Être arrêté à l’étranger désoriente : une autre langue, d’autres règles et des décisions à prendre en quelques heures. Le droit espagnol reconnaît au gardé à vue des droits étendus, mais ils ne servent que si l’on sait les exercer. Ce guide explique ce que la police peut et ne peut pas faire, combien de temps vous pouvez être retenu et ce que votre avocat doit faire dès la première minute. Nous assistons les clients francophones à Alicante, Madrid et dans toute l’Espagne, 24 heures sur 24.
Article 520 LECrim · Droits de la personne arrêtée
Vous devez être informé immédiatement, par écrit et dans une langue que vous comprenez, des faits reprochés et de vos droits : silence, non-incrimination, avocat de votre choix, interprète gratuit, médecin, information d’un proche et du consulat, appel téléphonique. L’avocat doit intervenir sans retard injustifié et au plus tard dans les 3 heures, et vous avez droit à un entretien confidentiel avec lui avant toute déclaration.
Article 496 LECrim et article 17 de la Constitution · Délais
La police doit vous libérer ou vous présenter au juge dans les 24 heures, avec un maximum constitutionnel absolu de 72 heures. La véritable limite reste toutefois le temps strictement nécessaire : une fois les diligences accomplies, vous maintenir en cellule est illégal même si les 72 heures ne sont pas écoulées.
Article 492 LECrim · Quand l’arrestation est légale
L’arrestation suppose des indices sérieux de participation à une infraction punie de plus de trois ans, ou un risque de non-comparution. L’arrestation automatique pour des faits mineurs, lorsque la personne est parfaitement identifiée et dispose d’attaches locales, est irrégulière et se conteste.
Article 118 LECrim · Droit de la défense
Le droit de se défendre naît dès que des faits vous sont imputés, et non à la mise en accusation formelle : accès au dossier, silence, information précise sur les faits. Les déclarations obtenues d’un suspect entendu comme simple témoin sont régulièrement annulées par les juridictions espagnoles.
Loi organique 6/1984 · Habeas corpus
Si la privation de liberté est irrégulière ou excède les délais, vous, votre famille ou votre avocat pouvez saisir le juge de permanence, qui doit vous entendre et statuer dans les 24 heures. C’est un recours rapide et efficace, et l’une des raisons pour lesquelles la présence d’un avocat au commissariat est décisive.
Article 17 de la Constitution espagnole · Le cadre
Nul ne peut être privé de liberté en dehors des cas et des formes prévus par la loi. Tout ce qui précède en découle : ce que la police doit établir, la durée de la rétention et les recours dont vous disposez.
Oui. Le droit au silence est absolu et ne peut être interprété comme un aveu. Dans la plupart des cas, nous déconseillons toute déclaration au commissariat : celle qui compte est la déclaration devant le juge d’instruction, après que votre avocat a consulté le dossier. Parler sans connaître les charges crée plus de problèmes qu’il n’en résout.
Vous avez droit à l’avocat de votre choix : si vous nous appelez, nous intervenons. La commission d’office ne garantit pas un avocat francophone, même si un interprète doit être fourni gratuitement. Disposer d’un avocat qui parle votre langue et connaît le dossier change concrètement l’issue des 48 premières heures.
En général oui, sauf mesures de contrôle judiciaire, remise du passeport ou interdiction de sortie du territoire. Le parquet invoque souvent la non-résidence comme risque de fuite pour demander la détention provisoire : nous la combattons avec des attaches documentées, une adresse de notification en Espagne et un engagement de comparution. Beaucoup de nos clients suivent leur procédure depuis l’étranger, représentés par le cabinet.