Ce que nous défendonsLes figures pénales du conflit entre associés
Défense et constitution de partie civile dans les infractions qui reviennent de façon récurrente lorsque la société se brise : gestion déloyale, infractions sociétaires des articles 290 à 294 et insolvabilités punissables.
Art. 252 CP
Gestion déloyale
L’administrateur qui excède ses pouvoirs et cause un préjudice au patrimoine administré : rémunérations que personne n’a approuvées, contrats conclus avec des parties liées, détournement d’opportunités d’affaires vers une structure personnelle. Le point décisif est l’excès de pouvoir, pas le résultat économique de l’opération.
Peine : celle de l’escroquerie (art. 249 et 250 CP).
Art. 253 CP
Détournement de biens confiés
Détourner ou s’approprier de l’argent, des effets ou des biens reçus en dépôt, en commission ou en administration. L’usage privé de la caisse sociale en est la forme la plus fréquente et la plus facile à documenter. La preuve se trouve dans les relevés de la société et dans la justification comptable des sorties de trésorerie.
Peine : celle de l’escroquerie (art. 249 et 250 CP).
Art. 290 CP
Falsification des comptes annuels
Administrateurs de fait ou de droit qui falsifient les comptes ou d’autres documents destinés à refléter la situation juridique ou économique de la société, avec une aptitude à causer un préjudice. Il suffit que le document soit apte à causer un préjudice, sans qu’il faille attendre sa réalisation effective.
Peine : 1 à 3 ans et amende · moitié supérieure en cas de préjudice.
Art. 291 CP
Imposition de décisions abusives
Se prévaloir de la situation majoritaire en assemblée ou au sein de l’organe d’administration pour imposer des décisions abusives au préjudice des autres associés et sans bénéfice pour la société. La décision doit être abusive et dépourvue de tout bénéfice pour la société elle-même.
Peine : 6 mois à 3 ans d’emprisonnement ou amende.
Art. 292 CP
Décision adoptée par majorité fictive
Décision préjudiciable adoptée grâce à une majorité fabriquée : abus de signature en blanc, attribution indue du droit de vote ou refus illicite de laisser voter celui qui dispose de ce droit. La majorité n’existe pas réellement : elle a été fabriquée pour donner une apparence de régularité.
Peine : 6 mois à 3 ans d’emprisonnement ou amende.
Art. 293 CP
Négation des droits de l’associé
Empêcher sans cause légale l’exercice des droits d’information, de participation à la gestion, de contrôle de l’activité ou de souscription préférentielle reconnus par la loi à l’associé. Le refus doit être dépourvu de cause légale ; un refus motivé et documenté ne relève pas de cette infraction.
Peine : amende de 6 à 12 mois.
Art. 294 CP
Obstruction à la supervision
Refuser ou empêcher l’action des personnes, organes ou entités chargés de l’inspection ou de la supervision, dans les sociétés qui y sont soumises ou qui interviennent sur des marchés sous supervision administrative. Elle vise les sociétés qui interviennent sur des marchés soumis à une supervision administrative.
Peine : 6 mois à 3 ans d’emprisonnement ou amende.
Art. 257 CP
Organisation d’insolvabilité
Vider la société ou le patrimoine personnel afin d’échapper aux responsabilités encourues envers l’associé ou envers les créanciers. C’est la conduite typique de la phase finale du conflit. Elle apparaît lorsque la procédure est déjà engagée et que les actifs commencent à sortir du périmètre social.
Peine : 1 à 4 ans d’emprisonnement et amende.
Art. 390–392 CP
Faux en écritures
Procès-verbaux d’assemblées qui ne se sont jamais tenues, certifications destinées au registre du commerce, contrats antidatés ou comptes déposés sur la base d’un support inexistant. Ces documents circulent ensuite dans la procédure et servent de support à d’autres opérations.
Peine : en document commercial, 6 mois à 3 ans et amende.