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Coopération judiciaire pénale internationale

Avocat en extradition, mandat d’arrêt européen et notices rouges d’Interpol

Ici, on ne se contente pas de défendre des affaires : on maîtrise leurs conséquences.

Défense technique de la personne réclamée devant l’Audience nationale espagnole : extradition passive régie par la loi 4/1985, mandat d’arrêt européen encadré par la loi 23/2014 et contestation des notices rouges devant la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol.

En bref. Arrêté en Espagne sur mandat d’arrêt européen ou notice Interpol ? Avocat francophone : opposition à la remise, liberté provisoire, délais courts.

Pourquoi c’est différent

Loi 4/1985
Texte qui régit l’extradition passive en Espagne, avec une phase gouvernementale et une phase juridictionnelle
Loi 23/2014
Cadre de reconnaissance mutuelle des décisions pénales dans l’Union européenne qui régit le mandat d’arrêt européen
Art. 3 du Statut
Disposition du Statut d’Interpol interdisant toute coopération sur des affaires à caractère politique, militaire, religieux ou racial
Audience nationale
Juridiction espagnole compétente pour connaître des procédures d’extradition passive et des mandats d’arrêt européens
2
Bureaux à Madrid et Alicante · assistance partout en Espagne.
LIWARD
Méthodologie propre d’intelligence juridique et d’analyse forensique.

Lorsqu’un État réclame une personne se trouvant en Espagne, la réponse doit être juridique, documentée et immédiate

L’extradition, le mandat d’arrêt européen et la notice rouge d’Interpol sont trois instruments distincts, soumis à des règles, des délais et des conséquences propres, que l’on confond précisément au moment où il faudrait les distinguer. L’extradition passive est la procédure par laquelle l’Espagne, en tant qu’État requis, décide si elle remet une personne réclamée par un État tiers ; elle est régie par les traités applicables et, à titre supplétif, par la loi 4/1985 du 21 mars relative à l’extradition passive. Le mandat d’arrêt européen remplace l’extradition entre États membres de l’Union européenne et se déroule conformément à la loi 23/2014 du 20 novembre relative à la reconnaissance mutuelle des décisions pénales dans l’Union européenne, avec des motifs de refus limitativement énumérés et des délais brefs. La notice rouge d’Interpol, en revanche, n’est ni un mandat d’arrêt ni une décision de justice : il s’agit d’un instrument de coopération policière qui peut déclencher une arrestation provisoire à la frontière, mais qui se combat par des voies propres. Agir sur le mauvais instrument, c’est perdre la procédure avant même de l’avoir engagée.

Ce que nous défendons

Instruments, textes et garanties de la personne réclamée

Chaque voie de réclamation internationale obéit à son propre régime juridique. Voici les mécanismes qui structurent la défense de celui qui fait l’objet d’une demande de remise en Espagne.

Loi 4/1985

Extradition passive : phase gouvernementale

Le gouvernement décide, dans un premier temps, s’il poursuit la procédure ou s’il la classe pour des raisons de souveraineté, de sécurité, d’ordre public ou d’autres intérêts essentiels pour l’Espagne. Cette phase est discrétionnaire et politique, et elle ne préjuge pas de la décision juridictionnelle ultérieure. Une intervention précoce de l’avocat permet d’adresser des observations au ministère de la Justice avant la transmission du dossier à la juridiction.

Poursuite ou classement
Loi 4/1985

Extradition passive : phase juridictionnelle

Le juge central d’instruction procède aux actes d’enquête, entend la personne réclamée et statue sur sa situation personnelle. La chambre pénale de l’Audience nationale se prononce sur le bien-fondé de l’extradition et sa décision peut être contestée devant la formation plénière de cette chambre. La remise ne peut être ordonnée que si les conditions légales et conventionnelles sont réunies.

Décision et recours en formation plénière
Art. 824 à 833

Extradition active

Lorsque c’est l’Espagne qui réclame une personne se trouvant à l’étranger, la juridiction compétente ordonne la demande d’extradition par une décision motivée, transmise au gouvernement pour être acheminée par la voie diplomatique. La défense peut intervenir en contestant la réunion des conditions légales et la proportionnalité de la demande.

Décision motivée
Loi 23/2014

Mandat d’arrêt européen

Il remplace l’extradition entre États membres et repose sur la reconnaissance mutuelle. L’autorité judiciaire d’émission transmet le mandat et l’autorité d’exécution espagnole vérifie uniquement les conditions formelles et les motifs de refus légalement prévus, sans réexaminer le fond de l’accusation ni l’appréciation des preuves retenue par l’État d’émission.

