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Exécution des peines · LECrim, art. 983 à 999 · Loi pénitentiaire · Toute l’Espagne

L’exécution des peines en Espagne

La condamnation ne s’arrête pas au jugement : c’est là qu’elle commence à coûter.

Liquidation de la peine, sommation de payer, incarcération ou sursis, classement pénitentiaire, permissions, semi-liberté, libération conditionnelle. L’exécution pénale espagnole est une discipline autonome, avec ses propres délais et ses propres juges : chaque mois s’y dispute, et la passivité s’y paie en années.

En bref. Exécution des peines en Espagne : liquidation, cumul, écrit unique de 10 jours, sursis, permissions et libération conditionnelle. Avocats à Alicante.

Pourquoi c’est différent

10 j
Délai unique de l’art. 988 bis LECrim pour présenter sursis, substitution et étalement des sommes dues.
×3
Plafond du cumul de condamnations : le triple de la peine la plus grave (art. 76 du Code pénal).
3/4
Fraction de peine exigée pour la libération conditionnelle de l’art. 90 du Code pénal.

La peine se gagne ou se perd après le jugement, dans le détail du calcul

Pour la personne condamnée, la vraie procédure commence avec le caractère définitif de la décision. C’est à ce moment que s’ouvre l’ejecutoria — le dossier d’exécution — et que se décident, en quelques semaines, des choses irréversibles : le décompte exact de la peine, l’imputation de la détention provisoire déjà subie, l’octroi ou le refus du sursis, le calendrier de paiement des sommes dues, et jusqu’au fait de savoir si l’on franchit ou non la porte d’un établissement pénitentiaire. Rien de tout cela n’est automatique : chaque avantage doit être demandé, documenté et défendu dans des délais très courts. Le circuit se partage entre deux autorités qu’il ne faut jamais confondre : le tribunal qui a rendu le jugement conduit l’exécution proprement dite, tandis que la vie en détention relève du juge de l’application des peines — le juez de vigilancia penitenciaria, juge spécialisé espagnol qui contrôle classements, permissions et sanctions disciplinaires. Nous accompagnons le condamné du premier acte d’exécution jusqu’à la libération conditionnelle, en traitant l’ensemble comme ce qu’il est réellement : un contentieux à part entière, technique et chiffré, où une liquidation mal vérifiée ou un écrit déposé hors délai vaut plus cher que bien des plaidoiries.

Ce que nous traitons

Les pièces maîtresses de l’exécution

Défense du condamné à chaque étape du circuit prévu par les articles 983 à 999 de la loi de procédure pénale espagnole et par la loi pénitentiaire.

Art. 983-985 LECrim

Caractère définitif et ouverture du dossier

Le jugement devenu définitif ouvre l’ejecutoria. L’exécution appartient à la juridiction qui a jugé : le juge pénal exécute ses propres décisions et, en cour d’assises espagnole, c’est le magistrat-président. Rien ne s’exécute avant que la fermeté ne soit certifiée ; les recours pendants la suspendent.

Effet : une simple attestation de recours pendant arrête une exécution prématurée.
Art. 988 LECrim

Liquidation de la peine

Le calcul officiel de ce qui reste à exécuter : durée prononcée, imputation de la détention provisoire (art. 58 du Code pénal) et des mesures déjà subies (art. 59). C’est un document arithmétique, donc contestable. Vérifier chaque liquidation, c’est régulièrement retrouver des mois entiers.

Effet : réduction immédiate du reliquat à exécuter.
Art. 76 CP · 988 LECrim

Cumul des condamnations

Lorsque plusieurs condamnations portent sur des faits qui auraient pu être jugés ensemble, l’article 988 permet de les cumuler et d’appliquer le plafond de l’article 76 : le triple de la peine la plus grave. Des additions arithmétiques impossibles redeviennent alors des durées humaines.

Effet : plafonnement au triple de la peine la plus grave.
Art. 988 bis LECrim

Écrit unique d’exécution

Introduit par la loi organique 1/2025, il organise enfin le démarrage : une fois l’ordonnance d’ouverture rendue, la défense de chaque condamné dispose de dix jours pour présenter, dans un écrit unique, ses demandes de sursis ou de substitution, ses propositions de paiement échelonné et toute autre requête d’exécution.

Délai : 10 jours, un seul écrit, aucune session de rattrapage.
Art. 990 et s. LECrim

Paiements et voie de contrainte

Exécution des amendes et des dommages-intérêts : sommations, échelonnements, constat d’insolvabilité et responsabilité personnelle subsidiaire en cas de non-paiement. L’ordre d’imputation des versements — dépens, indemnisation, amende — et la durée des échéanciers se négocient bien plus qu’on ne le croit.

Effet : le non-paiement peut se convertir en privation de liberté subsidiaire.
Art. 80 CP

Sursis à l’exécution

Si le jugement ne l’a pas déjà accordé, le sursis se décide à ce stade. Il vise en principe les peines n’excédant pas deux ans pour un primo-délinquant. Le demander avant toute sommation d’incarcération, dossier complet à l’appui — attaches, réparation du préjudice, suivi thérapeutique —, évite des incarcérations parfaitement inutiles.

Portée : peines jusqu’à deux ans, sous conditions.
Art. 89 CP

Substitution par l’expulsion

Pour les condamnés étrangers, la peine privative de liberté peut être remplacée par une expulsion du territoire espagnol. L’audition préalable est obligatoire et la mesure doit rester proportionnée : des attaches familiales et professionnelles établies l’écartent. L’outil joue dans les deux sens, selon l’intérêt réel de la personne.

Effet : expulsion au lieu de l’exécution, ou maintien si les attaches sont prouvées.
Loi pénitentiaire · règlement

Classement, permissions et semi-liberté

Une fois incarcérée, la personne relève de la loi organique 1/1979 et du règlement pénitentiaire : classement en degrés — le deuxième est le régime ordinaire, le troisième une semi-liberté —, permissions ordinaires à partir du quart de la peine en deuxième degré avec bonne conduite, et révision du classement tous les six mois.

Effet : chaque décision de la commission est susceptible de recours.
Art. 90 CP

Libération conditionnelle

Dernière étape : la suspension du reliquat de peine, réservée aux personnes en troisième degré ayant exécuté les trois quarts de leur peine — deux tiers en régime avancé, sous conditions —, avec pronostic favorable et réparation du préjudice selon leurs capacités. Depuis 2015, il s’agit techniquement d’une modalité de sursis.

Effet : en cas de révocation, le temps passé en liberté n’est pas déduit.

Repères chiffrés

Étapes, bases légales et seuils

Vue d’ensemble du circuit d’exécution en droit espagnol. Les seuils indiqués sont des repères : la décision concrète dépend de la peine prononcée, du casier et de la situation personnelle.

Étape ou mesureBase légaleSeuil ou délaiEffet pratique
Ouverture du dossier d’exécutiondécision définitiveArt. 983-985 LECrimDès que la décision est définitiveLa juridiction qui a jugé exécute ; rien avant la fermeté
Liquidation de la peineArt. 988 LECrim · 58 CPÀ l’ouverture du dossierImputation de la détention provisoire et des mesures subies
Cumul des condamnationsArt. 76 CP · 988 LECrimFaits jugeables ensemblePlafond du triple de la peine la plus grave
Écrit unique d’exécutionArt. 988 bis LECrim10 joursSursis, substitution et étalement des sommes dues
Paiements et voie de contrainteArt. 990 et s. LECrimAprès sommationÉchelonnement, insolvabilité, responsabilité subsidiaire
Sursis à l’exécutionArt. 80 CPPeines jusqu’à deux ansÉvite l’incarcération, sous conditions vérifiées
Substitution par expulsionArt. 89 CPAudition préalable obligatoireExpulsion au lieu de la prison ; écartée si attaches établies
Libération conditionnelleArt. 90 CPTrois quarts de la peineSuspension du reliquat ; révocation sans déduction

Tableau indicatif à jour de la loi organique 1/2025 et de la loi organique 1/2026. Il ne remplace pas l’examen du dossier d’exécution, seul capable de fixer les dates réelles.

