Si vous êtes arrêté en Espagne en exécution d’un mandat d’arrêt européen (MAE) ou d’une notice rouge Interpol, tout se décide vite et devant une seule juridiction : l’Audiencia Nacional, à Madrid. La remise ou la liberté dépend des motifs de refus soulevés, avec preuves à l’appui, dès la première comparution. Nous défendons ces dossiers en français, en espagnol et en anglais.
Loi 23/2014 · Le cadre espagnol du MAE
L’Espagne met en œuvre la décision-cadre relative au MAE par la loi 23/2014 sur la reconnaissance mutuelle, qui énumère les motifs obligatoires et facultatifs de refus ainsi que le calendrier procédural qui s’impose à l’Audiencia Nacional.
Article 51 de la loi 23/2014 · L’audience
Après l’arrestation, la personne est présentée au tribunal. En l’absence de consentement à la remise, une audience se tient avec le ministère public et la défense : identité, motifs de refus et situation personnelle y sont débattus. Ce n’est pas une formalité : c’est là que le dossier se gagne ou se perd.
Motifs obligatoires et facultatifs de refus
La remise doit être refusée en cas d’amnistie, de ne bis in idem ou de minorité pénale en Espagne, et peut l’être lorsque l’infraction est prescrite au regard du droit espagnol, lorsque la personne réclamée est ressortissante ou résidente et s’engage à exécuter la peine en Espagne, ou lorsque la condamnation a été prononcée par défaut sans garanties suffisantes.
Article 3 CEDH et conditions de détention
En présence d’un risque réel de traitement inhumain ou dégradant, y compris du fait de la surpopulation carcérale de l’État d’émission, les juridictions espagnoles doivent solliciter des garanties et peuvent refuser la remise. La jurisprudence européenne récente (Aranyosi et suivantes) en a fait un moyen de défense sérieux, fondé sur des éléments objectifs.
Loi 4/1985 · Extradition vers les États tiers
L’extradition proprement dite suit le traité bilatéral et la loi 4/1985 : une phase judiciaire devant l’Audiencia Nacional puis une décision finale du gouvernement. Double incrimination, infraction politique et risque de procès inéquitable en constituent les axes de défense ; les délais se comptent en mois.
Notices rouges Interpol
Une notice rouge est une alerte policière, non une décision judiciaire. Lorsqu’elle est abusive, politiquement motivée ou fondée sur une dette déguisée en escroquerie, elle peut être contestée devant la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol (CCF) et supprimée. Nous menons cette procédure en parallèle du dossier espagnol.
C’est possible. Les nationaux et les résidents peuvent demander que la peine soit exécutée en Espagne, la remise pouvant alors être refusée ou conditionnée. Ce n’est pas automatique : la résidence, la famille, le travail et l’intégration doivent être documentés et la demande formellement présentée à l’audience. C’est l’un des moyens les plus efficaces.
Quelques jours en cas de consentement. En cas d’opposition, la loi 23/2014 fixe un délai de 60 jours, prorogeable de 30. L’extradition vers un pays tiers peut durer plusieurs mois en raison de la double phase. Pendant tout ce temps, nous nous battons pour la mise en liberté provisoire, qui est souvent le véritable enjeu.
Oui. Si elle viole les règles d’Interpol (motivation politique, statut de réfugié, usage abusif ou disproportionné), la CCF peut en ordonner la suppression. C’est une procédure écrite, très documentée, et elle fonctionne : des notices sont retirées et la liberté de circulation rétablie alors même que la procédure de fond se poursuit.