenir la voie pénale sur cette base établie.
La société elle-même peut-elle être poursuivie ?
Oui. La personne morale peut répondre de manière autonome des faits commis dans son cadre, indépendamment du sort réservé au dirigeant. Un programme de conformité effectif, antérieur aux faits et réellement appliqué, constitue une défense reconnue par la loi espagnole. Un programme adopté après la survenance des faits, ou demeuré sur le papier, ne produit pas cet effet.
Faut-il aller au pénal ou agir d’abord au civil ?
Cela dépend de ce que le dossier permet de démontrer aujourd’hui. La voie pénale est puissante mais risquée ; la voie commerciale, avec l’action sociale en responsabilité, permet de fixer les faits avec un risque bien moindre. Dans de nombreux dossiers, la stratégie correcte consiste à commencer par le civil et à n’engager le pénal qu’ensuite, une fois les faits établis et la documentation obtenue.
Le dirigeant doit-il s’être enrichi pour être poursuivi ?
Non, et c’est le point le plus mal compris de cette infraction. Ni appropriation ni enrichissement ne sont exigés : l’excès dans l’exercice des pouvoirs d’administration et le préjudice causé au patrimoine administré suffisent à eux seuls. C’est précisément pour cette raison que l’exposition est si élevée : un préjudice considérable peut être retenu alors même que le dirigeant n’a pas perçu un seul euro. La défense se déplace donc vers la régularité de la décision, et non vers la recherche d’un profit personnel.

SCJE · Barreaux d’Alicante et de Madrid

Votre gestion se défend avec des documents, pas des intentions

Entretien confidentiel, en français.

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