Ce que nous défendonsNos domaines de travail sur la preuve électronique
Obtention, expertise et contestation de la preuve électronique conformément à la LECrim et à la jurisprudence du Tribunal Suprême (Tribunal Supremo). Chaque catégorie ci-dessous correspond à un régime distinct : la mesure autorisée, la garantie qui la conditionne et le défaut qui, en pratique, se rencontre le plus souvent.
Arts. 588 bis et s. LECrim
Actes d’enquête technologique
Contrôle de légalité des mesures : principes de spécialité, d’adéquation, d’exception, de nécessité et de proportionnalité. Ces principes ne sont pas décoratifs : ils imposent que la mesure vise des faits déterminés et non une exploration générale, et que son étendue soit justifiée au regard de la gravité de l’infraction poursuivie.
Vice fréquent : motivation insuffisante de l’ordonnance.
Art. 588 sexies LECrim
Perquisition des appareils
Accès aux ordinateurs, téléphones et espaces de stockage en nuage : une autorisation judiciaire spécifique est exigée, même lors d’une perquisition domiciliaire. La saisie matérielle de l’appareil et l’accès à son contenu sont deux opérations distinctes, et la première n’emporte jamais la seconde. Le stockage en nuage pose une difficulté supplémentaire, puisque les données ne se trouvent pas dans le lieu perquisitionné.
Vice fréquent : copie réalisée sans garanties ni empreinte hash.
Art. 588 ter LECrim
Interception des communications
Écoutes et accès aux données de trafic : contrôle des délais, des prolongations et de la motivation de chaque extension de la mesure. La motivation ne peut se limiter à reproduire la demande policière ; elle doit exposer les indices qui la fondent. Les données de trafic et le contenu obéissent par ailleurs à des régimes distincts, ce qui appelle un examen séparé de chacun.
Vice fréquent : prolongations automatiques non motivées.
Art. 588 ter k LECrim
Identification par adresse IP
L’adresse IP identifie une connexion, non une personne : nous exigeons — ou nous construisons — la preuve complémentaire d’imputation. Une connexion partagée, un réseau ouvert ou un routage par serveur intermédiaire suffisent à rompre le lien avec un utilisateur déterminé. La question n’est donc pas de savoir si l’adresse est exacte, mais ce qu’elle démontre réellement.
Vice fréquent : saut inférentiel entre l’IP et l’auteur.
STS 300/2015
Messageries instantanées
WhatsApp, Telegram, courriels : authentification par expertise face à la facilité de manipulation des captures d’écran. Ce qui est contesté n’est pas seulement le contenu du message mais son origine, son intégrité et sa complétude — une conversation tronquée peut être authentique et trompeuse à la fois. L’extraction depuis l’appareil source reste la seule voie solide.
Vice fréquent : captures d’écran sans support d’expertise.
Expertise forensique
Clonage, empreinte hash et chaîne de conservation
Acquisition forensique des éléments de preuve avec double copie, fonction de hachage et traçabilité documentée de chaque accès. Le principe est que le travail d’analyse ne porte jamais sur l’original : celui-ci est scellé, et l’empreinte calculée à l’acquisition permet à tout moment de vérifier que la copie examinée lui correspond exactement.
Effet : intégrité vérifiable devant le tribunal.
Art. 11.1 LOPJ
Contestation de la preuve illicite
Exclusion de la preuve obtenue en violation des droits fondamentaux et de ses dérivées : le lien d’illicéité. L’enjeu dépasse la pièce écartée, car il atteint tout ce qui a été découvert grâce à elle. La discussion porte alors sur l’existence d’une source indépendante ou d’une déconnexion suffisante entre la violation initiale et l’élément produit.
Effet : nullité de la preuve à charge.
Expertise on-chain
Crypto-actifs et traçabilité
Analyse de la blockchain, attribution des portefeuilles et suivi des fonds jusqu’aux plateformes d’échange qui identifient leurs clients.L’attribution reste le point faible habituel : regrouper des adresses relève d’une hypothèse méthodologique qui doit être exposée pour être discutée.
Effet : localisation et gel des avoirs.
Enquêtes internes
e-Discovery en entreprise
Analyse forensique des systèmes de l’entreprise dans les enquêtes internes, dans le respect des droits des salariés. Une enquête menée sans cadre préalable produit des éléments fragiles : ce qui est recueilli en méconnaissance des droits du salarié risque d’être écarté, et l’entreprise se retrouve alors sans la preuve dont elle avait besoin.
Effet : éléments de preuve utilisables à l’audience.