L’article 456 du Code pénal espagnol punit l’imputation d’une infraction faite en connaissance de sa fausseté devant une autorité tenue d’enquêter, et subordonne la poursuite à une décision définitive.
1. Ceux qui, en connaissance de sa fausseté ou avec un mépris téméraire de la vérité, imputent à une personne des faits qui, s’ils étaient vrais, constitueraient une infraction pénale, lorsque cette imputation est faite devant un agent judiciaire ou administratif ayant le devoir de procéder à leur vérification, sont sanctionnés :
1.º De la peine de six mois à deux ans de prison et d’une amende de douze à vingt-quatre mois, si une infraction grave est imputée.
2.º De la peine d’amende de douze à vingt-quatre mois, si une infraction moins grave est imputée.
3.º De la peine d’amende de trois à six mois, si un délit léger est imputé.
2. Il ne peut être procédé contre le dénonciateur ou l’accusateur qu’après un jugement définitif, ou une ordonnance également définitive, de non-lieu ou de classement du juge ou du tribunal ayant connu de l’infraction imputée. Ceux-ci ordonnent de procéder d’office contre le dénonciateur ou l’accusateur dès lors qu’il résulte de la procédure principale des indices suffisants de la fausseté de l’imputation, sans préjudice de la possibilité de poursuivre également le fait sur dénonciation de la personne offensée.
Traduction de travail établie par Société Juridique à partir du texte espagnol consolidé publié au Journal officiel de l’État. Elle n’a aucun caractère officiel : la seule version faisant foi est l’original espagnol, disponible au Journal officiel de l’État et reproduit mot pour mot dans notre fiche en espagnol relative à cette disposition. Source : loi organique 10/1995 du 23 novembre, Code pénal espagnol.
Opposer la condition de procédabilité. Le paragraphe 2 interdit de procéder avant une décision définitive de non-lieu, de classement ou de relaxe. La poursuite engagée avant ce terme est prématurée et doit être écartée in limine litis.
Distinguer la fausseté de l’insuffisance de preuve. Le classement pour insuffisance de preuve n’établit pas la fausseté de l’imputation. Cette distinction est décisive, la relaxe au bénéfice du doute ne fondant pas la dénonciation calomnieuse.
Contester le mépris téméraire de la vérité. La dénonciation fondée sur une perception subjective des faits, même erronée, ne réunit pas cet élément. Le contexte de la plainte et les éléments dont disposait le dénonciateur doivent être exposés.
Vérifier le destinataire de l’imputation. L’imputation doit être faite devant une autorité tenue d’enquêter. Les propos tenus devant des tiers relèvent de la calomnie de l’article 205 et non du présent article.
Anticiper l’action d’office. La juridiction saisie de la procédure principale peut ordonner d’office la poursuite. Il convient de formuler des observations sur ce point avant la clôture de cette procédure.
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La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat.