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Exécution des peines · Articles 80 à 87 du Code pénal espagnol · Alicante · Madrid · Toute l’Espagne

Suspension de la peine de prison en Espagne : éviter l’incarcération

Une condamnation à une peine de prison ne signifie pas nécessairement aller en prison.

Les articles 80 à 87 du Code pénal espagnol permettent de suspendre l’exécution des peines privatives de liberté n’excédant pas deux ans lorsque la personne condamnée n’a pas d’antécédents et que certaines conditions sont réunies. C’est l’institution qui préoccupe le plus celui qui affronte une première condamnation, et elle se prépare dès le premier jour de la procédure, jamais après le prononcé du jugement.

En bref. Éviter l’incarcération en Espagne : conditions des articles 80 à 87 du Code pénal, réparation, obligations et remise définitive. Défense francophone.

Pourquoi c’est différent

80-87
Les articles du Code pénal espagnol qui régissent la suspension, ses conditions, sa révocation et sa remise définitive.
2 ans
Plafond ordinaire de la peine, ou de la somme des peines, susceptible d’être suspendue pour un primo-délinquant (art. 80.2 CP).
5 ans
Plafond relevé lorsque l’infraction a été commise en raison d’une dépendance aux stupéfiants ou à l’alcool (art. 80.5 CP).

La suspension ne se demande pas après le jugement : elle se construit pendant toute la procédure

La suspension de l’exécution de la peine est, en droit pénal espagnol, la différence concrète entre une condamnation qui bouleverse une vie et une condamnation qui se gère. L’article 80.1 du Code pénal espagnol autorise le juge à suspendre l’exécution des peines privatives de liberté en considération de la dangerosité de l’intéressé et des circonstances qui l’entourent. L’article 80.2 en fixe les conditions ordinaires : qu’il s’agisse de la première infraction, que la peine ou la somme des peines n’excède pas deux ans, et que la responsabilité civile soit satisfaite ou fasse l’objet d’un engagement de paiement crédible.

Cette architecture explique pourquoi la défense se joue en amont. Si la peine encourue se situe autour du seuil, chaque mois gagné et chaque circonstance atténuante obtenue pendant la procédure décident, en réalité, de l’incarcération ou de son évitement. Une stratégie de peine orientée vers un quantum inférieur à deux ans n’est pas un raffinement théorique : c’est l’élément le plus déterminant du dossier. Depuis la LO 1/2025, le prononcé simultané est devenu la norme, ce qui rend indispensable de solliciter la suspension dans le jugement de reconnaissance de culpabilité lui-même.

La condition relative aux antécédents mérite une lecture précise. Ne sont pas pris en compte les antécédents susceptibles d’effacement, ni les infractions non intentionnelles ou de faible gravité, sauf lorsque ces dernières composent une qualification aggravée par multiréitération, réserve introduite par la LO 1/2026. C’est une vérification que nous menons désormais systématiquement sur le relevé du casier judiciaire espagnol, car une ligne mal interprétée fait basculer un dossier.

Quant à la réparation, un engagement de paiement crédible remplace le paiement intégral. Encore faut-il qu’il soit documenté et adossé à une capacité financière réelle : un échéancier chiffré, produit devant la juridiction, pèse infiniment plus qu’une déclaration d’intention. C’est sur ce point que se perdent, chaque année, des suspensions qui étaient parfaitement accessibles.

Commentaire article par article

Les neuf leviers de la suspension en droit pénal espagnol

Chaque alinéa des articles 80 à 87 ouvre une porte différente. Identifier la bonne dès le départ évite de plaider une voie fermée alors qu’une autre était disponible.

Art. 80.1 CP

Le pronostic de non-réitération

La juridiction apprécie la dangerosité de la personne condamnée et les circonstances qui l’entourent. Ce pronostic n’est pas une intuition : il se documente. Attaches familiales et professionnelles vérifiables, emploi stable, suivi thérapeutique engagé forment le socle sur lequel une décision favorable peut s’appuyer.

Portée : appréciation judiciaire du pronostic
Art. 80.2 CP

Peine n’excédant pas deux ans

La condition porte sur la peine prononcée ou sur la somme des peines, qui ne doit pas dépasser deux ans. C’est la raison pour laquelle la défense se bat sur chaque mois et sur chaque circonstance atténuante tout au long de la procédure, et non une fois le jugement rendu.

Portée : plafond ordinaire de deux ans
Art. 80.2 CP

Absence d’antécédents pertinents

La condition vise la première infraction. Ne comptent ni les antécédents susceptibles d’effacement, ni les infractions non intentionnelles ou de faible gravité, sauf lorsque ces dernières composent une qualification aggravée par multiréitération, réserve introduite par la LO 1/2026. Une lecture attentive du casier judiciaire est donc indispensable.

Portée : condition de primo-délinquance
Art. 80.2 CP

Réparation du préjudice

La responsabilité civile doit être satisfaite, ou faire l’objet d’un engagement de paiement crédible. Un échéancier documenté, adossé à une capacité financière réelle et produit devant la juridiction, remplace le paiement intégral. Les intentions non chiffrées, en revanche, ne convainquent personne.

Portée : condition de réparation
Art. 80.3 CP

Suspension exceptionnelle

Même sans être primo-délinquant, une personne qui n’est pas délinquante d’habitude peut obtenir la suspension d’une peine n’excédant pas deux ans si les circonstances le conseillent, sous condition de réparation et, le plus souvent, d’une amende ou de travaux d’intérêt général. C’est la voie de secours la plus souvent négligée.

Portée : voie de rattrapage avec antécédents
Art. 80.4 CP

Maladie très grave

En cas de maladie très grave assortie de souffrances incurables, toute peine peut être suspendue, sans limite de durée, sauf si l’intéressé bénéficiait déjà d’une suspension accordée pour le même motif. La preuve repose sur une expertise médicale actuelle, traitée en urgence.

Portée : toute peine, sans plafond de durée
Art. 80.5 CP

Dépendance aux stupéfiants ou à l’alcool

Lorsque l’infraction a été commise en raison d’une dépendance, le plafond passe à cinq ans, sous condition d’un traitement de sevrage justifié et non abandonné. Le traitement doit être engagé ou promis auprès d’un centre identifié et vérifiable, avec calendrier et suivi.

Portée : plafond relevé à cinq ans
Arts. 83 et 84 CP

Obligations et prestations

Le juge peut assortir la suspension d’interdictions, notamment d’approche ou de résidence, de devoirs tels que la participation à des programmes de formation, et de prestations comme une amende ou des travaux d’intérêt général. En matière de violences conjugales, certaines conditions sont obligatoires.

Portée : contenu obligatoire de la mesure
Arts. 86 et 87 CP

Révocation ou remise définitive

La suspension est révoquée si l’intéressé commet une infraction pendant le délai et que celle-ci révèle le caractère infondé du pronostic, ou en cas de manquement grave et répété aux conditions. À l’inverse, le délai écoulé sans nouvelle infraction et conditions respectées, la peine est définitivement remise.

Portée : issue de la période de suspension

Tableau de synthèse

Fondement, portée et point décisif

Une lecture rapide des différentes voies ouvertes par le Code pénal espagnol, avec, pour chacune, l’élément qui emporte la décision en pratique.

VoieBase légalePortéePoint décisif
Appréciation du pronostic Art. 80.1 CPDangerosité et circonstances de la personne condamnéeFondement général de la suspensionAttaches, emploi et suivi documentés
Suspension ordinaire Art. 80.2 CPPeine ou somme des peines ≤ 2 ansPremière infraction et réparationLecture exacte du casier judiciaire
Suspension exceptionnelle Art. 80.3 CPPersonne non délinquante d’habitudePeines ≤ 2 ans malgré des antécédentsRéparation et prestation offertes d’emblée
Maladie très grave Art. 80.4 CPSouffrances incurables établiesToute peine, sans limite de duréeExpertise médicale actuelle et urgente
Dépendance Art. 80.5 CPInfraction commise en raison de la dépendancePlafond porté à 5 ansTraitement engagé, centre identifié
Interdictions et devoirs Art. 83 CPApproche, résidence, programmes de formationConditions de la suspensionMesures compatibles avec la vie réelle
Prestations Art. 84 CPAmende ou travaux d’intérêt généralContrepartie de la suspensionMontant proposé selon la capacité réelle
Fin de la période Arts. 86 et 87 CPNouvelle infraction ou manquement graveRévocation, ou remise définitive de la peineAudition préalable obligatoire de l’intéressé

Synthèse informative établie à partir du Code pénal espagnol en vigueur. Elle ne remplace pas l’examen individuel du dossier : le quantum exact de la peine, le contenu du casier judiciaire et l’état de la réparation commandent le résultat.