Remise ou refus
Loi 23/2014

Délais de la remise

Si la personne réclamée consent à sa remise, la décision doit intervenir dans un délai de dix jours à compter du consentement. À défaut de consentement, le délai passe à soixante jours à compter de l’arrestation, prorogeable de trente jours supplémentaires lorsque des circonstances le justifient, moyennant une information motivée adressée à l’autorité d’émission.

10, 60 ou 90 jours
Loi 23/2014

Motifs de refus limitativement énumérés

La remise ne peut être refusée que pour les causes expressément prévues par la loi : autorité de la chose jugée et interdiction de la double poursuite, prescription lorsque l’Espagne est compétente, minorité pénale, amnistie, absence de double incrimination en dehors des catégories d’infractions énumérées, ou garanties insuffisantes en cas de condamnation prononcée par défaut.

Liste fermée
Principe de spécialité

Limite objective de la remise

La personne remise ne peut être poursuivie, condamnée ni privée de liberté pour des faits antérieurs et différents de ceux ayant motivé la remise, sauf consentement exprès, renonciation de l’intéressé lui-même ou application de l’une des exceptions légalement prévues. Cette garantie doit être invoquée et documentée au sein même de la procédure.

Garantie matérielle
Garantie de retour

Ressortissants et résidents

Lorsque la personne réclamée est de nationalité espagnole ou réside en Espagne, la remise aux fins d’exécution d’une peine peut être subordonnée à son renvoi pour purger cette peine sur le territoire espagnol, ou être refusée si l’Espagne accepte d’exécuter elle-même la condamnation. C’est l’un des arguments les plus utiles dans la défense des personnes durablement installées dans le pays.

Condition de retour
Interpol

Notice rouge et contrôle de la Commission

La notice rouge n’est pas une décision de justice et n’impose aucune arrestation : c’est une demande de localisation et d’arrestation provisoire adressée aux pays membres. Sa légalité se conteste devant la Commission de contrôle des fichiers, qui peut ordonner l’effacement des données lorsque la demande répond à une motivation politique ou méconnaît l’article 3 du Statut d’Interpol.

Effacement des données
Cadre répressif

Procédures, délais et décisions

Tableau indicatif des principales voies de réclamation internationale et des juridictions, textes et délais qui les gouvernent. Il ne remplace pas l’analyse du dossier concret ni celle des traités applicables entre les États concernés.

InfractionArticleCadre répressifFacteur aggravant clé
Extradition passivePhase gouvernementaleLoi 4/1985Décision du gouvernement sur la poursuite du dossierRaisons de souveraineté, de sécurité et d’ordre public
Extradition passivePhase juridictionnelleLoi 4/1985, art. 12 et suivantsJuge central d’instruction et chambre pénale de l’Audience nationaleRecours devant la formation plénière de la chambre
Extradition activeL’Espagne comme État requérantArt. 824 à 833 du code de procédure pénaleDécision motivée de la juridiction et transmission au gouvernementDouble incrimination et proportionnalité de la demande
Mandat européenRemise avec consentementLoi 23/2014Décision dans un délai de dix jours à compter du consentementRenonciation possible au principe de spécialité
Mandat européenRemise sans consentementLoi 23/2014Soixante jours à compter de l’arrestation, prorogeables de trenteMotifs de refus limitativement énumérés
Mandat européenCondamnation par défautLoi 23/2014Exigence de garanties de réexamen ou de nouveau procèsEffectivité des droits de la défense dans l’État d’émission
Notice rougeCoopération policière internationaleStatut d’Interpol, art. 3Diffusion entre pays membres sans valeur de décision judiciaireDemande d’effacement devant la Commission de contrôle des fichiers
Situation personnelleArrestation provisoire et détentionLois 4/1985 et 23/2014Présentation devant le juge central d’instructionAttaches, risque de fuite et mesures alternatives à la détention

Cadres répressifs indicatifs selon le Code pénal en vigueur. Ils ne constituent pas un conseil juridique ; la qualification et la peine exigent une analyse individualisée de la procédure.

Notre différence

Défendre une personne réclamée exige traités, délais etanalyse forensique

La plupart des procédures de remise ne se gagnent pas en discutant si la personne réclamée a commis ou non les faits, car la juridiction espagnole ne juge pas le fond de l’affaire. Elles se gagnent, lorsqu’elles se gagnent, sur le terrain des conditions formelles, des motifs de refus et des garanties exigibles de l’État requérant. Nous vérifions la double incrimination lorsqu’elle est exigée, le jeu des délais de prescription au regard du droit espagnol, l’existence éventuelle d’une décision définitive déjà rendue, la nature politique du fait imputé, le risque réel de traitements inhumains ou dégradants contraires à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et la suffisance des garanties offertes en cas de condamnation prononcée par défaut. En parallèle, nous travaillons la situation personnelle de la personne réclamée afin d’éviter une privation de liberté prolongée pendant la procédure, en documentant ses attaches familiales, professionnelles et économiques, et nous coordonnons la défense avec les procédures d’asile et de droit des étrangers lorsque la persécution alléguée présente une dimension politique ou discriminatoire. Lorsque l’origine du problème est une notice rouge, nous saisissons la Commission de contrôle des fichiers avec un dossier documentaire complet, car l’effacement des données est la seule voie qui rende à la personne une liberté de circulation effective.LIWARD Legal Intelligence Warfare for Defense—, notre méthodologie propre qui intègre intelligence juridique, analytique jurisprudentielle, analyse financière et comptable et e-forensic dans une seule stratégie procédurale. C’est ce qui nous distingue de la défense pénale conventionnelle.

i.

Intelligence juridique

Cartographie de la procédure, analyse jurisprudentielle et détection précoce des vulnérabilités probatoires.

ii.

Analyse financière et comptable

Reconstruction des flux économiques et expertise de la documentation qui soutient, ou démonte, l’accusation.

iii.

Preuve numérique · e-forensic

Chaîne de conservation, validité de la preuve électronique et traçabilité des actifs avec une rigueur d’expertise.

iv.

Stratégie procédurale

Décision précise à chaque phase, du premier interrogatoire à la cassation, fondée sur l’analyse du risque.

Comment nous intervenons

Une stratégie soutenue à toutes les phases

Phase 01

Garde à vue et instruction

Assistance immédiate 24/7, préparation de la déclaration et contrôle des mesures conservatoires dès le premier acte.

Phase 02

Analyse forensique

Étude du dossier, expertise financière et numérique, et identification de la théorie du cas.

Phase 03

Stratégie et preuve

Conception de la défense ou de l’accusation, offre de preuve et articulation de la preuve d’expertise.

Phase 04

Procès et recours

Défense à l’audience et, le cas échéant, recours en appel, cassation et amparo.

Qui nous représentons

Chaque profil exige une défense différente

E

Entreprises

Personnes arrêtées dans un aéroport ou à un poste frontière espagnol à la suite d’une notice rouge ou d’un mandat d’arrêt international

A

Administrateurs et dirigeants

Ressortissants français ou étrangers résidant en Espagne réclamés par un État membre de l’Union européenne au moyen d’un mandat d’arrêt européen

I

Mis en cause

Chefs d’entreprise et dirigeants visés par des réclamations internationales issues de procédures économiques, fiscales ou sociétaires ouvertes à l’étranger

V

Victimes · partie civile

Personnes ayant quitté leur pays d’origine pour des motifs politiques et figurant dans les fichiers d’Interpol à la demande des autorités de cet État

Questions fréquentes

Ce qu’il faut savoir avant la première consultation

Une notice rouge d’Interpol oblige-t-elle à m’arrêter en Espagne ?
Pas automatiquement. La notice rouge est un instrument de coopération policière qui informe les pays membres qu’un État recherche une personne et sollicite sa localisation et son arrestation provisoire. Ce n’est ni une décision de justice ni, à elle seule, un mandat d’arrêt valable en Espagne. En pratique, elle peut néanmoins provoquer une arrestation provisoire lors d’un contrôle frontalier, à l’issue de laquelle la personne doit être présentée au juge central d’instruction, qui statuera sur sa situation personnelle et sur le traitement de la demande formelle d’extradition.
L’Espagne peut-elle remettre l’un de ses ressortissants à un autre pays ?
Dans le cadre de l’Union européenne, la nationalité espagnole n’empêche pas à elle seule la remise, mais elle permet de l’assortir de conditions. Lorsque le mandat est émis aux fins d’exécution d’une peine, la remise peut être refusée si l’Espagne s’engage à exécuter la condamnation sur son territoire ; lorsqu’il est émis aux fins de poursuites, elle peut être subordonnée au renvoi de la personne en Espagne pour y purger la peine éventuellement prononcée. En dehors de l’Union européenne, l’extradition des nationaux est généralement exclue ou soumise à réciprocité selon le traité applicable.
Quels sont les délais d’un mandat d’arrêt européen ?
La loi distingue selon l’attitude de la personne réclamée. Si elle consent à sa remise, la décision doit être rendue dans un délai de dix jours à compter du consentement donné devant l’autorité judiciaire. À défaut de consentement, une procédure contradictoire s’ouvre et la décision doit intervenir dans un délai de soixante jours à compter de l’arrestation, prorogeable de trente jours supplémentaires lorsque des circonstances le justifient, l’autorité judiciaire d’émission en étant informée.
Pour quels motifs une extradition ou une remise peut-elle être refusée ?
Les motifs varient selon l’instrument. De façon générale, la remise peut être refusée lorsque le fait revêt une nature politique, lorsque l’infraction ou la peine sont prescrites au regard du droit applicable, lorsque l’autorité de la chose jugée et l’interdiction de la double poursuite s’y opposent, lorsque la double incrimination fait défaut dans les cas où elle est exigée, lorsqu’il existe un risque réel de traitements contraires à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, ou lorsque la condamnation a été prononcée par défaut sans garanties suffisantes de réexamen ou de nouveau procès.
Intervenez-vous en dehors d’Alicante ?
Oui. Nous opérons depuis Madrid et Alicante, et nous intervenons partout en Espagne, y compris pour l’assistance urgente au gardé à vue et les procédures à dimension internationale.
Qu’est-ce que la méthodologie LIWARD ?
C’est notre méthodologie propre — Legal Intelligence Warfare for Defense — qui intègre intelligence juridique, analyse financière et comptable et preuve numérique forensique dans une stratégie procédurale unique. Elle permet d’anticiper les faiblesses de l’accusation et de construire la défense sur des éléments techniques, et non sur la seule argumentation juridique.
Société de Conseil Juridique et Expert

