Art. 305 CP
Infraction fiscale de base
Fraude au Trésor de l’État, des communautés autonomes ou des collectivités locales pour un montant supérieur à 120 000 € par impôt et par exercice.
Le seuil s’apprécie impôt par impôt et exercice par exercice, jamais globalement : cette règle de découpage est souvent le premier terrain de discussion, car elle peut faire tomber plusieurs exercices.
Peine : 1 à 5 ans + amende du simple au sextuple.
Art. 305 bis CP
Infraction fiscale aggravée
Montant supérieur à 600 000 €, commission au sein d’une organisation ou recours à des paradis fiscaux et à des prête-noms.
Le recours à des structures interposées ne suffit pas : encore faut-il démontrer qu’elles ont servi à dissimuler l’auteur réel ou le montant, et non à organiser un patrimoine de façon licite.
Peine : 2 à 6 ans + amende du double au sextuple.
Arts. 305 / 305 bis CP
Fraude à la TVA · carrousels
Structures de facturation intracommunautaire destinées à la fraude systématique à la TVA : les macro-procédures fiscales les plus complexes.
Tout dépend de la position de chaque intervenant dans la chaîne : distinguer l’opérateur qui organise le circuit de celui qui y participe sans le savoir commande l’ensemble de la défense.
Peine : 2 à 6 ans (forme aggravée).
Art. 307 CP
Fraude à la Sécurité sociale
Fraude aux cotisations supérieure à 50 000 € sur quatre années civiles, y compris les montages de sociétés fictives.
Le cumul sur quatre années civiles impose de vérifier le point de départ de chaque période et la qualification exacte des relations de travail retenues par l’accusation.
Peine : 1 à 5 ans + amende.
Art. 308 CP
Fraude aux subventions
Obtention ou emploi indu de subventions et d’aides publiques pour un montant supérieur à 100 000 €.
L’infraction peut porter sur l’obtention comme sur l’emploi des fonds : la défense se joue alors sur la réalité de la dépense et sur la traçabilité des justificatifs conservés.
Peine : 1 à 5 ans + amende + perte des aides.
Art. 310 CP
Infraction comptable
Double comptabilité, omission de déclarations obligatoires et écritures fictives ayant une incidence fiscale.
Peine plus légère, mais mise en cause souvent utilisée comme point d’appui : elle ouvre l’accès à la comptabilité et sert de porte d’entrée vers des qualifications plus lourdes.
Peine : 5 à 7 mois d’emprisonnement.
Art. 305.4 CP
Régularisation fiscale
La régularisation complète et sincère avant l’ouverture des opérations de contrôle exclut la responsabilité pénale. Nous conseillons sa préparation et son moment.
Une régularisation partielle ou tardive livre au dossier une reconnaissance des faits sans produire l’effet exonératoire recherché : le calendrier compte autant que le contenu.
Effet : exonération de responsabilité pénale.
Art. 301 CP
Blanchiment connexe
Les droits éludés peuvent faire l’objet d’un blanchiment. Nous défendons la double mise en cause fiscale et blanchiment, de plus en plus fréquente.
La double mise en cause modifie l’échelle des peines encourues et les mesures conservatoires envisageables ; la contester suppose de discuter l’origine des fonds, et pas seulement le montant éludé.
Peine : 6 mois à 6 ans + amende.
Art. 31 bis / 310 bis CP
Responsabilité de l’entreprise
Mise en cause de la personne morale pour infractions fiscales. Un dispositif de compliance fiscale efficace opère comme cause d’exonération ou d’atténuation.
Pour la personne morale, la discussion porte sur l’existence d’un dispositif de contrôle antérieur aux faits et sur son application réelle : un programme écrit mais jamais mis en œuvre reste sans effet.
Conséquences : amende, suspension ou dissolution.