Article 171 du Code pénal espagnol : Chantage et menaces légères

Réponse brèveL’article 171 du Code pénal espagnol punit les menaces conditionnelles d’un mal ne constituant pas une infraction, de trois mois à un an de prison ou d’une amende de six à vingt-quatre mois ; le chantage consistant à exiger de l’argent sous la menace de révéler des faits de la vie privée, de deux à quatre ans lorsque la remise est obtenue ; et les menaces légères dans le cadre des violences conjugales, de six mois à un an de prison ou de travaux d’intérêt général.

L’article 171 du Code pénal espagnol punit les menaces d’un mal non constitutif d’infraction, le chantage à la révélation de faits privés et les menaces légères commises dans le cercle familial.

Également cité comme : article 171 du Code pénal espagnol · art. 171 CP · 171 cp · artículo 171 del Código Penal.

Texte de l’article 171 du Code pénal espagnol

1. Les menaces d’un mal non constitutif d’infraction sont punies d’une peine de trois mois à un an de prison ou d’une amende de six à vingt-quatre mois, compte tenu de la gravité et des circonstances du fait, lorsque la menace est conditionnelle et que la condition ne consiste pas en un comportement dû. Si le coupable a atteint son but, la peine est infligée dans sa moitié supérieure.

2. Si quelqu’un exige d’autrui une somme ou une récompense sous la menace de révéler ou de diffuser des faits relatifs à sa vie privée ou à ses relations familiales qui ne sont pas publiquement connus et qui peuvent affecter sa réputation, son crédit ou son intérêt, il est puni de la peine de deux à quatre ans de prison s’il a obtenu la remise de tout ou partie de ce qui était exigé, et de celle de quatre mois à deux ans s’il ne l’a pas obtenue.

3. Si le fait décrit au paragraphe précédent consiste en la menace de révéler ou de dénoncer la commission d’une infraction, le ministère public peut, afin de faciliter la répression de la menace, s’abstenir d’accuser du chef de l’infraction dont la révélation a été l’objet de la menace, sauf si celle-ci est punie d’une peine de prison supérieure à deux ans. Dans ce dernier cas, le juge ou le tribunal peut abaisser la sanction d’un ou de deux degrés.

4. Celui qui menace de manière légère la personne qui est ou a été son épouse, ou une femme qui est ou a été liée à lui par une relation d’affection analogue même sans cohabitation, est puni de la peine de six mois à un an de prison ou de travaux au bénéfice de la collectivité de trente et un à quatre-vingts jours et, en tout état de cause, de la privation du droit de détenir et de porter des armes d’un an et un jour à trois ans, ainsi que, lorsque le juge ou le tribunal l’estime adéquat à l’intérêt du mineur ou de la personne handicapée nécessitant une protection particulière, de l’interdiction spéciale d’exercer l’autorité parentale, la tutelle, la curatelle, la garde ou le placement jusqu’à cinq ans.

La même peine est infligée à celui qui menace de manière légère une personne particulièrement vulnérable cohabitant avec l’auteur.

5. Celui qui menace de manière légère, avec des armes ou d’autres instruments dangereux, l’une des personnes visées à l’article 173.2, à l’exception de celles visées au paragraphe précédent du présent article, est puni de la peine de trois mois à un an de prison ou de travaux au bénéfice de la collectivité de trente et un à quatre-vingts jours et, en tout état de cause, de la privation du droit de détenir et de porter des armes d’un à trois ans, ainsi que, lorsque le juge ou le tribunal l’estime adéquat à l’intérêt du mineur ou de la personne handicapée nécessitant une protection particulière, de l’interdiction spéciale d’exercer l’autorité parentale, la tutelle, la curatelle, la garde ou le placement pour une durée de six mois à trois ans.

Les peines prévues aux paragraphes 4 et 5 sont infligées dans leur moitié supérieure lorsque l’infraction est perpétrée en présence de mineurs, ou a lieu au domicile commun ou au domicile de la victime, ou est réalisée en violation d’une peine parmi celles visées à l’article 48 du présent Code ou d’une mesure provisoire ou de sûreté de même nature.

6. Nonobstant les dispositions des paragraphes 4 et 5, le juge ou le tribunal peut, en le motivant dans le jugement, au regard des circonstances personnelles de l’auteur et de celles réunies dans la réalisation du fait, infliger la peine inférieure d’un degré.

7. En dehors des cas précédents, celui qui menace autrui de manière légère est puni de la peine d’amende d’un à trois mois. Ce fait n’est poursuivi que sur dénonciation de la personne lésée ou de son représentant légal.

