Cette disposition, désignée en pratique comme le délit de sollicitation en ligne de mineurs, transpose les exigences de la Convention de Lanzarote et de la directive 2011/93/UE. Sa rédaction actuelle résulte de la disposition finale 4.8 de la loi organique 10/2022 du 6 septembre, qui a transféré à l’article 183 le contenu de l’ancien article 183 ter et actualisé les renvois internes après la réforme du titre VIII. Il s’agit d’une infraction de danger qui avance le seuil de la protection pénale à des comportements préparatoires, ce qui impose un examen particulièrement rigoureux de chacun de ses éléments.
Également cité comme : article 183 du Code pénal espagnol · art. 183 CP · 183 cp · artículo 183 del Código Penal.
1. Quiconque, par internet, par téléphone ou par toute autre technologie de l’information et de la communication, entre en contact avec un mineur de seize ans et lui propose de convenir d’une rencontre en vue de commettre l’une des infractions décrites aux articles 181 et 189, dès lors que cette proposition s’accompagne d’actes matériels tendant au rapprochement, est puni d’un à trois ans d’emprisonnement ou d’une amende de douze à vingt-quatre mois, sans préjudice des peines correspondant aux infractions effectivement commises. Les peines sont prononcées dans leur moitié supérieure lorsque le rapprochement est obtenu par contrainte, intimidation ou tromperie.
2. Quiconque, par internet, par téléphone ou par toute autre technologie de l’information et de la communication, entre en contact avec un mineur de seize ans et accomplit des actes tendant à l’amener par ruse à lui fournir du matériel pornographique ou à lui montrer des images pornographiques représentant ou faisant apparaître un mineur, est puni de six mois à deux ans d’emprisonnement.
Texte consolidé publié par le Journal officiel de l’État espagnol, loi organique 10/1995 du 23 novembre portant Code pénal. Traduction française non officielle ; le texte espagnol fait foi.
| Emplacement | Livre II, titre VIII, chapitre II bis du Code pénal |
|---|---|
| Intérêt protégé | Indemnité sexuelle du mineur de seize ans et libre développement dans l’environnement numérique |
| Nature | Infraction de danger, à consommation anticipée |
| Auteur | Toute personne ; aucun âge ni relation préalable avec la victime n’est exigé |
| Victime | Mineur de seize ans |
| Moyen | Internet, téléphone ou toute autre technologie de l’information et de la communication |
| Rédaction en vigueur | Disposition finale 4.8 de la loi organique 10/2022 du 6 septembre, en vigueur depuis le 7 octobre 2022 |
Contester l’existence d’actes matériels de rapprochement. C’est le moyen principal à l’alinéa 1. Il s’agit d’établir que l’échange n’a pas dépassé le plan verbal et qu’il n’y a eu ni déplacement, ni rendez-vous précis, ni envoi d’argent, ni aucun acte extérieur de rapprochement.
Mettre en cause la chaîne de conservation de la preuve numérique. Les copies de terminaux, captures d’écran et extractions d’applications de messagerie doivent être versées avec une garantie d’intégrité. L’absence d’empreinte numérique, de procès-verbal de copie ou d’intervention du greffier compromet leur valeur probante.
Établir l’absence de connaissance de l’âge. Le profil de la plateforme, les déclarations du mineur sur son âge et l’exigence de majorité propre au service employé fondent l’erreur de fait.
Examiner l’intervention policière. Il convient de vérifier l’existence d’une autorisation judiciaire pour l’agent infiltré informatique et le respect des limites de l’article 282 bis, en écartant que l’initiative délictuelle soit venue de l’agent lui-même.
Envisager le sursis. Lorsque la peine n’excède pas deux ans et que le condamné est primaire, le sursis de l’article 80 est accessible, étant entendu qu’il faut anticiper les interdictions de l’article 57 et l’interdiction spéciale de l’article 192.
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La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat. La traduction française n’a pas de caractère officiel.
Dernière révision : 21 septembre 2026.
Non. L’alinéa 1 exige, outre la proposition de rencontre, des actes matériels tendant au rapprochement. Sans cet élément extérieur, l’infraction n’est pas constituée, sans préjudice d’autres qualifications.
La connaissance de la minorité de seize ans relève de l’intention. Si l’auteur a cru raisonnablement s’adresser à un majeur, il convient d’examiner l’erreur de fait de l’article 14, qui peut exclure ou atténuer la responsabilité.
L’alinéa 2 réprime les actes tendant à amener le mineur par ruse à fournir du matériel pornographique. Une captation ou une tromperie est exigée ; l’appréciation dépend du contenu des messages et du contexte.
Oui, au moyen d’un agent infiltré informatique, mais une autorisation judiciaire est requise au titre de l’article 282 bis, alinéa 6, de la loi de procédure pénale. Une intervention sans couverture judiciaire vicie la procédure.
Si la peine prononcée n’excède pas deux ans et que les conditions de l’article 80 sont réunies, le sursis est possible. La décision impose habituellement des interdictions d’approche et de communication et l’interdiction spéciale de l’article 192.