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Articles 32 à 60 · Catalogue des peines · Alicante · Madrid

Les peines dans le Code pénal espagnol classes, durées et peines accessoires

« Vous risquez deux ans » ne veut rien dire tant qu’on ignore de quelle peine il s’agit.

Emprisonnement, amende par jours-amende, travaux au bénéfice de la collectivité, déchéances professionnelles, interdictions d’approche : les articles 32 à 60 classent les peines, fixent leur durée et règlent les peines accessoires. Voici le catalogue complet et son effet réel.

En bref. Les peines du Code pénal espagnol : prison, jours-amende, travaux, déchéances et interdictions. Durées, montants et peines accessoires expliqués.

Ce qui se joue vraiment

20 ans
Maximum ordinaire d’emprisonnement
2 – 400 €
Fourchette du quota journalier
25 ans
Seuil de révision de la peine perpétuelle

La peine exacte compte autant que le verdict, et elle se discute article par article

Une même déclaration de culpabilité peut se traduire par une privation de liberté, une amende dont le montant journalier varie du simple au décuple, des journées de travail non rémunéré ou une déchéance qui met fin à une carrière. Les peines privatives de liberté comprennent l’emprisonnement, qui va de trois mois à vingt ans, la prisión permanente revisable, peine perpétuelle assortie d’un réexamen obligatoire, et la localización permanente, obligation de demeurer en un lieu déterminé. L’amende, elle, s’impose par quotas journaliers fixés selon la capacité économique réelle du condamné, de deux à quatre cents euros par jour. Le défaut de paiement déclenche la responsabilidad personal subsidiaria, responsabilité personnelle de substitution : un jour de privation de liberté pour deux quotas impayés. Enfin, les peines accessoires — déchéances et interdictions de l’article 57 — accompagnent presque toute condamnation, au point que pour un professionnel ou un fonctionnaire, la déchéance pèse souvent plus lourd que la prison. C’est pourquoi la discussion sur la peine mérite la même intensité que celle sur la culpabilité : elle se mène en amont, dans le jugement lui-même, et non plus tard devant l’administration pénitentiaire.

Catalogue

Chaque peine et ce qu’elle implique

Les neuf mécanismes des articles 32 à 60, avec leur durée légale et leur incidence concrète sur la vie du condamné.

Art. 33 CP

Classification des peines

Les peines se classent en graves, moins graves et légères selon leur durée. La frontière n’a rien d’académique : elle commande la juridiction compétente, le délai de prescription et l’inscription au casier judiciaire. Vérifier de quel côté tombe la peine encourue est l’un des tout premiers réflexes d’un dossier.

Effet : compétence, prescription et casier
Arts. 35-36 CP

Emprisonnement

La peine d’emprisonnement va de trois mois à vingt ans, avec des maximums portés à vingt-cinq, trente ou quarante ans dans les cas de cumul prévus par l’article 76. En dessous de trois mois, elle est toujours remplacée par une autre peine, en application de l’article 71.2.

Durée : 3 mois à 20 ans, maximums 25 à 40 ans
Art. 36.2 CP

Période de sûreté

Pour les peines supérieures à cinq ans, l’accès au régime le plus ouvert peut être différé. Une exception judiciaire motivée reste possible, sauf pour certaines infractions limitativement énumérées. Elle se demande au moment du jugement : le moment procédural où la question est posée détermine largement la réponse.

Seuil : peines supérieures à 5 ans
Art. 37 CP

Localisation permanente

Obligation de demeurer au domicile ou en un lieu fixé par le juge, pour six mois au maximum, de manière continue ou par fins de semaine. Exécutée les samedis et jours fériés, elle reste compatible avec un emploi, ce qui en fait la peine caractéristique des infractions les plus légères.

Durée : jusqu’à 6 mois
Arts. 50-52 CP

Amende et jours-amende

L’amende se prononce en quotas journaliers de deux à quatre cents euros, pour une durée pouvant atteindre deux ans, le montant du quota étant fixé d’après la situation économique réelle du condamné. Un paiement échelonné est possible. Discuter le quota journalier, c’est discuter la peine elle-même.

Montant : 2 à 400 € par jour, jusqu’à 2 ans
Art. 53 CP

Défaut de paiement

L’amende impayée se convertit en responsabilité personnelle de substitution, à raison d’un jour de privation de liberté pour deux quotas impayés, exécutable en travaux ou en localisation. Cette conversion ne s’applique pas aux amendes prononcées avec une peine de prison supérieure à cinq ans.

Conversion : 1 jour pour 2 quotas impayés
Art. 49 CP

Travaux au bénéfice de la collectivité

Journées de coopération non rémunérée d’utilité publique, sous le contrôle du juge de l’application des peines. Elles ne peuvent être imposées sans le consentement du condamné. Une fois acceptées, elles obligent : deux absences injustifiées ouvrent une poursuite pour inexécution au titre de l’article 468.

Condition : consentement préalable obligatoire
Arts. 39-48 CP

Privations de droits

Déchéance absolue ou déchéances spéciales visant une charge publique, une profession, l’éligibilité ou l’autorité parentale, suspension d’emploi, retrait du permis de conduire ou du droit de détenir une arme, et interdictions d’approche, de communication ou de résidence prévues à l’article 48.

Portée : droits civiques, professionnels et familiaux
Arts. 58-59 CP

Imputation de la détention

Le temps passé en détention provisoire s’impute intégralement sur la peine prononcée, et les mesures conservatoires déjà subies se compensent avec les peines de même nature. Une liquidation de peine correctement vérifiée fait souvent apparaître plusieurs mois qui n’avaient pas été décomptés.

Effet : déduction intégrale du temps déjà subi

Échelle légale

Durées et montants par type de peine

Le catalogue des articles 32 à 60 : nature de la peine, siège légal, durée ou montant, et point à surveiller.

PeineArticlesDurée ou montantPoint à surveiller
EmprisonnementPrivative de liberté33, 35 – 363 mois à 20 ansMaximums de 25, 30 ou 40 ans (art. 76)
Peine perpétuelle révisable33 – 36Réexamen à partir de 25 ansRéservée aux faits les plus graves
Localisation permanente37Jusqu’à 6 moisEn continu ou par fins de semaine
Amende par jours-amende50 – 522 à 400 € par jour, jusqu’à 2 ansQuota fixé sur la capacité réelle
Responsabilité de substitution531 jour pour 2 quotas impayésÉcartée si prison de plus de 5 ans
Travaux pour la collectivité49Journées non rémunéréesConsentement du condamné exigé
Déchéances et privations39 – 48, 56Selon la peine principaleLien exigé avec l’infraction
Interdictions d’approche48, 57Jusqu’à 10 ans au-delà de la peineCourent à compter du jugement

Ce tableau reprend les durées et montants prévus par les articles 32 à 60 tels que les recense notre guide de référence, à jour des lois organiques 1/2025 et 1/2026. La peine réellement encourue dépend de l’infraction retenue et des règles générales de détermination, qui peuvent l’augmenter comme la réduire. Le quota journalier retenu par défaut en pratique, souvent six euros, se conteste avec des justificatifs de revenus. Ce tableau ne constitue pas une consultation juridique.

Notre différence

Là où le quantum de la peine rencontre la vie réelle du condamné

Une peine ne se mesure pas seulement en mois : elle se mesure en emploi conservé ou perdu, en permis retiré, en distance imposée. Obtenir une localisation exécutée les fins de semaine, un quota journalier de deux euros ou une interdiction proportionnée relève d’un travail de documentation et de dimensionnement : justificatifs de revenus, contraintes professionnelles, durées et distances discutées au jugement plutôt que subies ensuite. C’est la méthode que nous appelons LIWARDLegal Intelligence Warfare for Defense—, notre méthodologie propre qui intègre intelligence juridique, analytique jurisprudentielle, analyse financière et comptable et e-forensic dans une seule stratégie procédurale. C’est ce qui nous distingue de la défense pénale conventionnelle.

i.

Intelligence juridique

Cartographie de la procédure, analyse jurisprudentielle et détection précoce des vulnérabilités probatoires.

ii.

Analyse financière et comptable

Reconstruction des flux économiques et expertise de la documentation qui soutient — ou démonte — l’accusation.

iii.

Preuve numérique · e-forensic

Chaîne de conservation, validité de la preuve électronique et traçabilité des crypto-actifs avec une rigueur d’expertise.

iv.

Stratégie procédurale

Décision précise à chaque phase, du premier interrogatoire à la cassation, fondée sur l’analyse du risque.

Déroulement

Comment se fixe une peine

Étape 01

Fourchette de départ

L’infraction retenue détermine la nature de la peine et sa fourchette. C’est le point de départ, jamais le résultat : à ce stade, l’écart entre le minimum et le maximum est généralement considérable et tout le travail consiste à faire descendre le curseur.

Étape 02

Détermination du quantum

Les règles générales placent ensuite la peine dans sa fourchette : degré d’exécution, forme de participation, circonstances atténuantes et aggravantes, concours éventuel. Pour l’amende, s’y ajoute la fixation du quota journalier, qui se documente par des pièces et non par des déclarations.

Étape 03

Peines accessoires

Le jugement fixe aussi les déchéances et les interdictions qui accompagnent la peine principale. Leur durée et, pour les interdictions d’approche, les distances imposées se discutent à ce moment-là. Demander des durées et des mesures proportionnées, c’est plaider la vie d’après.

Étape 04

Exécution et imputation

Vient enfin la liquidation : imputation intégrale de la détention provisoire, compensation des mesures conservatoires déjà subies, modalités d’exécution des travaux ou de la localisation. Une liquidation vérifiée avec soin fait souvent apparaître du temps déjà purgé qui n’avait pas été décompté.

