info@societejuridique.com
Madrid: Paseo de la Castellana 216 8 ª Planta
Alicante: Av. Ansaldo Nº31, local 16
Urgences 24h : 669 30 21 13

Réseaux sociaux :

Sin categoríaLe mandat d’arrêt européen (MAE) : ce que c’est et comment il fonctionne

Extradition et coopération internationale
Le mandat d’arrêt européen (MAE) : ce que c’est et comment il fonctionne

L’instrument qui a remplacé l’extradition classique entre les pays de l’UE, avec des délais rapides et une décision strictement judiciaire.

Lorsqu’une personne recherchée par la justice d’un pays de l’Union européenne se trouve dans un autre État membre, on ne recourt plus à la lente extradition classique : entre en jeu le mandat d’arrêt européen, connu sous le sigle MAE. C’est l’un des instruments les plus puissants de coopération judiciaire pénale en Europe et, pour celui qui le subit, une décision aux conséquences immédiates sur sa liberté. Nous expliquons ce que c’est, sur quoi il repose et comment il se traite en Espagne.

Ce qu’est le mandat d’arrêt européen et sur quoi il repose

Le mandat d’arrêt européen est une décision judiciaire émise par un État membre pour qu’un autre arrête et remette une personne, soit pour l’exercice de poursuites pénales, soit pour l’exécution d’une peine ou d’une mesure de sûreté privatives de liberté. Il est né avec la décision-cadre 2002/584/JAI du Conseil, du 13 juin 2002, et a remplacé entre les pays de l’Union le système traditionnel d’extradition. En Espagne, il s’applique à travers la loi 23/2014, du 20 novembre, sur la reconnaissance mutuelle des décisions pénales dans l’Union européenne. Sa pierre angulaire est le principe de reconnaissance mutuelle : les États font confiance à leurs systèmes judiciaires respectifs et exécutent les décisions des autres de façon pratiquement automatique.

La clé : la reconnaissance mutuelle et la fin du contrôle de la double incrimination

Dans l’extradition classique, l’État requis vérifie que les faits constituent aussi une infraction sur son territoire, la double incrimination, et la décision finale comporte une forte composante gouvernementale. Le mandat d’arrêt européen change le paradigme. Pour une liste de trente-deux catégories d’infractions particulièrement graves, dont le terrorisme, la traite des êtres humains, le trafic de stupéfiants, la corruption, le blanchiment de capitaux et la criminalité informatique, et dès lors que la peine maximale est d’au moins trois ans, le contrôle de la double incrimination est supprimé. De plus, la décision est exclusivement judiciaire : elle est prise par des juges, non par des gouvernements, ce qui apporte sécurité juridique et célérité.

En synthèse : le MAE n’opère qu’entre États de l’UE, il est décidé par des autorités judiciaires, il supprime la double incrimination pour 32 infractions graves et il se résout dans des délais très brefs : dix jours si la personne consent et soixante si elle ne consent pas.

Qui le traite en Espagne ?

L’Espagne agit à la fois comme État d’émission et comme État d’exécution. Lorsqu’elle reçoit un mandat d’arrêt européen, la compétence pour l’exécuter revient aux juges centraux d’instruction et à la chambre pénale de l’Audience nationale. Une fois la personne réclamée arrêtée, elle est présentée au juge et informée de l’existence du mandat, de son contenu et de la possibilité de consentir à sa remise. Elle a le droit d’être assistée d’un avocat et, si nécessaire, d’un interprète, garanties essentielles pour pouvoir décider en connaissance de cause.

Délais et consentement

L’un des grands progrès du mandat d’arrêt européen est sa rapidité. Si la personne consent à sa remise, la décision doit être adoptée dans les dix jours suivants. Si elle ne consent pas, la décision doit être rendue dans un délai de soixante jours à compter de l’arrestation, prorogeable exceptionnellement de trente jours supplémentaires. Le consentement, une fois donné, est en principe irrévocable ; il convient donc de toujours l’évaluer avec un conseil juridique préalable : renoncer à s’opposer accélère la remise, mais ferme la porte à la discussion des motifs de refus.

