Arts. 248–249 CP
Escroquerie (forme de base)
Manœuvre suffisante provoquant l’erreur de la victime, acte de disposition patrimoniale et préjudice. Le noyau de toute escroquerie.
Les quatre éléments doivent s’enchaîner dans cet ordre : rompre un seul maillon — l’erreur, le lien de causalité ou l’antériorité de l’intention — suffit à faire sortir les faits du champ pénal.
Peine : 6 mois à 3 ans d’emprisonnement.
Art. 250 CP
Escroquerie aggravée
Gravité particulière tenant au montant, abus de relations personnelles, atteinte au logement ou victimes multiples.
Les circonstances aggravantes ne se cumulent pas mécaniquement : leur application suppose une motivation propre, et les contester est souvent plus utile que de discuter le fait principal.
Peine : 1 à 6 ans + amende · hyper-aggravée, 4 à 8 ans.
Art. 249.1.a CP
Escroquerie informatique
Manipulation informatique ou artifice semblable : phishing, fraudes à la banque en ligne et achats-ventes frauduleux sur internet.
Ici, la tromperie s’adresse à un système plutôt qu’à une personne : la question n’est plus l’erreur de la victime mais la manipulation du processus automatisé, ce qui déplace toute la discussion probatoire.
Peine : 6 mois à 3 ans · aggravable par l’art. 250.
Art. 250.1.7º CP
Escroquerie au jugement
Manipulation de la preuve ou tromperie du tribunal dans une procédure judiciaire afin d’obtenir une décision préjudiciable à autrui.
La victime est ici la juridiction elle-même : il faut démontrer que la pièce ou l’allégation a été déterminante de la décision rendue, et non simplement inexacte.
Peine : 1 à 6 ans + amende.
Art. 282 bis CP
Escroquerie aux investisseurs
Falsification d’informations économiques et financières pour capter des investisseurs : sociétés d’investissement fictives et produits opaques.
L’accent porte sur la falsification de l’information diffusée aux investisseurs : la défense se construit sur la matérialité des données publiées et sur la chaîne des personnes qui les ont validées.
Peine : 1 à 4 ans · aggravée jusqu’à 6.
Art. 251 CP
Escroquerie immobilière
Double vente, dissimulation de charges et disposition de biens sans pouvoir : les escroqueries propres au marché immobilier.
La double vente et la dissimulation de charges se prouvent par le registre et par la chronologie notariale ; la défense porte le plus souvent sur la connaissance effective de la situation au moment de l’acte.
Peine : 1 à 4 ans d’emprisonnement.
Art. 253 CP
Abus de confiance
Frontière technique avec l’escroquerie : la distinction correcte entre les deux qualifications peut changer la peine et toute la stratégie du dossier.
La différence tient au moment de la tromperie : dans l’escroquerie elle précède la remise, dans l’appropriation elle survient après une remise licite — un déplacement qui change la peine et les moyens de défense.
Peine : 6 mois à 6 ans selon le montant.
Arts. 257–258 CP
Insolvabilité du débiteur
Lorsque l’auteur se déclare insolvable : actions en révocation, organisation d’insolvabilité et localisation du patrimoine dissimulé.
Ces qualifications servent surtout à récupérer : elles permettent d’attaquer les transferts destinés à vider le patrimoine et de rattacher au dossier des biens placés au nom de tiers.
Peine : 1 à 4 ans + amende.
Art. 31 bis CP
Responsabilité de l’entreprise
Mise en cause des personnes morales utilisées comme véhicule de l’escroquerie, et défense de l’entreprise visée.
Lorsqu’une société a servi de véhicule, il faut distinguer l’entité instrumentalisée de l’entité bénéficiaire : cette distinction commande à la fois la mise en cause et l’étendue de la responsabilité civile.
Conséquences : amende, suspension ou dissolution.