L’article 311 du Code pénal espagnol punit l’imposition aux salariés de conditions de travail portant atteinte à leurs droits, ainsi que l’emploi non déclaré d’une pluralité de travailleurs.
Sont punis des peines de six mois à six ans de prison et d’une amende de six à douze mois :
1.º Ceux qui, par tromperie ou par abus d’une situation de nécessité, imposent aux travailleurs à leur service des conditions de travail ou de sécurité sociale portant atteinte, supprimant ou restreignant les droits qui leur sont reconnus par des dispositions légales, des conventions collectives ou le contrat individuel.
2.º Ceux qui imposent des conditions illégales à leurs travailleurs en recourant à leur engagement sous des formes étrangères au contrat de travail, ou les maintiennent malgré une mise en demeure ou une sanction administrative.
3.º Ceux qui emploient simultanément une pluralité de travailleurs sans communiquer leur affiliation au régime de sécurité sociale correspondant ou, le cas échéant, sans avoir obtenu l’autorisation de travail correspondante, à condition que le nombre de travailleurs concernés soit au moins de :
a) vingt-cinq pour cent, dans les entreprises ou établissements employant plus de cent travailleurs,
b) cinquante pour cent, dans les entreprises ou établissements employant plus de dix et pas plus de cent travailleurs, ou
c) la totalité de ceux-ci, dans les entreprises ou établissements employant plus de cinq et pas plus de dix travailleurs.
4.º Ceux qui, en cas de transmission d’entreprise, en connaissance des procédés décrits aux paragraphes précédents, maintiennent lesdites conditions imposées par un autre.
5.º Si les comportements indiqués aux paragraphes précédents sont réalisés avec violence ou intimidation, les peines supérieures d’un degré sont infligées.
Traduction de travail établie par Société Juridique à partir du texte espagnol consolidé publié au Journal officiel de l’État. Elle n’a aucun caractère officiel : la seule version faisant foi est l’original espagnol, disponible au Journal officiel de l’État et reproduit mot pour mot dans notre fiche en espagnol relative à cette disposition. Source : loi organique 10/1995 du 23 novembre, Code pénal espagnol.
Contester la tromperie ou l’abus de nécessité. Le numéro 1.º exige une tromperie ou un abus d’une situation de nécessité. Le simple non-respect d’une convention collective, ou une divergence sur la classification professionnelle, relève de la juridiction sociale et non du droit pénal.
Vérifier les seuils du numéro 3.º. Les proportions de vingt-cinq, cinquante et cent pour cent doivent être calculées sur l’effectif réel de l’établissement à la date des faits. Le décompte des travailleurs, y compris les temps partiels et les intérimaires, est fréquemment erroné.
Établir la voie administrative préalable. Le numéro 2.º suppose, pour la modalité de maintien, une mise en demeure ou une sanction administrative antérieure. Son absence prive cette modalité de fondement.
Délimiter la responsabilité individuelle. La responsabilité pénale exige l’identification de la personne physique ayant décidé les conditions imposées. La délégation de la gestion du personnel doit être établie par les documents internes.
Régulariser la situation des travailleurs. La régularisation des affiliations et le paiement des arriérés avant l’audience ouvrent l’atténuante de l’article 21.5.ª et affaiblissent la démonstration de l’intention d’imposer des conditions illégales.
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La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat.