Art. 489 LECrim
Principe de légalité
Aucun citoyen ne peut être détenu en dehors des cas et des formes que les lois prescrivent. La formule paraît abstraite ; elle est en réalité la première ligne de défense, car toute privation de liberté qui ne se rattache pas à une hypothèse légale précise est irrégulière par construction, quelle que soit la gravité apparente des faits reprochés.
Portée : garantie générale · Sanction : irrégularité de la mesure
Art. 490 LECrim
Arrestation par un particulier
Un simple particulier ne peut appréhender une personne qu’en situation de flagrance ou de fuite, avec obligation absolue de remise immédiate à l’autorité. Le cas se rencontre avec les agents de sécurité privée et les responsables de commerce. Les rétentions prolongées jusqu’à l’arrivée de la police, hors flagrance nette, engagent la responsabilité de celui qui retient.
Condition : flagrance ou fuite · Obligation : remise immédiate
Art. 492 LECrim
Arrestation policière
La police doit interpeller la personne poursuivie, celle qui s’est évadée et celle contre laquelle existent des motifs rationnellement suffisants de participation à un fait puni d’une peine de prison supérieure à trois ans, ou inférieure lorsqu’un risque de fuite est caractérisé. Hors de ces hypothèses, la convocation s’impose, pas l’arrestation.
Seuil : peine supérieure à 3 ans · Alternative : convocation
Art. 496 LECrim
Remise au juge sous 24 heures
La personne interpellée doit être libérée ou remise au juge le plus proche dans les vingt-quatre heures qui suivent. Ce délai n’est pas un crédit à consommer : il fixe le moment au-delà duquel l’inaction devient fautive, alors que le critère décisif reste le temps strictement indispensable aux vérifications engagées.
Délai : 24 heures · Critère : temps indispensable
Constitution espagnole
Plafond de 72 heures
La limite constitutionnelle absolue de la détention policière est de soixante-douze heures. Elle ne se combine pas avec le délai de vingt-quatre heures pour l’allonger : elle le plafonne. Épuiser ces trois jours alors qu’aucun acte d’enquête n’est en cours transforme une mesure régulière à l’origine en détention illégale à compter de l’heure où elle a cessé d’être nécessaire.
Plafond : 72 heures · Au-delà : détention illégale
Art. 520 LECrim
Catalogue des droits
Information immédiate, écrite et compréhensible des faits et des droits ; droit au silence et de ne pas s’auto-incriminer ; assistance d’un avocat choisi ou commis d’office sans délai, avec un maximum de trois heures ; information d’un proche sur le fait et le lieu de garde ; appel téléphonique surveillé ; médecin ; interprète ; et information sur l’habeas corpus lui-même.
Avocat : 3 heures maximum · Notification : écrite et immédiate
Art. 520.6 d) LECrim
Entretien confidentiel préalable
L’entretien réservé avec l’avocat est acquis avant même la déclaration policière, et non après. Depuis la réforme de 2015, l’accès aux éléments essentiels de l’atestado, ceux qui justifient la mesure, conditionne la possibilité même de la contester utilement. Un refus total d’accès nourrit l’habeas corpus et la demande de nullité.
Moment : avant la déclaration · Refus : nullité invocable
Art. 520 bis LECrim
Régime du terrorisme
En matière de terrorisme, la présentation au juge peut être prorogée de quarante-huit heures supplémentaires, soit cinq jours au total, sur autorisation judiciaire expresse sollicitée dans les quarante-huit premières heures. La mise au secret reste possible, à titre exceptionnel, sous contrôle judiciaire strict et jamais à l’égard d’un mineur.
Prorogation : 48 h · Total : 5 jours maximum
Loi organique 6/1984
Habeas corpus
La personne détenue, sa famille, son avocat et le ministère public peuvent saisir le juge de permanence contre une privation de liberté illégale ou qui excède les délais et les formes. Le juge statue dans un maximum de vingt-quatre heures après avoir entendu l’intéressé : c’est le mécanisme de choc du système espagnol.
Décision : 24 heures · Effet : libération immédiate possible