Art. 252 CP
Le noyau de l’infraction
Trois éléments doivent être réunis : un pouvoir d’administrer un patrimoine appartenant à autrui, un excès dans l’exercice de ce pouvoir et un préjudice causé à ce patrimoine. Le lien entre l’excès et le dommage est le point que l’accusation doit établir et celui que la défense conteste en premier, car il ne se présume jamais.
Ni appropriation ni enrichissement exigés
Délimitation
Administration déloyale ou appropriation indue
Dans l’appropriation indue, l’administrateur fait sien le bien qui lui avait été confié ; dans l’administration déloyale, il laisse le bien dans le patrimoine géré mais en dispose de manière contraire à l’intérêt de celui-ci. La qualification retenue change la preuve à rapporter et, avec elle, l’issue du dossier.
Deux qualifications, deux stratégies
Rémunération
Rémunérations non approuvées ou disproportionnées
L’administrateur qui fixe lui-même sa rémunération, ou qui la porte à un niveau sans rapport avec la fonction exercée et les résultats de la société, s’expose directement. La question décisive n’est pas le montant en lui-même mais l’organe qui l’a approuvé, la procédure suivie et la traçabilité de cette approbation.
Approbation régulière ou exposition directe
Parties liées
Contrats avec des sociétés liées
Les opérations conclues avec des sociétés du groupe ou contrôlées par l’administrateur, à des conditions étrangères au marché, constituent l’un des motifs de poursuite les plus fréquents. La défense se construit avec des comparables, des rapports d’évaluation et la démonstration que l’opération servait un intérêt social réel.
Conditions de marché à démontrer
Opportunités
Détournement d’opportunités d’affaires
Réorienter vers une autre société de l’administrateur une occasion qui appartenait à la société administrée est une conduite typique. Le débat porte sur le point de savoir si l’occasion relevait effectivement de l’objet social, si la société disposait des moyens de la saisir et si elle y a renoncé de manière informée.
Appartenance de l’occasion à la société
Dépenses
Dépenses personnelles imputées à la société
Déplacements, véhicules, logements, notes de frais sans lien avec l’activité. Prises isolément, ces sommes paraissent modestes ; additionnées sur plusieurs exercices et présentées comme un système, elles nourrissent le récit de l’accusation. La justification pièce par pièce et la régularisation sont ici déterminantes.
Un système, plus qu’un montant
Financements
Opérations ruineuses, cautions et remises de dette
Financements manifestement défavorables, cautions accordées sans contrepartie, remises de dette consenties à des tiers liés. La défense démontre l’intérêt de l’opération au moment où elle a été décidée, avec l’information alors disponible, et non à la lumière de son résultat final.
Contrepartie et intérêt social
Vidage
Vidage progressif avant une sortie ou un conflit
Transferts d’actifs, de clientèle ou de contrats vers une autre structure dans les mois qui précèdent la sortie d’un associé ou l’éclatement d’un conflit. La chronologie devient alors la preuve principale : c’est la séquence des opérations, plus que chacune d’elles prise isolément, qui révèle l’intention.
La chronologie fait la preuve
Personne morale
Responsabilité de la société elle-même
La personne morale peut répondre de façon autonome des faits commis dans son cadre. Un programme de conformité effectif, mis en place avant les faits et réellement appliqué, constitue une défense reconnue par la loi espagnole ; adopté après coup ou resté sur le papier, il ne produit pas le même effet.
Conformité antérieure aux faits