Lorsque la personne offensée est l’une de celles visées au paragraphe 2 de l’article 173, la peine est celle de la localisation permanente de cinq à trente jours, toujours dans un domicile différent et éloigné de celui de la victime, ou de travaux au bénéfice de la collectivité de cinq à trente jours, ou d’une amende d’un à quatre mois, cette dernière uniquement dans les cas où sont réunies les circonstances exprimées au paragraphe 2 de l’article 84. Dans ces cas, la dénonciation visée à l’alinéa précédent n’est pas exigée.

Traduction de travail établie par Société Juridique à partir du texte espagnol consolidé publié au Journal officiel de l’État. Elle n’a aucun caractère officiel : la seule version faisant foi est l’original espagnol, disponible au Journal officiel de l’État et reproduit mot pour mot dans notre fiche en espagnol relative à cette disposition. Source : loi organique 10/1995 du 23 novembre, Code pénal espagnol.

Peine encourue. Trois mois à un an de prison ou amende pour la menace conditionnelle d’un mal non constitutif d’infraction, deux à quatre ans pour le chantage abouti, et six mois à un an pour les menaces légères dans le couple, avec faculté d’abaissement d’un degré.

Données essentielles

Valeur protégée La liberté et la sécurité de la personne, entendues comme le droit de vivre sans la crainte que produit l’annonce d’un mal.
Structure du texte Menaces conditionnelles d’un mal non constitutif d’infraction au paragraphe 1 ; chantage aux paragraphes 2 et 3 ; menaces légères dans le cadre des violences conjugales aux paragraphes 4 à 7.
Consommation L’infraction est consommée lorsque la menace parvient à son destinataire. Ni la réalisation du mal ni l’exécution de la condition ne sont exigées.
Juridiction de jugement Tribunal pénal en règle générale, aucune peine n’excédant cinq ans. Juge des violences faites aux femmes pour l’instruction des cas du paragraphe 4.
Procédure Information préalable et procédure abrégée. Procédure rapide dans les cas du paragraphe 4 lorsque les conditions de l’article 795 de la Loi de procédure pénale sont réunies.
Prescription Cinq ans, conformément à l’article 131 du Code pénal.
Sursis à l’exécution Possible lorsque la peine n’excède pas deux ans, conformément à l’article 80, sous réserve des règles propres aux violences conjugales.
Délimitation Avec l’article 169, qui exige que le mal annoncé constitue une infraction, et avec l’extorsion et la contrainte de l’article 172.

Éléments constitutifs de l’infraction

  1. Pour le paragraphe 1 : menace conditionnelle d’un mal non constitutif d’infraction, la condition ne consistant pas en un comportement dû.
  2. Pour le chantage : exigence d’une somme ou d’une récompense sous la menace de révéler des faits privés non publiquement connus et susceptibles d’affecter la réputation, le crédit ou l’intérêt.
  3. Pour les paragraphes 4 et 5 : menace légère et qualité de la victime au sein du couple, de la famille ou du foyer.
  4. Pour l’aggravation : présence de mineurs, commission au domicile ou violation d’une peine ou mesure de l’article 48.
  5. Pour le paragraphe 7 : dénonciation de la personne lésée, sauf lorsque la victime relève de l’article 173.2.

Stratégie de défense

Solliciter l’abaissement du paragraphe 6. Le paragraphe 6 permet expressément d’infliger la peine inférieure d’un degré pour les menaces légères des paragraphes 4 et 5. Cette faculté doit être invoquée et étayée, la juridiction devant motiver sa décision dans le jugement.

Contester le caractère non dû de la condition. Le paragraphe 1 exclut la qualification lorsque la condition exigée consiste en un comportement dû. L’exigence du paiement d’une dette échue ou de la restitution d’un bien ne peut donc constituer cette infraction.

Écarter le chantage par la légitimité de l’exigence. Le paragraphe 2 suppose l’absence de tout droit à la somme exigée. Lorsque la réclamation trouve un fondement juridique, l’annonce d’une divulgation peut être illicite sur un autre terrain, sans constituer cette infraction.

Exploiter le mécanisme du paragraphe 3. Le paragraphe 3 permet au ministère public de s’abstenir d’accuser du chef de l’infraction dont la révélation était menacée, ou au juge d’abaisser la sanction d’un ou deux degrés. Cette possibilité doit être exposée lorsque la personne menacée est elle-même mise en cause.

Vérifier l’exigence de dénonciation. La menace légère du paragraphe 7 n’est poursuivie que sur dénonciation de la personne lésée, sauf lorsque la victime relève de l’article 173.2. L’absence de dénonciation constitue une exception procédurale à soulever immédiatement.

Distinguer la menace légère de la menace grave. Le critère de distinction avec l’article 169 est la nature du mal annoncé et son intensité intimidante. La requalification en menace légère produit une réduction très substantielle de la peine et doit être recherchée en priorité.

