L’annulation n’est jamais automatique
En droit pénal espagnol, l’inscription d’une condamnation au casier judiciaire n’est pas une peine accessoire : c’est une conséquence administrative qui survit à l’exécution de la peine elle-même. Le francophone qui a réglé une amende, accompli un travail au bénéfice de la communauté ou obtenu un sursis découvre souvent, des années plus tard, que son certificat d’antécédents pénaux ressort toujours chargé.
L’article 136 du Code pénal espagnol reconnaît un droit à l’annulation une fois la peine intégralement éteinte et un certain délai écoulé sans nouvelle infraction. Encore faut-il l’exercer : le Registre central des condamnés, rattaché au ministère de la Justice, ne procède pas d’office avec la diligence que l’on pourrait espérer. Il faut le saisir et documenter la demande pièce par pièce.
La difficulté ne tient pas à la rédaction de la demande, qui est brève. Elle tient au calcul de la date d’extinction de la peine : liquidations de condamnation, sursis, cumuls et responsabilité civile impayée déplacent le point de départ du délai. Une erreur de calcul se traduit par un rejet et par de longs mois perdus.
Les conséquences d’une inscription encore active sont très concrètes : accès aux concours et aux emplois publics, autorisations de port d’arme, licences professionnelles, démarches de séjour et de nationalité, recrutements privés qui exigent un certificat négatif. Beaucoup de nos clients ne découvrent l’existence de la mention qu’au moment où on la leur réclame, souvent dans l’urgence d’un dossier à déposer.
Nous intervenons en français, à distance, depuis Alicante et Madrid, aussi bien pour les francophones installés sur la côte espagnole que pour ceux qui, condamnés en Espagne, résident aujourd’hui en France, en Belgique, en Suisse ou au Québec.