Une réclamation internationale se combat dès le premier jourl’erreur n’est pas réversible

Une conversation précoce peut changer le cours de toute l’affaire. Parlons-en avant que la procédure ne décide à votre place.

Le mandat d’arrêt européen étape par étape : ce qui se joue avant la décision de remise

Un mandat d’arrêt européen ne se discute pas comme une accusation ordinaire : il se discute comme un calendrier. Entre l’interpellation et la décision de remise, chaque acte a une échéance propre, et un motif d’opposition annoncé trop tard n’a pratiquement aucune chance d’être examiné utilement. Ce sont ces moments de bascule, et non le fond de l’accusation, qui déterminent en pratique l’issue de la procédure.

Les soixante-douze heures qui suivent l’arrestation

Lorsque l’arrestation intervient sur la base d’un avis de recherche ou d’un signalement international — le plus souvent dans un aéroport ou à un poste frontière —, la personne réclamée doit être présentée au juge central d’instruction dans un délai de soixante-douze heures. Cette présentation n’est pas une formalité : c’est là que se décide sa situation personnelle, détention ou liberté assortie de conditions, et que s’ouvre véritablement la procédure de remise devant l’Audience nationale.

La première comparution appelle une décision immédiate : consentir à la remise ou s’y opposer. Le consentement ouvre la voie d’une décision rapide ; l’opposition ouvre une procédure contradictoire, dont les délais sont fixés à l’article 54 de la loi 23/2014. Les motifs d’opposition doivent être annoncés dès cette comparution et soutenus par un commencement de preuve : une opposition simplement affirmée, sans dossier documentaire, perd l’essentiel de sa force pour la suite.

Construire l’opposition : preuve, attaches et protection internationale

Les moyens de défense qui prospèrent sont ceux que l’on démontre. Trois axes concentrent l’effort probatoire :

  • Risque réel de traitement inhumain ou dégradant : la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne et de la Cour européenne des droits de l’homme impose de refuser ou de conditionner la remise. La démonstration exige des rapports internationaux, une jurisprudence propre à l’État d’émission et, le cas échéant, des garanties diplomatiques vérifiables.
  • Exécution de la peine en Espagne : pour les ressortissants et les résidents, les articles 48.2 b) et 49 de la loi 23/2014 permettent de refuser la remise ou de la subordonner au retour. Les attaches familiales, professionnelles et économiques doivent être documentées dès le premier jour, non plaidées à l’audience.
  • Articulation avec la protection internationale : une demande d’asile ou de protection subsidiaire coordonnée avec la défense peut, dans certains cas, suspendre la remise.

La remise effective, et le mandat émis par la partie civile

Une fois la décision devenue définitive, la remise doit être matériellement exécutée dans un délai de dix jours ; l’expiration de ce délai sans exécution ouvre la voie à la mise en liberté de la personne réclamée. Hors Union européenne, la logique diffère : la phase juridictionnelle est suivie d’une phase gouvernementale dont la décision finale appartient au Conseil des ministres.

Le mandat d’arrêt européen n’est pas seulement un instrument subi. La victime constituée partie civile peut solliciter du juge d’instruction l’émission d’un mandat afin de ramener devant la justice espagnole un responsable en fuite à l’étranger ; hors Union européenne, la même finalité se poursuit par la voie de l’extradition active, sur le fondement des conventions bilatérales et multilatérales applicables. L’initiative procédurale de la partie civile change alors concrètement le cours du dossier.


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