Art. 384 CP
Perte de validité pour épuisement des points
Conduire après que le permis a perdu sa validité par retrait total des points. C’est l’hypothèse la plus fréquente : beaucoup de conducteurs continuent de rouler sans savoir que la perte de validité a déjà été déclarée, parce que la décision administrative ne leur est jamais réellement parvenue. La défense se construit sur le dossier administratif, pas sur la déclaration.
Peine : 3 à 6 mois de prison, amende de 12 à 24 mois ou travaux d’intérêt général.
Art. 384 CP
Privation judiciaire du permis
Conduire après avoir été privé du permis, à titre conservatoire ou définitif, par une décision judiciaire. Situation plus grave que la précédente, car elle peut en outre constituer une violation de condamnation et ouvrir un second front pénal. Ici la discussion porte sur la portée exacte et sur la durée de la mesure prononcée.
Peine : identique · concours possible avec l’article 468.
Art. 384 CP
Permis jamais obtenu
Conduire sans avoir jamais obtenu de permis ni de licence de conduire. C’est l’hypothèse qui produit le plus de peines de prison ferme chez les conducteurs déjà condamnés, et celle où l’identification du conducteur et l’historique administratif doivent être vérifiés pièce par pièce.
Peine : identique · la récidive comme facteur décisif.
Art. 468 CP
Violation de condamnation
Ne pas respecter la peine ou la mesure conservatoire de privation du droit de conduire imposée par un juge ou un tribunal : il s’agit d’un délit autonome, qui s’ajoute à celui de l’article 384 au lieu de s’y fondre. La qualification dépend de la nature exacte de la décision violée.
Peine : amende de 12 à 24 mois · prison si une privation de liberté était en cause.
Art. 383 CP
Refus de se soumettre aux tests
Refuser de se soumettre aux tests d’alcoolémie ou de dépistage de stupéfiants légalement requis par l’agent de l’autorité. La défense examine la régularité de la réquisition et l’information donnée sur les conséquences du refus.
Peine : 6 mois à 1 an de prison et privation du permis.
Art. 379 CP
Alcool, stupéfiants et vitesse
Conduite à une vitesse excessive pénalement qualifiée ou sous l’influence de boissons alcoolisées, de drogues ou de stupéfiants, avec ou sans taux objectivé. L’écart entre le taux mesuré et les signes cliniques d’influence est souvent le terrain décisif.
Peine : prison, amende ou travaux d’intérêt général, et privation du permis.
Arts. 380–381 CP
Conduite téméraire
Conduire avec une témérité manifeste en mettant concrètement en danger la vie ou l’intégrité des personnes, ainsi que la modalité aggravée par le mépris manifeste de la vie d’autrui. La qualification exige un danger concret, et non une simple infraction au code de la route.
Peine : 6 mois à 2 ans de prison · modalité aggravée, 2 à 5 ans.
Art. 382 bis CP
Abandon du lieu de l’accident
Quitter volontairement les lieux après avoir causé un accident ayant entraîné la mort ou des blessures constitutives de délit. L’origine imprudente ou fortuite de l’accident modifie le cadre répressif applicable.
Peine : prison et privation du permis, selon la nature de l’accident.
Art. 385 bis CP
Confiscation du véhicule
Le véhicule à moteur ou le cyclomoteur utilisé dans ces délits est traité comme instrument de l’infraction aux fins de confiscation : une conséquence patrimoniale que l’on néglige presque toujours au moment de négocier une reconnaissance de culpabilité.
Effet : perte du véhicule · article 385 ter, réduction d’un degré.