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Protection des victimes · Violence domestique et de genre · Alicante · Madrid · Toute l’Espagne

L’ordonnance de protection en Espagne

Ici, on ne se contente pas de défendre des affaires : on maîtrise leurs conséquences.

Une seule décision, rendue en soixante-douze heures, qui réunit des mesures pénales — éloignement, interdiction de communiquer, expulsion du domicile — et des mesures civiles — garde des enfants, usage du logement, pension alimentaire. Que vous sollicitiez cette protection ou que vous la subissiez, l’audience urgente de l’article 544 ter de la loi de procédure pénale espagnole se joue avec ce que chaque partie apporte ce jour-là.

En bref. Ordonnance de protection en Espagne : conditions de l’article 544 ter, audience urgente en 72 heures, mesures pénales et civiles, durées et recours.

Pourquoi c’est différent

72 h
Délai maximal dans lequel le juge de permanence convoque l’audience urgente et statue sur la demande.
30 + 30
Jours de validité des mesures civiles : trente jours, prorogeables de trente si la procédure familiale est engagée dans ce délai.
468 CP
La violation de l’ordonnance constitue une infraction autonome, même lorsque la personne protégée y consent.

Une décision d’urgence qui n’admet ni automatismes ni improvisation

L’ordonnance de protection espagnole (orden de protección) concentre en trois jours ce qu’aucune autre procédure ne réunit : un volet pénal et un volet civil dans une seule résolution urgente. Pour la personne qui la demande, c’est un bouclier immédiat et l’accès aux dispositifs d’assistance sociale. Pour la personne mise en cause, c’est une décision qui bouleverse son logement, son travail et sa relation avec ses enfants après une audience très brève. Les deux situations exigent la même rigueur technique.

La loi ne se contente pas d’une plainte. L’article 544 ter de la loi de procédure pénale espagnole (Ley de Enjuiciamiento Criminal, en abrégé LECrim) subordonne la mesure à des indices fondés d’une infraction contre la vie, l’intégrité physique ou morale, la liberté ou la liberté sexuelle, commise sur l’une des personnes énumérées à l’article 173.2 du Code pénal espagnol, et à une situation objective de risque qui rende la protection nécessaire. Ces deux conditions sont cumulatives et se discutent : une ordonnance accordée par simple automatisme de protocole, sans appréciation individualisée du risque, est une ordonnance fragile en appel. À l’inverse, une demande mal documentée laisse sans protection une personne qui en avait besoin.

Notre travail consiste à préparer cette audience comme une audience de fond miniature : qualification des faits, identification des personnes protégées, dimensionnement des distances et des interdictions, articulation immédiate avec la procédure familiale et anticipation du contentieux ultérieur.

Ce que nous traitons

L’ordonnance de protection, disposition par disposition

Assistance de la partie plaignante et défense de la personne mise en cause dans le régime des articles 544 bis, 544 ter et 544 quinquies de la loi de procédure pénale espagnole.

Art. 544 bis LECrim

Éloignement conservatoire général

Le juge peut interdire, par décision motivée, de résider ou de se rendre dans certains lieux, quartiers, communes ou communautés autonomes, et de s’approcher ou de communiquer avec des personnes déterminées. La réforme opérée par la loi organique 1/2026 y ajoute expressément la finalité d’éviter la réitération de l’infraction, ce qui ouvre la mesure au-delà des seules infractions violentes.

Portée : infractions visées à l’article 57 du Code pénal espagnol.
Art. 544 bis · pondération

Les critères que le juge doit peser

La décision doit tenir compte de la situation économique de la personne mise en cause, de son état de santé, de sa situation familiale et de son activité professionnelle. Ces critères ne sont plus une simple recommandation de bonne pratique : ils figurent dans le texte, ce qui rend contestable un éloignement qui empêche de travailler sans que cette conséquence ait été appréciée.