Jurisprudence applicable

Arrêt du Tribunal suprême 179/2023 du 14 mars, assemblée plénière de la chambre criminelle. Relaxe du chef de menaces, celles-ci n’étant jamais parvenues à la victime. La réception par le destinataire détermine la consommation, de sorte que la menace non communiquée ne porte pas atteinte à la valeur protégée.
Arrêt du Tribunal suprême 137/2022 du 17 février. Exige un enchaînement de conséquences nécessaires entre l’émission et l’atteinte à la valeur protégée, qui soit prévisible, efficace et couvert par le dol de l’auteur.
Arrêt du Tribunal suprême 909/2016 du 30 novembre. Identifie la valeur protégée dans la liberté et la sécurité de la personne, ce qui explique que l’infraction n’exige pas la réalisation du mal annoncé.

Il en résulte un critère opératoire : la menace doit être sérieuse, ferme et crédible au regard des circonstances, parvenir au destinataire et présenter une intensité suffisante pour ébranler sa volonté. Les propos tenus au cours d’une dispute vive, sans intention réelle et sans aptitude à intimider, échappent à la qualification.

Défense dans cette matière

Si vous ou votre entreprise êtes confrontés à une procédure dans cette matière, le cabinet assure la défense et l’accusation à Alicante et à Madrid, avec assistance au détenu 24 h/24.

Vous êtes mis en cause ou poursuivi en Espagne ? Société Juridique intervient pour les justiciables étrangers dans toute l’Espagne, avec des bureaux à Alicante et à Madrid et une permanence de garde à vue 24 heures sur 24. +34 669 30 21 13 ou nous écrire.

La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat.

Questions fréquentes

Que réprime l’article 171 du Code pénal espagnol ?

Les menaces conditionnelles d’un mal ne constituant pas une infraction, de trois mois à un an de prison ou d’une amende de six à vingt-quatre mois ; le chantage consistant à exiger une somme ou une récompense sous la menace de révéler des faits de la vie privée, de deux à quatre ans si la remise est obtenue et de quatre mois à deux ans dans le cas contraire ; et les menaces légères dans le cadre des violences conjugales.

Quand l’infraction de menaces est-elle consommée ?

Lorsque la menace parvient à son destinataire. L’arrêt du Tribunal suprême 179/2023 du 14 mars, rendu par l’assemblée plénière de la chambre criminelle, a relaxé précisément parce que la menace n’était jamais parvenue à la victime. Ni la réalisation du mal ni l’exécution de la condition ne sont exigées.

Quelle différence avec l’article 169 ?

L’article 169 exige que le mal annoncé constitue lui-même une infraction. L’article 171 s’applique lorsque tel n’est pas le cas et que la menace est conditionnelle, en exigeant quelque chose qui ne constitue pas un comportement dû.

Des propos tenus lors d’une dispute constituent-ils une infraction ?

Pas nécessairement. La menace doit être sérieuse, ferme et crédible au regard des circonstances, et présenter une intensité suffisante pour ébranler la volonté du destinataire. Les propos tenus dans une dispute vive, sans intention réelle et sans aptitude à intimider, échappent à la qualification.

Qu’est-ce que le chantage du paragraphe 2 ?

L’exigence d’une somme ou d’une récompense sous la menace de révéler ou de diffuser des faits de la vie privée ou des relations familiales non publiquement connus et susceptibles d’affecter la réputation, le crédit ou les intérêts du destinataire. La peine est aggravée si la remise est obtenue.

Quand l’infraction est-elle prescrite ?

Au bout de cinq ans, conformément à l’article 131 du Code pénal, aucune des peines prévues n’excédant cinq ans de prison à sa limite supérieure.

Logotipos-abogacia-scje
Paseo De La Castellana 216 8º 28046 Madrid
Alicante – Playa de San Juan Av. Ansaldo 31, local 16, 03540 Alicante
Londres : 20 Wenlock Road, N1 7GU, Royaume-Uni
Paris : 72 Faubourg St Honoré, 75008, France
info@societejuridique.com

Société de Conseil Juridique et Expert est un cabinet d’avocats implanté à Madrid, Alicante, Londres et Paris, spécialisé en droit pénal, droit des technologies et délinquance économique et d’entreprise. Nous offrons une orientation stratégique dans les procédures pénales complexes, la propriété intellectuelle et les ressources technologiques pour la prise de décision juridique avec analyse forensique avancée. Notre équipe pluridisciplinaire allie expérience juridique, intelligence juridique et attention personnalisée pour garantir des solutions efficaces et adaptées à chaque dossier. Assistance juridique disponible 24 h/24 et consultations en ligne.

Copyright © 2026 Société de Conseil Juridique et Expert S.L.

EspanolEnglishFrancaisРусскийItalianoDeutsch
WhatsApp · Urgencias 24h