Art. 379.2 CP
Conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants
Conduire avec plus de 0,60 mg/l dans l’air expiré (1,2 g/l dans le sang) ou sous l’influence de stupéfiants.
Deux voies coexistent : le dépassement du taux, purement objectif, et la conduite sous influence effective, qui exige des signes constatés. Contester la seconde suppose de reprendre la symptomatologie décrite au procès-verbal.
Peine : 3 à 6 mois de prison ou amende + suspension de 1 à 4 ans.
Art. 383 CP
Refus de se soumettre au dépistage
Refuser de souffler ou de se soumettre aux tests de dépistage : infraction autonome plus grave que le contrôle positif lui-même.
L’infraction protège l’autorité du contrôle, non la sécurité elle-même : elle est constituée même si le conducteur n’avait pas bu. Encore faut-il que la sommation ait été claire et l’avertissement des conséquences réellement délivré.
Peine : 6 mois à 1 an + suspension de 1 à 4 ans.
Art. 379.1 CP
Excès de vitesse pénalement réprimé
Dépasser de 60 km/h (en agglomération) ou de 80 km/h (hors agglomération) la vitesse autorisée.
La mesure doit provenir d’un dispositif vérifié et correctement positionné. Le dépassement s’apprécie sur la vitesse retenue après application de la marge d’erreur, jamais sur la valeur brute affichée.
Peine : 3 à 6 mois de prison ou amende + suspension.
Art. 380 CP
Conduite dangereuse
Conduite d’une témérité manifeste créant un danger concret pour la vie ou l’intégrité des personnes.
La témérité manifeste ne se déduit pas d’une seule manœuvre : elle suppose un danger concret pour des personnes identifiées. Une route déserte, sans usager exposé, prive la qualification de son élément central.
Peine : 6 mois à 2 ans + suspension de 1 à 6 ans.
Art. 381 CP
Mépris pour la vie d’autrui
Témérité avec mépris manifeste pour la vie d’autrui : la qualification la plus grave de la sécurité routière.
La distinction avec la conduite dangereuse est d’ordre subjectif : il faut une indifférence assumée au résultat mortel possible, et non une imprudence, fût-elle grave. La frontière se plaide sur des faits précis.
Peine : 2 à 5 ans + suspension de 6 à 10 ans.
Art. 384 CP
Conduite sans permis
Conduire après la perte de validité du permis à points, après une privation judiciaire ou sans avoir jamais obtenu le permis.
Les trois hypothèses ne se défendent pas de la même façon. Pour la perte de validité par retrait de points, la notification régulière est la question centrale ; à défaut, l’élément intentionnel fait défaut.
Peine : 3 à 6 mois de prison, amende ou travaux d’intérêt général.
Art. 382 CP
Concours avec un résultat dommageable
Lorsque des blessures ou un décès sont en outre causés : l’infraction la plus grave est punie dans sa moitié supérieure, avec la responsabilité civile.
La règle évite la double sanction du même fait, mais relève la peine dans sa moitié supérieure. La responsabilité civile suit un régime distinct et se négocie souvent en parallèle de la voie pénale.
Peine : la plus grave dans sa moitié supérieure.
Art. 142 CP
Homicide involontaire routier
Décès causé par imprudence grave ou moins grave au volant : défense technique sur l’intensité de l’imprudence.
Tout dépend de l’intensité de l’imprudence : grave ou moins grave, la qualification change de nature et de peine. La reconstitution technique de l’accident pèse ici plus lourd que le récit des témoins.
Peine : jusqu’à 4 ans (imprudence grave).
Art. 152 CP
Blessures involontaires routières
Blessures causées dans un accident de la circulation : la qualification de l’imprudence décide entre la voie pénale et la voie civile.
La gravité des blessures et le degré d’imprudence déterminent si l’affaire reste pénale ou bascule vers la seule réparation civile. Cette frontière se discute dès les premiers actes, rapport médical à l’appui.
Peine : selon le résultat et l’intensité de l’imprudence.