Notre différence

Là où l’exécution devient un travail de calcul et de preuve

Les erreurs que nous corrigeons le plus souvent sont toujours les mêmes, et elles coûtent des années. La première est de laisser passer les dix jours de l’article 988 bis : sursis, substitution et échéancier se demandent alors ensemble, et un dossier improvisé se refuse. La deuxième est d’accepter la liquidation telle qu’elle arrive, sans recalculer l’imputation de la détention provisoire ni vérifier si plusieurs condamnations pouvaient être cumulées au titre de l’article 76. La troisième est de ne pas se présenter à la sommation d’incarcération : l’absence transforme une exécution ordinaire en avis de recherche. La quatrième est d’accepter des conditions de paiement ou de suivi impossibles à tenir, dont la violation entraînera plus tard la révocation. C’est pourquoi nous appliquons LIWARDLegal Intelligence Warfare for Defense—, notre méthodologie propre qui combine intelligence juridique, analyse jurisprudentielle, expertise financière et comptable et preuve numérique dans une seule stratégie d’exécution. Concrètement : chaque liquidation est recalculée, chaque décision de la commission de traitement reçoit son recours type, et chaque échéance est anticipée avant qu’elle ne devienne un incident.

i.

Intelligence juridique

Cartographie du dossier d’exécution, analyse jurisprudentielle du cumul et détection précoce des délais qui se referment.

ii.

Analyse financière et comptable

Capacité de paiement documentée, plans d’échelonnement défendables et contestation des évaluations du préjudice.

iii.

Preuve numérique · e-forensic

Traçabilité des notifications, des dates et des pièces du dossier pénitentiaire, avec une rigueur d’expertise.

iv.

Stratégie procédurale

Décision précise à chaque étape, de la sommation initiale à la libération conditionnelle, fondée sur l’analyse du risque.

Comment nous intervenons

Une stratégie soutenue à toutes les phases

Phase 01

Fermeté et ouverture

Contrôle du caractère définitif, vérification de la compétence de la juridiction et calendrier des échéances à venir.

Phase 02

Liquidation et cumul

Recalcul de la peine, imputation de la détention provisoire et demande de cumul lorsque plusieurs dossiers le permettent.

Phase 03

Écrit unique et sursis

Dossier de sursis ou de substitution, plan de paiement et demandes accessoires déposés ensemble dans le délai de dix jours.

Phase 04

Détention et sorties

Classement, permissions, semi-liberté et libération conditionnelle, avec recours devant le juge de l’application des peines.

Qui nous représentons

Chaque profil exige une défense différente

E

Entreprises

Personnes morales condamnées à des amendes ou à des mesures d’interdiction : échelonnement, garanties et suivi des obligations imposées.

D

Administrateurs et dirigeants

Responsabilité pécuniaire et interdictions professionnelles : préserver l’activité pendant l’exécution et négocier des calendriers tenables.

I

Mis en cause

Personnes condamnées, résidentes ou non en Espagne : sursis, substitution, classement pénitentiaire, permissions et libération conditionnelle.

V

Victimes · partie civile

Parties civiles qui attendent l’indemnisation : impulsion de la voie de contrainte et suivi effectif du recouvrement.

Questions fréquentes

Ce qu’il faut savoir avant la première consultation

Ma condamnation est définitive : quand dois-je entrer en prison ?
Rien n’est immédiat, mais rien n’attend non plus. Si la peine est susceptible de sursis — en principe jusqu’à deux ans pour une première condamnation —, nous demandons ce sursis avant toute sommation : tant que la demande n’est pas tranchée, il n’y a pas d’incarcération. Si la peine ne l’est pas, le tribunal somme la personne de se présenter volontairement dans un délai qui se situe habituellement entre dix et quinze jours, prorogeable pour motif justifié. Une demande de grâce accompagnée d’une suspension provisoire peut également différer l’exécution. Ce qu’il ne faut jamais faire, c’est ne pas se présenter : l’absence transforme un dossier ordinaire en avis de recherche et ferme, du même coup, presque toutes les portes qui restaient ouvertes.
Qu’est-ce que la liquidation de peine et pourquoi faut-il la vérifier ?
C’est le décompte officiel de ce qu’il reste à exécuter : durée prononcée, imputation de la détention provisoire déjà subie au titre de l’article 58 du Code pénal espagnol et prise en compte des autres mesures supportées pendant la procédure, selon l’article 59. Il s’agit d’une opération arithmétique effectuée par le greffe, et donc parfaitement susceptible d’erreur ou d’omission. Vérifier chaque liquidation revient très souvent à retrouver des mois entiers : périodes de détention provisoire mal reportées, mesures conservatoires oubliées, dates de départ erronées. Nous recalculons systématiquement la liquidation dès son arrivée et nous la contestons lorsqu’elle est défavorable, avant qu’elle ne se consolide.
Le cumul de mes différentes condamnations peut-il réduire la peine à exécuter ?
Oui, et c’est souvent la mesure la plus rentable de toute l’exécution. Lorsqu’une personne a été condamnée plusieurs fois pour des faits qui auraient pu être jugés dans une même procédure, l’article 988 de la loi de procédure pénale permet de regrouper ces condamnations et d’appliquer le plafond de l’article 76 du Code pénal : le triple de la peine la plus grave. Des additions qui atteignaient une quinzaine d’années peuvent ainsi se ramener à six ou neuf. La demande se présente devant la dernière juridiction ayant statué, appuyée sur un tableau de calcul et sur les attestations de tous les dossiers d’exécution, et un pourvoi en cassation reste ouvert. Nous réexaminons aussi les dossiers anciens : il s’y cache régulièrement des années de liberté non réclamées.
À partir de quand puis-je demander des permissions de sortie et la semi-liberté ?
Les permissions ordinaires supposent un classement en deuxième degré, l’exécution d’un quart de la peine et une bonne conduite ; elles se demandent à la commission de traitement de l’établissement et, en cas de refus, se contestent devant le juge de l’application des peines. Le troisième degré, qui correspond à un régime de semi-liberté, n’obéit à aucun délai minimum général : il s’accorde lorsque l’évolution de la personne le justifie, sous réserve de la période de sûreté prévue à l’article 36 du Code pénal pour les peines longues et, dans les infractions économiques, du paiement des sommes dues à la victime. La progression n’est jamais automatique : elle se prépare avec un dossier documenté, des garanties et un projet de vie crédible.
Quelles conditions faut-il réunir pour obtenir la libération conditionnelle ?
Il faut être classé en troisième degré, avoir exécuté les trois quarts de la peine — deux tiers dans le régime avancé, sous conditions supplémentaires —, présenter un pronostic favorable et avoir satisfait à la réparation du préjudice dans la mesure de ses capacités. Depuis la réforme de 2015, la libération conditionnelle de l’article 90 du Code pénal est techniquement une modalité de suspension de la peine, ce qui emporte une conséquence lourde : en cas de révocation pour une nouvelle infraction, le temps passé en liberté n’est pas déduit. Nous en informons toujours la personne avant d’accepter des conditions qu’elle ne pourrait pas tenir, et nous préparons la demande comme un véritable dossier : pronostic, attaches, plan de paiement adapté aux revenus réels.
Je suis étranger : l’expulsion peut-elle remplacer la prison en Espagne ?
L’article 89 du Code pénal permet de substituer à la peine privative de liberté une expulsion du territoire espagnol, après audition préalable obligatoire de la personne concernée. La mesure doit rester proportionnée : des attaches solidement établies — famille, travail, résidence durable — l’écartent pour disproportion, et nous les faisons valoir avec succès. L’outil fonctionne cependant dans les deux sens : pour la personne qui préfère quitter l’Espagne plutôt que d’y purger sa peine, nous demandons au contraire la substitution. Le choix se fait au cas par cas, en fonction de la situation familiale, du projet professionnel et des conséquences de l’interdiction de retour.

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