Méthode LIWARD

Ce qui fait perdre une suspension, et la méthode qui la sécurise

La première erreur est chronologique. Beaucoup de personnes condamnées découvrent l’existence de la suspension après le jugement, alors que la peine a déjà été fixée au-dessus du seuil. Or c’est pendant la procédure que tout se décide : chaque circonstance atténuante retenue, chaque qualification écartée, chaque mois de peine négocié détermine si l’article 80.2 pourra jouer. Une défense qui n’a pas construit sa stratégie de peine dès le premier jour arrive devant le juge de l’exécution avec un dossier déjà perdu.

La deuxième erreur est de traiter la réparation comme une formalité. Un engagement de paiement crédible remplace le paiement intégral, mais il doit être documenté : revenus, charges, échéancier chiffré, garanties éventuelles. Une simple déclaration d’intention ne suffit pas et se retourne contre son auteur, car elle donne au tribunal la mesure du sérieux de la démarche. Nous produisons systématiquement un plan complet plutôt qu’une promesse.

La troisième erreur est de considérer la suspension exceptionnelle de l’article 80.3 comme inaccessible dès lors qu’il existe un antécédent. C’est faux, et c’est la grande oubliée de la pratique : pour une personne qui n’est pas délinquante d’habitude, la suspension reste possible, conditionnée à la réparation et à une prestation. Présentée avec un dossier complet, incluant une offre volontaire de travaux d’intérêt général, elle est accordée lorsque l’alternative serait une courte peine de prison socialement absurde.

La quatrième, enfin, concerne l’après. La révocation n’est jamais automatique : l’article 86 exige que la nouvelle infraction révèle le caractère infondé du pronostic, et l’audition préalable de l’intéressé est obligatoire. De la même manière, la remise définitive prévue à l’article 87 gagne à être expressément sollicitée, car elle déclenche l’effacement de l’antécédent au registre.

i.

Stratégie de peine dès le premier jour

Travail sur la qualification, les circonstances atténuantes et, le cas échéant, la reconnaissance de culpabilité, avec un objectif chiffré : rester sous le seuil de deux ans. La suspension se gagne pendant la procédure, pas devant le juge de l’exécution.

ii.

Dossier de réparation documenté

Construction d’un plan de paiement chiffré, adossé aux revenus et charges réels, déposé devant la juridiction. L’engagement crédible remplace le paiement intégral, à condition d’être démontré pièce par pièce.

iii.

Demande formulée au bon moment

Sollicitation de la suspension dans le jugement lui-même lorsque c’est possible, ou immédiatement après qu’il est devenu définitif, avec l’intégralité des justificatifs. L’objectif est d’éviter tout vide entre le caractère définitif et la décision.

iv.

Preuve du pronostic favorable

Réunion des éléments qui fondent la décision : attaches familiales, contrat de travail, domicile stable, traitement engagé auprès d’un centre identifié lorsque la dépendance est en cause. Un pronostic se démontre, il ne se plaide pas.

Déroulé de l’intervention

Du premier entretien à la remise définitive

Quatre phases, dont la première commence bien avant le jugement.

Phase 01

Analyse du seuil et du casier

Évaluation de la peine encourue au regard du plafond de deux ans, examen du relevé de casier judiciaire espagnol et identification des antécédents réellement computables, y compris la réserve introduite par la LO 1/2026 pour les infractions de faible gravité multiréitérées.

Phase 02

Construction du dossier de réparation

Chiffrage de la responsabilité civile, élaboration d’un échéancier soutenable et réunion des pièces justificatives. En parallèle, constitution du dossier de pronostic : attaches, emploi, logement et, s’il y a lieu, engagement d’un traitement de sevrage.

Phase 03

Demande et audience

Sollicitation de la suspension dans le jugement lui-même ou immédiatement après, avec proposition motivée des conditions de l’article 83 et, le cas échéant, offre de prestation au titre de l’article 84 chiffrée sur la capacité réelle de l’intéressé.

Phase 04

Suivi, incidents et remise définitive

Accompagnement pendant toute la période : justification du respect des conditions, défense en cas d’incident ou de demande de révocation, puis demande expresse de remise définitive au titre de l’article 87, qui ouvre l’effacement de l’antécédent.

À qui s’adresse cette page

Quatre profils que nous accompagnons

La suspension concerne des situations très différentes, qui n’appellent pas les mêmes arguments.

P

Première condamnation

Vous affrontez votre première condamnation en Espagne et la peine se situe autour du seuil de deux ans. L’enjeu est de rester en dessous et de présenter une réparation chiffrée avant que le jugement ne soit rendu.

A

Personnes avec antécédents

Un antécédent figure à votre casier judiciaire espagnol. La voie de l’article 80.3 reste ouverte si vous n’êtes pas délinquant d’habitude, à condition de présenter d’emblée un plan de réparation et une offre de prestation.

S

Situations de dépendance

L’infraction est liée à une dépendance aux stupéfiants ou à l’alcool. Le plafond passe à cinq ans, mais tout repose sur un traitement de sevrage réellement engagé auprès d’un centre identifié et suivi dans la durée.

M

Personnes gravement malades

Une maladie très grave assortie de souffrances incurables permet la suspension de toute peine, sans limite de durée. La procédure se mène en urgence, sur la base d’une expertise médicale actuelle.

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Nous répondons à vos questions

Questions fréquentes

Les questions que nous entendons le plus souvent après un jugement de condamnation.

J’ai été condamné à deux ans : vais-je entrer en prison ?
Pas nécessairement. S’il s’agit de votre première infraction et si la responsabilité civile est payée ou fait l’objet d’un engagement crédible, une peine de deux ans exactement reste susceptible d’être suspendue au titre de l’article 80.2 du Code pénal espagnol. C’est précisément pour cette raison que la défense se bat sur chaque mois de peine et sur chaque circonstance atténuante pendant toute la procédure, et non une fois le jugement rendu.
Combien de temps faut-il pour que la suspension soit décidée, et que se passe-t-il en attendant ?
La suspension peut être prononcée dans le jugement lui-même ou par une décision ultérieure, une fois celui-ci devenu définitif. Pendant l’examen de la demande, l’exécution reste normalement en attente. Notre pratique consiste à déposer la demande immédiatement, accompagnée de l’ensemble des justificatifs, afin d’éviter tout risque d’incarcération entre le moment où le jugement devient définitif et celui où la décision intervient.
Que se passe-t-il si je commets une autre infraction pendant la suspension ?
La révocation n’est pas automatique. L’article 86 du Code pénal espagnol exige que la nouvelle infraction révèle le caractère infondé du pronostic initial. Une infraction de faible gravité, non intentionnelle ou d’une nature différente ne l’entraîne pas systématiquement. En outre, l’audition préalable de la personne condamnée est obligatoire : les révocations prononcées sans audience sont annulées en appel. Cela se défend, et cela doit se défendre.
J’ai déjà un antécédent : la suspension est-elle définitivement fermée ?
Non. L’article 80.3 du Code pénal espagnol permet de suspendre une peine n’excédant pas deux ans même en l’absence de primo-délinquance, dès lors que la personne n’est pas délinquante d’habitude et que les circonstances le conseillent. La suspension est alors conditionnée à la réparation et, le plus souvent, à une amende ou à des travaux d’intérêt général. Présentée avec un plan complet, cette voie aboutit régulièrement.
L’infraction est liée à une addiction : cela change-t-il quelque chose ?
Oui, de façon décisive. Lorsque l’infraction a été commise en raison d’une dépendance aux stupéfiants ou à l’alcool, l’article 80.5 relève le plafond à cinq ans, sous condition d’un traitement de sevrage justifié et non abandonné. Le traitement doit être engagé ou promis auprès d’un centre identifié, avec calendrier et suivi vérifiables. Une rechute ponctuelle ne constitue pas un abandon, à condition de pouvoir démontrer la continuité globale de la prise en charge.
Que se passe-t-il à la fin de la période de suspension ?
Si le délai s’écoule sans nouvelle infraction et que les conditions ont été respectées, l’article 87 du Code pénal espagnol prévoit la remise définitive de la peine : elle ne sera jamais exécutée et le délai d’effacement de l’antécédent commence à courir. Nous recommandons de solliciter cette remise expressément, avec un certificat d’exécution des conditions : les juridictions la retardent souvent par inertie, alors qu’un écrit bref évite des années d’antécédent actif au registre.
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Une suspension se construit avec un quantum de peine maîtrisé, une réparation chiffrée et un pronostic documenté. Plus la demande arrive tôt, plus elle est solide. Notre équipe intervient en français à Alicante, à Madrid et partout en Espagne.


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