Art. 234 CP
Vol simple
Soustraire des biens mobiliers d’autrui sans violence ni effraction, pour une valeur supérieure à 400 €. En dessous, contravention pénale.
La soustraction suppose que la chose sorte de la sphère de disponibilité de son propriétaire : tant que l’auteur n’a pas eu la possibilité effective d’en disposer, l’infraction reste au stade de la tentative.
Peine : 6 à 18 mois · contravention : amende de 1 à 3 mois.
Art. 235 CP
Vol aggravé
Biens de valeur artistique, situations de pénurie, gravité particulière, multirécidive.
Chacune de ces circonstances doit être établie de façon autonome et figurer dans l’acte d’accusation : elle ne se déduit ni du seul montant du préjudice, ni d’une appréciation générale ajoutée en cours d’audience.
Peine : 1 à 3 ans d’emprisonnement.
Arts. 237–240 CP
Cambriolage avec effraction
Escalade, bris, fausses clés, neutralisation d’alarmes : la force employée pour accéder à la chose.
La force doit être employée pour accéder au bien, et non après l’avoir pris : briser un objet pendant la fuite ne transforme pas un vol simple en cambriolage. La distinction est régulièrement décisive.
Peine : 1 à 3 ans d’emprisonnement.
Art. 241 CP
Cambriolage dans un domicile habité
Cambriolage avec effraction dans un logement, ses dépendances ou un local ouvert au public : la forme aggravée la plus sévère.
La notion de domicile habité vise le lieu où une personne réside effectivement, même temporairement. Une résidence fermée hors saison, un garage indépendant ou un local purement professionnel n’entrent pas automatiquement dans cette catégorie.
Peine : 2 à 5 ans d’emprisonnement.
Art. 242 CP
Vol avec violence
Soustraction avec violence ou intimidation sur les personnes : vols à l’arraché, braquages, vols sous la menace d’une arme.
La violence doit être dirigée contre une personne et servir la soustraction elle-même. Un mouvement pour se dégager, ou une bousculade sans lien avec la prise du bien, relève d’une qualification sensiblement moins lourde.
Peine : 2 à 5 ans · avec armes, 3,5 à 5 ans.
Art. 244 CP
Vol et vol d’usage de véhicules
Soustraction d’un véhicule sans intention de se l’approprier définitivement : figure spécifique avec ses propres peines.
Tout tient à l’intention : restituer le véhicule, ou l’abandonner en état d’être retrouvé, distingue cette figure du vol proprement dit. Le comportement postérieur aux faits devient donc un élément de preuve central.
Peine : travaux d’intérêt général ou amende · avec effraction, prison.
Art. 298 CP
Recel
Acquérir ou tirer profit des effets d’une infraction patrimoniale commise par autrui, dans un but lucratif.
Le receleur doit avoir connu l’origine illicite des biens ; la simple imprudence dans l’achat ne suffit pas. Prix anormalement bas, absence de facture ou canal de vente servent d’indices, jamais de preuve automatique.
Peine : 6 mois à 2 ans d’emprisonnement.
Art. 244/623
Multirécidive
La réforme contre la multirécidive durcit le traitement des contraventions pénales réitérées : défense spécifique.
L’aggravation suppose des condamnations antérieures définitives, régulièrement notifiées et non effacées par le temps écoulé. Vérifier l’état exact du casier judiciaire est souvent plus utile que discuter les faits eux-mêmes.
Effet : aggravation des contraventions réitérées.
Arts. 16–62 CP
Tentative et désistement
Une grande partie de ces infractions restent au stade de la tentative : la réduction d’un ou deux degrés est une ligne de défense essentielle.
Le désistement volontaire, lorsque l’auteur renonce avant la consommation, peut écarter la peine encourue pour l’infraction tentée. Encore faut-il que l’abandon soit spontané, et non provoqué par l’arrivée des forces de l’ordre.
Peine : inférieure de 1 ou 2 degrés.