Effet : un éloignement non pondéré est attaquable pour ce seul motif.
Art. 544 bis · non-respect

Ce qui se passe en cas de manquement

L’inobservation d’une mesure de l’article 544 bis oblige le juge à convoquer la comparution prévue à l’article 505 afin d’examiner le placement en détention provisoire, l’ordonnance de protection ou toute autre mesure plus restrictive. Pour les infractions relevant de la loi organique 10/2022, le contrôle télématique du respect de la mesure est possible.

Effet : réexamen immédiat, détention provisoire envisageable.
Art. 544 ter.1 LECrim

Les deux conditions de fond

La protection suppose des indices fondés d’une infraction contre la vie, l’intégrité physique ou morale, la liberté ou la liberté sexuelle, commise sur l’une des personnes énumérées à l’article 173.2 du Code pénal espagnol, et une situation objective de risque rendant la mesure nécessaire. Les deux conditions se démontrent et se discutent séparément.

Point clé : le risque doit être apprécié individuellement.
Art. 544 ter.2 LECrim

Qui peut la demander

La demande peut émaner de la personne victime, de ses proches, du ministère public, ou la mesure peut être adoptée d’office. Les services de police sont tenus de mettre à disposition le formulaire normalisé. Le ministère d’avocat n’est pas exigé pour déposer la demande, mais la préparation juridique du dossier change nettement l’issue de l’audience.

Point clé : le formulaire ne limite pas ce qui peut être produit.
Art. 544 ter.4 LECrim

L’audience urgente

Le juge de permanence convoque, dans un délai maximal de soixante-douze heures, une audience réunissant la personne victime, la partie demanderesse, le ministère public et la personne mise en cause assistée de son avocat, en évitant toute confrontation visuelle. Il s’agit d’un véritable incident contradictoire, bref mais décisif.

Délai : soixante-douze heures au maximum.
Art. 544 ter.6 LECrim

Les mesures pénales

Éloignement, interdiction de communiquer et expulsion du domicile relèvent de la loi de procédure pénale et durent le temps que le juge détermine pendant la procédure. Ce sont elles qui activent le dispositif policier de protection. Elles n’ont pas de durée légale maximale, mais elles ne sont pas perpétuelles : leur révision se demande avec des faits nouveaux.

Durée : celle fixée par le juge pendant la procédure.
Art. 544 ter.7 LECrim

Les mesures civiles

Garde des enfants, droit de visite, usage du logement familial et pension alimentaire peuvent être décidés pour trente jours. Si la procédure familiale est engagée dans ce délai, ils sont prorogés de trente jours supplémentaires jusqu’à ce que le juge civil statue. Passé ce délai sans saisine, la situation antérieure reprend son cours.

Durée : trente jours, prorogeables de trente.
Art. 544 ter.9 et 544 quinquies

Inscription et protection des mineurs

L’ordonnance est inscrite au registre central de protection des victimes et communiquée aux administrations compétentes, ce qui déclenche les protocoles d’assistance sociale et les communications aux établissements scolaires. L’article 544 quinquies permet en outre, dans les infractions de l’article 57 du Code pénal espagnol, de suspendre l’autorité parentale ou le droit de visite.

Portée : mesures gravissimes, motivation renforcée exigée.

Cadre légal

Synthèse des délais et des effets

Repère rapide du régime applicable. La portée concrète de chaque mesure dépend des faits, du risque apprécié par le juge et de la phase de la procédure.

Mesure ou notionDispositionDurée ou délaiPoint de vigilance
Audience urgente72 hArt. 544 ter.4 LECrimSoixante-douze heures au maximumComparaître assisté d’un avocat : l’absence n’empêche pas la décision
Mesures pénalesArt. 544 ter.6 LECrimLe temps fixé par le juge pendant la procédureAucune durée légale maximale : révision possible si le risque décroît
Mesures civilesArt. 544 ter.7 LECrimTrente joursElles tombent si la procédure familiale n’est pas engagée dans le délai
Prorogation civileArt. 544 ter.7 LECrimTrente jours supplémentairesJusqu’à ce que le juge civil statue sur le fond
Éloignement conservatoireArt. 544 bis LECrimPendant la procédurePondération obligatoire du travail, de la santé et de la situation familiale
Manquement au 544 bisArt. 544 bis LECrimConvocation immédiateComparution de l’article 505 : détention provisoire envisageable
Mesures sur les mineursArt. 544 quinquies LECrimDécision motivée du jugeSuspension de l’autorité parentale ou du droit de visite
Violation de l’ordonnanceArt. 468 du Code pénalInfraction autonomeLe consentement de la personne protégée n’efface pas l’infraction

