Arts. 1-4 CP
Principe de légalité
Aucune peine sans loi antérieure qui la prévoie : le principe ouvre le code et gouverne son interprétation. Il interdit l’application par analogie au détriment de la personne poursuivie et impose de vérifier quelle rédaction du texte était en vigueur au moment des faits, question devenue centrale après deux réformes successives.
Portée : condition de validité de toute poursuite
Arts. 5, 10, 12 CP
Intention et imprudence
Il n’y a pas d’infraction sans intention ou imprudence. L’imprudence n’est punissable que lorsque la loi le prévoit expressément, ce qui restreint fortement le champ des poursuites non intentionnelles. Déterminer lequel des deux régimes s’applique change la qualification, la peine et souvent la juridiction compétente.
Portée : élément moral de l’infraction
Art. 11 CP
Commission par omission
Une abstention peut équivaloir à un acte lorsqu’une obligation juridique particulière d’agir pesait sur la personne. Le texte encadre strictement cette assimilation : encore faut-il établir la position de garant et le lien entre l’omission et le résultat, discussion qui domine les dossiers d’accident et de responsabilité d’entreprise.
Portée : équivalence entre abstention et action
Arts. 15-18, 62 CP
Tentative et désistement
La tentative est punissable et la peine s’en trouve réduite selon le degré d’exécution atteint et le danger créé. Le désistement volontaire, lorsqu’il est effectif, peut exonérer de la responsabilité pour l’infraction projetée. La frontière entre actes préparatoires et commencement d’exécution se plaide dossier par dossier.
Portée : réduction de peine selon le degré atteint
Art. 20 CP
Causes d’exonération
Le code énumère les situations qui excluent la responsabilité pénale : troubles psychiques, intoxication, légitime défense, état de nécessité, peur insurmontable. Lorsque les conditions ne sont réunies qu’en partie, l’exonération devient une atténuation, mécanisme qui produit en pratique davantage de résultats que l’exonération complète.
Portée : exclusion ou atténuation de la responsabilité
Arts. 21-23 CP
Atténuantes et aggravantes
Les circonstances atténuantes et aggravantes se combinent avec les règles de calcul pour déterminer la peine dans sa fourchette. La circonstance de parenté peut jouer dans les deux sens selon l’infraction. Ces circonstances se démontrent par des pièces : elles ne se déduisent pas du récit des faits.
Portée : position de la peine dans sa fourchette
Arts. 27-31 bis CP
Auteurs et participants
Le code distingue les auteurs, les coauteurs, ceux qui provoquent l’infraction et les complices, chaque qualité emportant un traitement propre. Il règle également la responsabilité pénale des personnes morales, dont l’organisation interne et les dispositifs de prévention deviennent des éléments de défense à part entière.
Portée : qui répond, et à quel titre
Arts. 73-77 CP
Concours d’infractions
Lorsque plusieurs infractions sont poursuivies ensemble, ou qu’un même fait en réalise plusieurs, des règles précises limitent le cumul et fixent un plafond. L’infraction continuée permet de regrouper des faits répétés en une seule qualification. Le calcul est technique et constitue l’un des points où les erreurs sont les plus fréquentes.
Portée : plafonnement et regroupement des peines
Arts. 109-127 CP
Réparation et confiscation
La condamnation pénale emporte l’obligation de réparer le dommage causé, liquidée dans le même jugement, ainsi que la confiscation des biens et profits tirés de l’infraction. Pour beaucoup de dossiers économiques, cette dimension patrimoniale pèse davantage que la peine elle-même et se négocie tout au long de la procédure.
Portée : conséquences patrimoniales de la condamnation