Art. 264 CP
Rançongiciel et sabotage
Atteintes aux systèmes informatiques, déni de service et chiffrement extorsif des systèmes : poursuite pénale des attaquants.
Le chiffrement des serveurs relève à la fois de l’atteinte aux systèmes et de l’extorsion, puisque la restitution est monnayée : retenir ce concours dès la plainte élargit les actes d’enquête accessibles.
Peine : jusqu’à 8 ans dans les cas aggravés.
Arts. 248–250 CP
Fraude au président · BEC
Virements détournés au moyen d’une usurpation d’identité : traçage urgent, rappel bancaire des fonds et constitution de partie civile.
Tout se joue sur la vitesse du rappel bancaire et sur l’identification des comptes relais avant que les fonds ne soient fractionnés ; la qualification aggravée, elle, dépend du procédé et du montant.
Clé : agir dans les 24-48 premières heures.
Arts. 278–280 CP
Exfiltration et espionnage
Vol de secrets d’affaires par des salariés ou par des tiers : enquête interne, expertise forensique et actions pénales.
La protection pénale du secret d’affaires suppose de prouver que l’information était effectivement tenue secrète : contrôle des accès, clauses de confidentialité, marquage des documents.
Peine : 2 à 4 ans · diffusion 3 à 5.
Art. 197 bis CP
Intrusions et accès illicites
Accès non autorisés aux systèmes de la société : démonstration technique de l’accès et de son auteur.
L’accès illicite se consomme par le seul franchissement d’une mesure de sécurité, sans qu’un dommage soit exigé : c’est souvent la qualification la plus simple à établir pour ouvrir l’instruction.
Peine : 6 mois à 2 ans.
RGPD art. 33
Notification à l’AEPD
Évaluation de la violation de données et notification dans les 72 heures : contenu, risques et communication aux personnes concernées.
Ce texte sera relu par l’autorité, par les personnes concernées et parfois par le juge pénal : il doit correspondre exactement à ce que la preuve technique peut soutenir.
Délai : 72 heures à compter de la connaissance du fait.
NIS2 · DORA
Conformité sectorielle
Obligations de notification et de gestion des incidents pour les secteurs essentiels et les entités financières.
Une contradiction entre le rapport sectoriel et la notification à l’AEPD se retourne contre l’entreprise dans les deux procédures : la cohérence entre les canaux est décisive.
Cadre : NIS2, DORA et réglementation sectorielle.
Forensique
Analyse forensique de l’incident
Acquisition des éléments de preuve avec chaîne de conservation, analyse des vecteurs d’attaque et rapport d’expertise utilisable à l’audience.
Réinstaller un serveur pour reprendre l’activité détruit ce qui aurait identifié le vecteur d’entrée : l’acquisition doit précéder le rétablissement, avec une traçabilité écrite de chaque manipulation.
Clé : contenir sans détruire la preuve.
Négociation
Gestion de l’extorsion
Conseil juridique dans les scénarios de rançon : implications pénales, sanctions internationales et communication.
Mal conduit, le contact expose la société à traiter avec une entité sous sanctions et à voir la décision reprochée à ses dirigeants ; chaque échange doit être documenté et rattaché à une délibération.
Risque : paiements à des entités sous sanctions.
Art. 31 bis CP
Défense de la société mise en cause
Lorsque l’incident révèle des infractions internes ou que la société fait l’objet d’une enquête : défense de l’entité et de ses dirigeants.
La responsabilité de la personne morale se discute sur l’effectivité d’un modelo de organización y gestión — programme de conformité pénale — antérieur aux faits, non sur sa mise à jour ultérieure.
Couverture : entité, administrateurs et salariés.