Art. 298 CP
Recel simple
Acquérir, recevoir ou aider à écouler un bien issu d’une infraction contre le patrimoine, en connaissant son origine ou en ayant dû la présumer. C’est le type de base, celui qui vise l’immense majorité des acheteurs d’occasion mis en cause. Dans ces dossiers, l’objet a souvent changé de mains plusieurs fois avant d’arriver jusqu’à vous, et la chaîne des détenteurs successifs n’est presque jamais reconstituée par l’enquête.
Peine : 6 mois à 2 ans d’emprisonnement
Art. 298 CP
Recel avec intention de trafic
L’acquisition n’est plus un achat isolé mais le maillon d’une activité d’écoulement : volumes, rotation rapide, revente organisée. La réponse pénale se durcit dès que cette dimension commerciale est retenue par l’accusation.
Aggravation prévue par le même article
Art. 298 CP
Recel par établissement commercial
Boutiques de seconde main, ateliers, négoce de métaux ou de téléphonie : lorsque l’activité s’exerce à travers un commerce, la loi prévoit une réponse renforcée et l’exploitant est exposé bien au-delà de la seule transaction litigieuse.
Aggravation prévue par le même article
Élément subjectif
Connaissance ou devoir de présumer
Sans cet élément, il n’y a pas d’infraction : l’acheteur qui ignorait l’origine du bien et n’avait aucune raison sérieuse de la soupçonner ne relève pas du recel. Établir cette ignorance, avec des pièces et non des affirmations, est le cœur du dossier. Le doute doit profiter à la personne poursuivie, encore faut-il l’installer par des éléments concrets versés au dossier au bon moment.
Enjeu : classement de la procédure
Faisceau d’indices
Prix dérisoire et vente précipitée
Prix sans rapport avec le marché, absence de chargeur ou de documentation, rendez-vous nocturne, règlement en espèces : ce sont les circonstances que l’accusation met en avant. Chacune peut s’expliquer, et chacune doit l’être document à l’appui.
Enjeu : requalification ou non-lieu
Traçabilité
Achat entre particuliers
Petites annonces, plateformes, marchés d’occasion : la transaction laisse davantage de traces qu’on ne le croit. Annonce archivée, fil de discussion, horodatage du paiement, lieu du rendez-vous : c’est cette matière qui fait la différence à l’audience.
Enjeu : preuve documentée de la bonne foi
Identification
Numéro de série et IMEI
Une grande partie des dossiers naît d’un rapprochement technique : le numéro de série ou l’IMEI du bien réapparaît dans une plainte antérieure. L’acheteur est alors convoqué des mois plus tard, sans rien comprendre à ce qui lui arrive. Ce rapprochement n’établit rien sur ce que l’acheteur savait : il établit seulement où le bien se trouvait à un instant donné.
Point de départ de la plupart des procédures
Frontière
Recel ou blanchiment
Lorsque ce qui est acquis, converti ou transformé est de l’argent d’origine délictueuse, on quitte le recel pour le blanchiment de capitaux. Fixer cette frontière tôt dans l’information judiciaire change l’échelle du risque encouru.
Peines supérieures du côté du blanchiment
Conséquences patrimoniales
Confiscation et prix payé
Le bien acquis est confisqué puis restitué à son propriétaire, et le prix versé est définitivement perdu si rien n’est réclamé. La récupération des sommes se joue dans la procédure pénale elle-même, contre le vendeur.
Enjeu : réclamation civile dans le même dossier