Art. 249.1.a CP
Escroquerie informatique
Manipulation informatique ou artifice semblable permettant un transfert d’actifs non consenti : phishing, smishing, fraude au président et manipulation de la banque en ligne.
La manipulation doit avoir provoqué elle-même le transfert : lorsque c’est la victime qui exécute l’opération après avoir été trompée, la qualification bascule et le régime probatoire change avec elle.
Peine : 6 mois à 6 ans d’emprisonnement (forme aggravée, art. 250).
Art. 197 CP
Découverte et révélation de secrets
Accès aux courriels, messages ou fichiers d’autrui et diffusion de données ou d’images intimes sans le consentement de la victime.
La preuve du défaut de consentement et de l’accès effectif au contenu est décisive : la seule détention d’un fichier ou d’un identifiant ne caractérise pas l’infraction.
Peine : 1 à 4 ans · diffusion, 2 à 5 ans.
Art. 197 bis CP
Accès illégal aux systèmes
Intrusion dans des systèmes informatiques en contournant les mesures de sécurité et interception de transmissions de données.
Le contournement d’une mesure de sécurité suppose qu’une mesure existait réellement : un système laissé sans protection, ou un accès conservé après la fin du contrat, ne se traite pas de la même manière.
Peine : 6 mois à 2 ans d’emprisonnement.
Art. 264 CP
Atteintes aux données informatiques
Effacement, détérioration ou suppression de données et de programmes d’autrui ; attaques par déni de service et rançongiciels.
Le dommage doit être établi et chiffré à partir des systèmes eux-mêmes ; une estimation fondée sur le seul coût de remise en service, sans démonstration de l’altération, se conteste utilement.
Peine : 6 mois à 3 ans · forme aggravée, jusqu’à 8 ans.
Art. 401 CP
Usurpation d’identité
Usurpation de l’état civil d’autrui, y compris la création de faux profils sous l’identité d’un tiers pour obtenir un avantage ou causer un préjudice.
Toute création de faux profil n’est pas une usurpation d’état civil : encore faut-il une véritable substitution à la personne, et non l’usage ponctuel de son nom — la distinction commande souvent l’issue.
Peine : 6 mois à 3 ans d’emprisonnement.
Arts. 270–272 CP
Propriété intellectuelle sur internet
Exploitation non autorisée d’œuvres et de prestations protégées sur le réseau, y compris les sites de liens à finalité commerciale.
L’élément déterminant est la finalité lucrative et le rôle actif dans la mise à disposition : héberger, indexer ou simplement renvoyer vers un contenu n’emporte pas les mêmes conséquences.
Peine : 6 mois à 4 ans d’emprisonnement + amende.
Art. 172 ter CP
Cyberharcèlement · stalking
Harcèlement répété par des moyens numériques qui perturbe gravement la vie quotidienne de la victime : surveillance, contacts insistants, usage indu de ses données.
Il faut une altération grave et vérifiable du quotidien, établie par des éléments objectifs : la répétition des contacts, à elle seule, ne suffit pas à caractériser le délit.
Peine : 3 mois à 2 ans d’emprisonnement ou amende.
Art. 31 bis CP
Responsabilité pénale de l’entreprise
Mise en cause de la personne morale pour des cyberinfractions commises en son sein ou à son profit. Un programme de prévention efficace peut opérer comme cause d’exonération ou d’atténuation.
Pour l’entité, la question est de savoir si le dispositif de prévention couvrait spécifiquement le risque technologique réalisé et s’il était contrôlé : un programme générique ne protège pas d’un risque identifié puis négligé.
Conséquences : amende, suspension ou dissolution.
Arts. 278–280 CP
Espionnage industriel numérique
Appropriation et diffusion de secrets d’affaires par des accès informatiques : exfiltration de données par des salariés ou des tiers.
Le point sensible est de démontrer que l’information soustraite avait valeur de secret d’affaires et faisait l’objet de mesures de protection effectives au moment des faits.
Peine : 2 à 4 ans · diffusion, 3 à 5 ans.