L’infraction ne réprime pas la sollicitation en elle-même mais le résultat qu’elle produit : une situation objectivement et gravement intimidante, hostile ou humiliante. Ce caractère objectif concentre le débat probatoire, avec la délimitation du cadre relationnel dans lequel le comportement doit s’inscrire.
Également cité comme : article 184 du Code pénal espagnol · art. 184 CP · 184 cp · artículo 184 del Código Penal.
1. Quiconque sollicite des faveurs de nature sexuelle, pour lui-même ou pour un tiers, dans le cadre d’une relation de travail, d’enseignement, de prestation de services ou analogue, continue ou habituelle, et crée par ce comportement, pour la victime, une situation objectivement et gravement intimidante, hostile ou humiliante, est puni, comme auteur de harcèlement sexuel, d’une peine de six à douze mois de prison ou d’une amende de dix à quinze mois et d’une interdiction spéciale d’exercer la profession, le métier ou l’activité de douze à quinze mois.
2. Si l’auteur du harcèlement sexuel a commis les faits en abusant d’une situation de supériorité professionnelle, éducative ou hiérarchique, ou à l’égard d’une personne placée sous sa garde, ou en annonçant expressément ou tacitement de causer à la victime un préjudice lié aux attentes légitimes qu’elle peut avoir dans le cadre de cette relation, la peine est d’un à deux ans de prison et d’une interdiction spéciale d’exercer la profession, le métier ou l’activité de dix-huit à vingt-quatre mois.
3. De même, si l’auteur a commis les faits dans des centres de protection ou de réforme de mineurs, dans un centre de rétention d’étrangers ou dans tout autre centre de détention, de garde ou d’accueil, même de séjour temporaire, la peine est d’un à deux ans de prison et d’une interdiction spéciale d’exercer la profession, le métier ou l’activité de dix-huit à vingt-quatre mois, sans préjudice des dispositions de l’article 443, paragraphe 2.
4. Lorsque la victime se trouve dans une situation de particulière vulnérabilité en raison de son âge, d’une maladie ou d’un handicap, la peine est prononcée dans sa moitié supérieure.
5. Lorsque, conformément à l’article 31 bis, une personne morale est responsable de cette infraction, il lui est infligé une amende de six mois à deux ans. Selon les règles de l’article 66 bis, les juridictions peuvent en outre prononcer les peines prévues aux lettres b) à g) du paragraphe 7 de l’article 33.
Texte consolidé publié par le Journal officiel de l’État espagnol, loi organique 10/1995 du 23 novembre portant Code pénal. Traduction française non officielle ; le texte espagnol fait foi.
| Valeur protégée | La liberté sexuelle et, de manière instrumentale, l’intégrité du cadre professionnel, éducatif ou d’accueil. |
|---|---|
| Cadre relationnel | Relation de travail, d’enseignement, de prestation de services ou analogue, continue ou habituelle. Hors de ce cadre, le comportement peut relever d’autres qualifications mais non de celle-ci. |
| Résultat exigé | Une situation objectivement et gravement intimidante, hostile ou humiliante. La seule perception subjective de la victime ne suffit pas. |
| Formes aggravées | Abus d’une supériorité professionnelle, éducative ou hiérarchique ; commission dans des centres de protection ou de réforme de mineurs, de rétention d’étrangers ou de détention, de garde ou d’accueil. |
| Vulnérabilité particulière | Peine dans sa moitié supérieure lorsque la victime est particulièrement vulnérable en raison de son âge, d’une maladie ou d’un handicap. |
| Personne morale | Amende de six mois à deux ans, avec possibilité des peines des lettres b) à g) de l’article 33, paragraphe 7. |
| Prescription | Cinq ans, conformément à l’article 131 du Code pénal. |
Contestation du caractère objectif de la situation. C’est la ligne principale. Il convient d’examiner le contenu concret des échanges, leur répétition, le contexte et la réaction de la victime, afin de discuter si le seuil de gravité exigé a été atteint.
Délimitation du cadre relationnel. L’existence d’une relation de travail, d’enseignement ou de prestation de services continue ou habituelle doit être établie. À défaut, l’article ne s’applique pas.
Preuve documentaire des échanges. Les fils de messages complets, et non des extraits choisis, se révèlent généralement déterminants. Il convient d’en demander la production intégrale et une expertise sur leur authenticité.
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La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat. La traduction française n’a pas de caractère officiel.
Dernière révision : 21 septembre 2026.
Six à douze mois de prison ou une amende de dix à quinze mois, avec interdiction professionnelle de douze à quinze mois. En cas d’abus d’autorité ou de commission dans un centre de garde, un à deux ans et interdiction de dix-huit à vingt-quatre mois.
Non. L’infraction exige que la sollicitation crée une situation objectivement et gravement intimidante, hostile ou humiliante, appréciée selon un standard objectif et non à partir de la seule perception de la victime.
Dans une relation de travail, d’enseignement, de prestation de services ou analogue, continue ou habituelle. Hors de ce cadre, d’autres infractions peuvent s’appliquer, mais non celle-ci.
Lorsque l’auteur abuse d’une supériorité professionnelle, éducative ou hiérarchique, ou d’une position de garde, ou annonce un préjudice lié aux attentes légitimes de la victime, et lorsque les faits sont commis dans des centres de garde ou d’accueil.
Oui. Selon l’article 31 bis, la personne morale peut être responsable de cette infraction, avec une amende de six mois à deux ans et la possibilité d’autres peines de l’article 33, paragraphe 7.
Au bout de cinq ans, conformément à l’article 131 du Code pénal.