Situations

Qui est concerné en premier

A

Condamnés à une amende

Personnes pour qui le montant du quota journalier fait toute la différence. Entre le quota retenu par défaut et le minimum légal de deux euros, l’écart se chiffre en milliers d’euros, et il se conteste avec des justificatifs de revenus, de charges et de dettes.

P

Professionnels et agents publics

Médecins, chauffeurs, dirigeants, fonctionnaires : pour eux, la déchéance professionnelle produit souvent des effets plus durables que la privation de liberté. Les déchéances spéciales supposent un lien avec l’infraction, condition qui se vérifie et se conteste.

I

Personnes sous interdiction

Condamnés soumis à une interdiction d’approche, de communication ou de résidence. Ces mesures courent à compter du jugement, ne s’épuisent pas pendant l’exécution de la peine et restent en vigueur à la libération : leur durée et leur périmètre se discutent au jugement.

D

Personnes déjà détenues

Personnes ayant subi une détention provisoire ou des mesures conservatoires. L’imputation n’est pas toujours opérée d’office : elle suppose que toutes les privations subies soient recensées et présentées, y compris les périodes les plus courtes.

Vos questions

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je ne peux pas payer l’amende ?
Le quota journalier doit d’abord être fixé selon votre capacité réelle, le minimum légal étant de deux euros par jour, et un échelonnement sur deux ans reste possible. Cela se plaide au jugement, puis à nouveau au stade de l’exécution. Si l’amende demeure impayée, un jour de privation de liberté est dû pour deux quotas impayés, exécutable en travaux pour la collectivité ou en localisation. Personne ne devrait être incarcéré pour une amende mal calibrée : c’est un point qui se conteste, et la conversion est d’ailleurs écartée lorsque l’amende accompagne une peine de prison supérieure à cinq ans.
Les travaux pour la collectivité sont-ils obligatoires ?
Non : ils ne peuvent pas être imposés sans votre consentement, en vertu de l’article 49. Une autre peine, amende ou emprisonnement selon l’infraction, existe toujours en alternative. Une fois acceptés, en revanche, ils vous engagent : deux absences injustifiées ouvrent une poursuite pour inexécution. Avant de consentir, il faut donc connaître le nombre de journées, les horaires et la compatibilité avec votre emploi — trois points qui se négocient davantage qu’on ne le croit.
J’ai été condamné à une interdiction d’approche : quand se termine-t-elle ?
Elle dure ce que le jugement a fixé. Pour les infractions les plus graves, elle peut excéder de dix ans la durée de la peine de prison prononcée. Point essentiel et souvent ignoré : elle court à compter du jugement et ne s’épuise pas pendant la détention. À la libération, elle reste donc en vigueur. Sa violation constitue une infraction, y compris lorsque la personne protégée y a consenti. Une modification peut être demandée si les circonstances changent de manière substantielle.
Comment le quota journalier est-il fixé ?
D’après la situation économique réelle de la personne condamnée : revenus, charges de famille, dettes. La fourchette légale va de deux à quatre cents euros par jour, et l’écart pratique le plus courant se situe entre six et soixante euros. Le montant retenu par défaut se combat avec des pièces, non avec des affirmations : avis d’imposition, justificatifs de chômage, charges de logement. C’est l’un des rares endroits du procès pénal où une preuve documentaire produit un effet arithmétique immédiat sur la peine.
La détention provisoire est-elle déduite de la peine ?
Oui, intégralement. Les mesures conservatoires déjà subies, comme un retrait de permis ou une interdiction d’approche prononcée avant jugement, se compensent également avec les peines de même nature. Encore faut-il que toutes les privations subies soient recensées et expressément invoquées, y compris les gardes à vue, décomptées par journée entière. L’imputation d’une détention subie dans une autre affaire suppose qu’elle n’ait pas déjà été prise en compte ailleurs.
Quelles peines accompagnent automatiquement une condamnation ?
Les peines accessoires de l’article 56, en particulier la déchéance de l’emploi public pendant la durée de la condamnation, s’appliquent de plein droit. Les déchéances spéciales, en revanche, exigent un lien avec l’infraction commise : une interdiction professionnelle sans rapport avec les faits se conteste. S’y ajoutent les interdictions de l’article 57 — ce que la pratique appelle l’alejamiento —, qui peuvent s’ajouter à la peine pour dix ans au plus et deviennent obligatoires en matière de violences au sein du couple. Leur durée comme les distances imposées se dimensionnent au jugement : c’est là qu’il faut demander des mesures proportionnées.

Société de Conseil Juridique et Expert

La peine exacte compte autant que le verdict lui-même

Faire réduire un quota journalier, obtenir une localisation compatible avec un emploi ou une interdiction proportionnée, cela se plaide au jugement et rarement après.

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