Ce que nous défendonsLes qualifications pénales qui se cumulent dans une usurpation
Un même fait — ouvrir un compte, souscrire un crédit ou créer un faux profil au nom d’autrui — peut activer simultanément plusieurs incriminations, en concours d’infractions. Voici les qualifications qui reviennent le plus souvent dans les procédures relatives à l’usage frauduleux de l’identité d’autrui.
Art. 401 CP
Usurpation d’état civil
Exige de se substituer durablement à la personnalité entière d’un tiers, en exerçant ses droits et ses obligations. La jurisprudence exclut l’usage isolé du nom d’autrui pour une démarche ponctuelle, requalifié en faux ou en escroquerie.
Six mois à trois ans d’emprisonnement
Art. 249 CP
Escroquerie et escroquerie informatique
Depuis la réforme du Code pénal espagnol, l’escroquerie intègre expressément les manipulations informatiques et les transferts non consentis d’actifs patrimoniaux. C’est le texte applicable à la majorité des fraudes commises avec l’identité de la victime.
Six mois à trois ans d’emprisonnement
Art. 250 CP
Escroquerie aggravée
Aggrave la peine lorsque concourent notamment une gravité particulière tenant à la valeur du préjudice, un abus de relations personnelles ou une victime particulièrement vulnérable en raison de son âge ou de sa situation.
Un à six ans d’emprisonnement et amende
Art. 197 CP
Atteinte au secret et aux données personnelles
Réprime l’appropriation de courriels, de messages ou de documents ainsi que l’accès, l’utilisation ou la modification non autorisée de données personnelles enregistrées dans des fichiers ou sur tout support. La divulgation ultérieure à des tiers aggrave la peine.
Un à quatre ans d’emprisonnement et amende
Art. 197 bis CP
Accès illicite à un système d’information
Sanctionne l’accès à tout ou partie d’un système informatique en violation des mesures de sécurité mises en place, ainsi que l’interception de transmissions non publiques de données. C’est le texte habituel en cas d’intrusion dans les comptes et les profils d’autrui.
Six mois à deux ans d’emprisonnement
Art. 390 à 395 CP
Faux et usage de faux
Couvre la falsification par un particulier de documents publics, officiels et commerciaux ainsi que celle des documents privés. La souscription de contrats, d’abonnements ou de demandes avec la signature ou les données d’autrui relève le plus souvent de ces textes.
Six mois à trois ans d’emprisonnement et amende
Art. 399 bis et 400 bis CP
Cartes de paiement et documents d’identité
L’article 399 bis réprime la falsification des cartes de crédit ou de débit et leur usage au préjudice d’autrui ; l’article 400 bis assimile au faussaire celui qui utilise sciemment un document d’identité falsifié ou un document authentique appartenant à un tiers.
Quatre à huit ans d’emprisonnement pour la falsification
Art. 172 ter CP
Harcèlement et usage abusif des données d’autrui
Outre le harcèlement persistant, ce texte incrimine expressément l’usage abusif des données personnelles de la victime pour acquérir des produits, souscrire des services ou amener des tiers à entrer en contact avec elle.
Trois mois à deux ans d’emprisonnement ou amende
Art. 173.1, 205 et 208 CP
Faux profil sur les réseaux sociaux
Créer un faux profil à l’identité d’un tiers peut constituer un traitement dégradant portant gravement atteinte à l’intégrité morale, ou donner lieu à diffamation et injure selon les contenus diffusés, sans préjudice de l’action civile pour atteinte à l’honneur et à l’image fondée sur la loi organique 1/1982.
Six mois à deux ans d’emprisonnement pour l’art. 173.1