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Droit pénalJurisprudence et doctrineUne facture que l’avocat n’a jamais émise : l’escroquerie au jugement en tentative

DÉCISION COMMENTÉE · TRIBUNAL SUPÉRIEUR DE JUSTICEUne facture que l’avocat n’a jamais émise : l’escroquerie au jugement en tentative

Le TSJ de La Rioja confirme un an d’emprisonnement pour avoir produit, dans une procédure de recouvrement d’honoraires, un document que l’avocat a nié avoir signé
Série « Décision commentée » · Publié le 20 septembre 2026Auteur: Francisco Javier Martín Porras · Équipe SCJE

DÉCISION

Arrêt du TSJ de La Rioja (2026)

JURIDICTION

Tribunal supérieur de justice de La Rioja, chambre civile et pénale

IDENTIFICATION

Escroquerie au jugement en tentative, articles 248 et 250.1.7° du Code pénal

DISPOSITIF

Condamnation à un an d’emprisonnement confirmée

Une réclamation d’honoraires de 309,43 euros s’est achevée par une condamnation pénale à un an d’emprisonnement. Le prévenu avait produit, dans la procédure de recouvrement d’honoraires, une facture de 2 077,60 euros prétendument signée électroniquement par son avocat, afin d’établir qu’il avait déjà réglé les honoraires réclamés. L’avocat a nié avoir émis ou signé ce document.

L’espèce illustre nettement une figure que beaucoup de justiciables ignorent et que les praticiens rencontrent plus souvent qu’on ne le souhaiterait : l’escroquerie au jugement, forme aggravée de l’escroquerie prévue à l’article 250.1.7° du Code pénal espagnol.

Les faits et le parcours procédural

  • Non-paiement de 309,43 euros au titre des services de la procuradora
  • Mises en demeure infructueuses puis ouverture de la procédure de recouvrement d’honoraires
  • Production par le prévenu d’une facture de 2 077,60 euros attribuée à son avocat
  • L’avocat a nié avoir émis ou signé le document
  • Condamnation en première instance pour tentative d’escroquerie au jugement
  • Le Tribunal supérieur de justice confirme la peine d’un an d’emprisonnement
  • Un pourvoi en cassation demeure ouvert

Les clés juridiques

  • L’escroquerie au jugement se commet en trompant le juge, non la partie adverse
  • Trompé et lésé sont des personnes distinctes : escroquerie triangulaire
  • Il suffit de tenter d’induire la juridiction en erreur
  • Consommation et tentative : la décision erronée marque la frontière
  • La signature électronique faussement attribuée renforce la tromperie suffisante
  • La dénégation du titulaire apparent du document constitue une preuve à charge centrale

LA DOCTRINECe que juge le tribunal

Ce qu’est l’escroquerie au jugement

L’article 250.1.7° du Code pénal aggrave l’escroquerie lorsqu’elle est commise par simulation de procès ou emploi d’une autre fraude procédurale. Sa particularité structurelle tient à ce que la personne trompée et la personne lésée ne coïncident pas : c’est la juridiction qui subit l’erreur, tandis que la partie adverse subit le préjudice patrimonial. La doctrine la qualifie pour cette raison d’escroquerie triangulaire. La tromperie ne vise pas à obtenir directement un transfert patrimonial de la victime, mais à ce que le juge rende une décision qui le produise.

La tromperie suffisante dans le procès

L’exigence d’une tromperie suffisante revêt ici une physionomie propre. Soutenir une prétention infondée ne suffit pas, car discuter est légitime et le procès est précisément conçu pour trancher les litiges. Il faut la production d’un élément objectivement apte à induire le juge en erreur : un document faux, une simulation de procès ou une manœuvre altérant le cadre probatoire. La production d’une facture attribuée à un professionnel qui en nie l’émission remplit clairement cette condition.

Consommation et tentative

La frontière entre consommation et tentative se situe au prononcé de la décision erronée. Si le juge statue conformément à la tromperie et qu’un préjudice patrimonial en découle, l’infraction est consommée. Si la manœuvre est découverte auparavant, comme ici lorsque l’avocat a nié être l’auteur du document, le comportement demeure au stade de la tentative. Cette qualification commande la réduction de peine d’un ou deux degrés au titre de l’article 62.

La charge d’expliquer l’origine du document

La défense soutenait que l’arrêt n’expliquait pas comment la facture avait concrètement été confectionnée. La juridiction écarte l’argument par un raisonnement qu’il convient de retenir : dès lors qu’il est établi que le document n’émane pas de celui qui y figure comme émetteur et que c’est le prévenu qui l’a introduit dans la procédure à son propre profit, il n’est pas nécessaire de reconstituer le procédé matériel de confection. L’inférence relative à la paternité repose sur la disponibilité du document et sur l’intérêt à son utilisation.

LA LECTURE DU CABINETCe que cela signifie en pratique

Pour la défense. La discussion la plus productive porte rarement sur la paternité matérielle du document, difficile à nier lorsque c’est le prévenu lui-même qui le produit, mais sur l’aptitude du document à induire en erreur et sur l’élément intentionnel. Si le document reflétait un paiement réellement effectué, fût-ce de manière irrégulière, ou si le prévenu l’a reçu d’un tiers en se fiant à son authenticité, la qualification s’effondre.

Pour le professionnel dont la signature est usurpée. La dénégation formelle et documentée est déterminante. Il convient de produire le système de facturation, la numérotation continue, les certificats de signature électronique utilisés et la traçabilité des notes d’honoraires émises. Cette documentation transforme une dénégation en preuve objective.

Sur la procédure de recouvrement d’honoraires. La procédure des articles 34 et 35 de la loi de procédure civile est sommaire et à connaissance limitée. C’est précisément pour cette raison qu’elle est particulièrement vulnérable à la production de documents faux, et pour cette même raison que la réponse pénale est sévère.

QUESTIONS FRÉQUENTESQuestions fréquentes

Qu’est-ce que l’escroquerie au jugement ?

C’est la forme aggravée de l’escroquerie prévue à l’article 250.1.7° du Code pénal espagnol, commise par simulation de procès ou emploi d’une autre fraude procédurale. Sa caractéristique est que la personne trompée est la juridiction et la personne lésée la partie adverse.

Quand est-elle consommée et quand reste-t-elle une tentative ?

Elle est consommée lorsque le juge rend une décision déterminée par la tromperie et qu’un préjudice patrimonial en résulte. Si la manœuvre est découverte avant cette décision, le comportement demeure une tentative, avec la réduction de peine correspondante.

Produire un faux document dans une procédure est-il une infraction ?

Cela peut l’être. Outre l’escroquerie au jugement, le comportement peut constituer un faux en écriture. La qualification dépend de la nature du document, de son auteur et de la finalité poursuivie par sa production.

Quelle peine a été prononcée en l’espèce ?

Un an d’emprisonnement pour tentative d’escroquerie au jugement, confirmée en appel par le Tribunal supérieur de justice de La Rioja. La décision est susceptible d’un pourvoi en cassation.

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Commentaire rédigé par l’équipe de SCJE à partir de sources publiques relatives à la décision. Son contenu est résumé à des fins d’information, sans reproduction intégrale. Il ne constitue pas un conseil juridique individualisé. Source consultée: Tirant lo Blanch, actualidad jurídica.

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JM

Francisco Javier Martín Porras

Abogado penalista, socio de Société de Conseil Juridique et Expert y creador de la metodología LIWARD®. Dirige la defensa en procedimientos penales de alta complejidad, combinando estrategia procesal con análisis pericial y forense. Conozca al equipo →

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