Régime indicatif fondé sur la loi de procédure pénale espagnole en vigueur. Ces indications ne constituent pas un conseil juridique : l’appréciation du risque et le contenu des mesures exigent l’analyse individualisée de chaque dossier.

Notre différence

Là où la mesure d’urgence rencontre l’analyse forensique

Dans une ordonnance de protection, la preuve utile est presque toujours documentaire, médicale et numérique : messages, appels, enregistrements, certificats de lésions, témoins directs. Elle doit être disponible et exploitable en soixante-douze heures. C’est pourquoi nous appliquons LIWARDLegal Intelligence Warfare for Defense—, notre méthodologie propre qui intègre intelligence juridique, analytique jurisprudentielle, analyse financière et comptable et e-forensic dans une seule stratégie procédurale.

Elle sert aussi à éviter les erreurs qui se répètent des deux côtés de la salle : arriver à l’audience sans avoir structuré la preuve disponible ; ne pas comparaître, en croyant que l’absence bloquera la décision alors qu’elle ne l’empêche pas ; répondre aux messages de la personne protégée ou accepter un contact « autorisé » par elle, alors que la violation de la mesure reste punissable par l’article 468 du Code pénal espagnol même avec son consentement ; laisser expirer les trente jours des mesures civiles sans engager la procédure familiale ; demander la modification d’un éloignement avec des plaintes plutôt qu’avec des faits nouveaux documentés.

i.

Intelligence juridique

Cartographie de la procédure, analyse jurisprudentielle et repérage précoce des faiblesses probatoires : conditions de fond réellement établies, appréciation individualisée du risque, motivation de la décision.

ii.

Analyse financière et comptable

Reconstruction des charges du foyer, des revenus et de l’usage réel du logement pour dimensionner correctement pension alimentaire, attribution du domicile et conséquences professionnelles de l’éloignement.

iii.

Preuve numérique · e-forensic

Chaîne de conservation, certification et lecture intégrale des messages, audios et données de localisation : le fragment isolé se retourne souvent contre celui qui le produit.

iv.

Stratégie procédurale

Décision précise à chaque étape : contenu de la demande, position à l’audience, appel, demande de modification ou de mainlevée, articulation avec la procédure familiale et suivi du dossier.

Comment nous intervenons

Une stratégie soutenue à toutes les phases

Phase 01

Demande ou notification

Réception de la demande de protection ou de la convocation à l’audience. Nous fixons immédiatement le périmètre : faits, personnes concernées, existence d’enfants mineurs, logement, emploi, et nous listons la preuve réellement mobilisable dans le délai disponible.

Phase 02

Préparation dans les soixante-douze heures

Recueil et certification des éléments : certificats médicaux, plaintes antérieures, messages et enregistrements traités avec la rigueur d’une expertise, témoins directs. Du côté de la défense, éléments à décharge immédiats et contexte complet des échanges.

Phase 03

Audience urgente et décision

Assistance devant le juge de permanence : demande motivée et dimensionnée du côté de la partie protégée, opposition argumentée et proposition de mesures proportionnées du côté de la défense, avec attention particulière au volet civil et aux enfants.

Phase 04

Recours, révision et suivi

Appel de la décision, demandes de modification ou de mainlevée lorsque les circonstances changent, engagement de la procédure familiale dans le délai de trente jours et surveillance des obligations nées de l’inscription au registre.

Qui nous accompagnons

Chaque situation exige une approche différente

E

Personnes protégées

Accompagnement dans la demande d’ordonnance : rédaction du récit, production ordonnée des certificats médicaux, des antécédents et de la preuve numérique, et articulation immédiate avec la procédure familiale pour que la protection civile ne s’éteigne pas au bout de trente jours.

