Art. 169.1º CP
Menaces conditionnelles
Menace d’un mal constitutif d’infraction assortie de l’exigence d’une somme ou d’une condition : elle recouvre l’extorsion et le chantage.
La peine varie selon que la condition a été obtenue ou non : l’exigence formulée suffit à consommer l’infraction, son succès n’en est qu’un facteur d’aggravation. Ce point est fréquemment mal apprécié dans les plaintes initiales.
Peine : 1 à 5 ans si la condition est obtenue.
Art. 169.2º CP
Menaces non conditionnelles
Menace grave sans exigence de condition : la qualification courante dans les conflits personnels et de voisinage.
L’absence de condition ne rend pas la qualification plus légère par principe : c’est la gravité du mal annoncé qui la détermine, appréciée au regard de la capacité réelle de son auteur à le mettre à exécution.
Peine : 6 mois à 2 ans d’emprisonnement.
Art. 171 CP
Menace d’un mal non constitutif d’infraction
Menaces conditionnelles portant sur un mal non constitutif d’infraction, y compris la révélation de secrets (chantage).
La frontière avec l’exercice légitime d’un droit est étroite : annoncer que l’on va déposer plainte, saisir une juridiction ou résilier un contrat n’est pas une menace, sauf si l’annonce sert à obtenir un avantage indu.
Peine : 3 mois à 1 an ou amende.
Art. 172 CP
Contraintes
Empêcher par la violence de faire ce que la loi n’interdit pas, ou contraindre à faire ce que l’on ne veut pas : la qualification la plus polyvalente du Code pénal.
La contrainte suppose un empêchement effectif, non une simple gêne, et un comportement dépourvu de tout fondement légitime : celui qui exerce un droit reconnu, même de façon désagréable, ne contraint pas au sens pénal.
Peine : 6 mois à 3 ans ou amende.
Art. 172 ter CP
Harcèlement · stalking
Surveillance, poursuite, prise de contact répétée ou usage indu de données altérant gravement la vie quotidienne.
L’infraction exige une réitération formant une véritable ligne de conduite, ainsi qu’une altération grave et démontrable des habitudes de vie. Des contacts espacés, même désagréables, ne suffisent pas à la caractériser.
Peine : 3 mois à 2 ans ou amende.
Art. 171.7 / 172.3 CP
Contraventions pénales (delito leve)
Menaces et contraintes de faible gravité : procès en contravention pénale, sans emprisonnement mais avec inscription au casier judiciaire.
Le procès se tient rapidement et sans instruction préalable, ce qui laisse peu de temps pour préparer la preuve. C’est précisément pourquoi la préservation immédiate des conversations est déterminante dans ces dossiers.
Peine : amende de 1 à 3 mois.
Art. 173.1 CP
Traitement dégradant
Atteinte grave à l’intégrité morale : harcèlement au travail (mobbing), harcèlement immobilier et actes d’intimidation graves.
Ce qui distingue cette qualification des simples contraintes est l’atteinte à l’intégrité morale : une conduite qui humilie et avilit, appréciée dans sa durée et son intensité, et non épisode par épisode.
Peine : 6 mois à 2 ans d’emprisonnement.
Art. 243 CP
Extorsion
Violence ou intimidation pour contraindre à un acte patrimonial préjudiciable : la frontière avec le vol et les menaces conditionnelles.
La différence avec les menaces conditionnelles tient à la nature de l’acte exigé : l’extorsion suppose un acte ou une omission de contenu patrimonial accompli par la victime elle-même, et non une simple remise de biens.
Peine : 1 à 5 ans d’emprisonnement.
Art. 468 CP
Violation de mesures
Non-respect des ordonnances d’éloignement ou des interdictions de communiquer prononcées dans ces procédures.
Le consentement de la personne protégée ne fait pas disparaître l’infraction : la mesure émane d’une juridiction et seule celle-ci peut la lever. C’est une source fréquente de poursuites pour des reprises de contact pourtant acceptées de part et d’autre.
Peine : 6 mois à 1 an (en présence d’une ordonnance).