Motifs de refus de la remise

La remise n’est pas automatique dans tous les cas. La loi 23/2014 distingue des motifs de refus obligatoires, comme l’amnistie en Espagne, l’autorité de la chose jugée, c’est-à-dire que la personne a déjà été jugée pour les mêmes faits, ou le fait d’être en dessous de l’âge de la responsabilité pénale, et des motifs facultatifs, que le tribunal peut retenir ou non, comme la litispendance ou la prescription selon la loi espagnole. Il existe en outre des garanties spécifiques : en cas de condamnation par défaut, pour les peines ou mesures de durée indéterminée, ou lorsque la personne réclamée est ressortissante ou résidente espagnole et demande à purger en Espagne l’éventuelle condamnation.

Les limites fixées par la CJUE

La Cour de justice de l’Union européenne a nuancé l’automatisme du système. Dans les affaires Aranyosi et Căldăraru, elle a admis que l’autorité d’exécution peut différer ou conditionner la remise s’il existe un risque réel de traitement inhumain ou dégradant en raison des conditions de détention dans le pays d’émission. Et dans la célèbre série d’arrêts sur l’indépendance judiciaire, elle a exigé de vérifier, face à des défaillances systémiques de l’État de droit, si la personne aurait la garantie d’un procès équitable. Ces exceptions sont d’interprétation stricte, mais elles démontrent que la confiance mutuelle entre États n’est ni aveugle ni illimitée.

MAE, extradition et notice rouge ne sont pas la même chose

Il convient de ne pas confondre des figures souvent mélangées. Le mandat d’arrêt européen n’opère qu’entre États membres de l’Union européenne. Avec les pays tiers, c’est l’extradition qui continue de s’appliquer, régie par les traités internationaux et par la loi d’extradition passive, avec intervention du Gouvernement dans la phase finale. Et la diffusion rouge d’INTERPOL n’est pas un mandat d’arrêt : c’est une alerte internationale pour localiser une personne et solliciter son arrestation provisoire, mais elle n’oblige aucun pays à arrêter, chaque État décidant selon son propre droit. Comprendre ces différences est essentiel pour défendre correctement toute personne concernée par l’une d’elles.

Pour aller plus loin : avocat mandat d’arrêt européen, défense devant l’Audience nationale et diffusion rouge INTERPOL.

Société Juridique, Vous-même ou un proche êtes concerné par un mandat d’arrêt européen en Espagne ? Les délais se comptent en jours : faites-vous conseiller avant de décider de consentir. Réserver une consultation confidentielle

Francisco Javier Martín Porras
undefined
JM

Francisco Javier Martín Porras

Abogado penalista, socio de Société de Conseil Juridique et Expert y creador de la metodología LIWARD®. Dirige la defensa en procedimientos penales de alta complejidad, combinando estrategia procesal con análisis pericial y forense. Conozca al equipo →

Logotipos-abogacia-scje
Paseo De La Castellana 216 8º 28046 Madrid
Alicante – Playa de San Juan Av. Ansaldo 31, local 16, 03540 Alicante
Londres: 20 Wenlock Road, N1 7GU, Reino Unido
París: 72 Faubourg St Honoré, 75008, Francia
info@societejuridique.com

Société de Conseil Juridique et Expert es un despacho de abogados con sedes en Madrid, Alicante, Londres y París, especializado en defensa y acusación penal, delitos económicos y corporativos y derecho tecnológico. Trabajamos con orientación estratégica en procedimientos penales complejos, propiedad intelectual y análisis forense avanzado, y prestamos consultoría jurídica, compliance y escudos de protección a particulares y empresas. Atendemos desde Alicante y Madrid, con consulta online en toda España y asistencia al detenido 24 horas. Resuelva sus dudas en las preguntas frecuentes o solicite una primera consulta.

Copyright © 2026 Société de Conseil Juridique et Expert S.L.

EspanolEnglishFrancaisРусскийItalianoDeutsch
WhatsApp · Urgencias 24h