D

Personnes mises en cause

Défense à l’audience urgente et ensuite : contestation des conditions de fond, preuve à décharge, proposition de mesures proportionnées, appel et demandes de modification lorsque les circonstances évoluent. Nous expliquons aussi, sans détour, ce que la mesure interdit exactement.

I

Familles et enfants

Coordination du volet civil : garde, droit de visite, usage du logement et pension alimentaire, y compris lorsque l’article 544 quinquies conduit à suspendre l’autorité parentale ou les visites. L’intérêt de l’enfant se documente, il ne se proclame pas.

V

Francophones résidant en Espagne

Prise en charge en français d’une procédure qui se déroule en espagnol : compréhension exacte de la décision, des distances imposées et des interdictions de contact, relations avec les services d’assistance et suivi à distance depuis la France, la Belgique ou la Suisse.

Questions fréquentes

Ce qu’il faut savoir avant l’audience

Combien de temps faut-il pour obtenir une ordonnance de protection, et combien de temps dure-t-elle ?
La décision intervient dans un délai maximal de soixante-douze heures à compter de la demande, à l’issue d’une audience urgente. Les mesures pénales durent le temps que le juge les maintient pendant la procédure ; les mesures civiles sont prévues pour trente jours, prorogeables de trente si la procédure familiale est engagée dans ce délai. Ce n’est donc pas une décision définitive : elle se révise, se conteste et s’adapte au risque réellement constaté.
Faut-il un avocat pour demander une ordonnance de protection ?
Non : la demande peut être déposée par la personne victime, ses proches ou le ministère public, et les services de police doivent mettre à disposition le formulaire normalisé. Mais le formulaire ne limite pas ce qui peut être produit : la demande peut être complétée et documentée devant la juridiction. En pratique, la préparation juridique du dossier et la structuration de la preuve pèsent lourdement sur l’issue de l’audience.
Que se passe-t-il si la personne mise en cause ne se présente pas à l’audience ?
Son absence n’empêche pas l’adoption de l’ordonnance. C’est l’une des erreurs les plus coûteuses : la décision est prise avec les seuls éléments présents au dossier. Il faut comparaître et être assisté d’un avocat, apporter les éléments à décharge disponibles et proposer, le cas échéant, des mesures proportionnées plutôt que de subir celles qui seront décidées sans contradiction utile.
Quelles preuves apporter à l’audience des soixante-douze heures ?
Tout ce qui est disponible dans ce délai : certificats médicaux, plaintes antérieures, messages et enregistrements traités et conservés selon les exigences de l’expertise numérique, témoins directs. Du côté de la défense, éléments de localisation, témoins et échanges complets replacés dans leur contexte. L’audience est brève : la partie qui arrive avec une preuve structurée obtient beaucoup plus souvent la décision qu’elle demandait.
Une ordonnance que j’estime injustifiée a été rendue : que puis-je faire ?
Elle peut être contestée par la voie de l’appel et, si les circonstances évoluent, faire l’objet d’une demande de modification ou de mainlevée. Ces demandes se construisent avec des faits nouveaux documentés — décision de classement partiel, changement de domicile, contraintes professionnelles établies, alternative sûre proposée — et non avec des considérations générales. Tant qu’elle est en vigueur, la mesure doit être respectée à la lettre.
La personne protégée me contacte : puis-je répondre ?
Non. La violation d’une mesure d’éloignement ou d’interdiction de communiquer constitue une infraction autonome au titre de l’article 468 du Code pénal espagnol, y compris lorsque la personne protégée y consent ou prend elle-même l’initiative du contact. Un seul message peut ruiner une défense solide sur le fond. La seule voie correcte consiste à demander au juge la modification de la mesure.

Société de Conseil Juridique et Expert

Dans une ordonnance de protection, tout se joue en soixante-douze heures

Que vous cherchiez à obtenir cette protection ou que vous deviez y répondre, cette page est informative et ne remplace pas l’examen de votre dossier. Parlons-en avant que l’audience ne décide à votre place.

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