Article 376 du Code pénal espagnol : réduction de peine pour collaboration et pour sevrage en matière de stupéfiants

Réponse brèveL’article 376 permet aux juridictions de prononcer une peine inférieure d’un ou deux degrés à l’égard de celui qui abandonne volontairement son activité délictuelle et collabore activement avec les autorités, ainsi qu’à l’égard du toxicomane qui établit avoir achevé avec succès une cure de désintoxication, pourvu que la quantité ne soit ni d’importance notable ni d’une extrême gravité.

Ce texte contient les deux circonstances atténuantes privilégiées les plus importantes dans la défense des infractions contre la santé publique. La première répond à une politique criminelle de récompense de la collaboration, dans la ligne des articles 579 bis et 570 quáter pour d’autres formes de criminalité organisée. La seconde obéit à des considérations de réinsertion, conformes à l’article 25.2 de la Constitution espagnole. Toutes deux sont facultatives pour la juridiction, qui doit motiver leur application ou leur refus, et toutes deux produisent un effet sur la peine bien supérieur à celui des circonstances atténuantes générales de l’article 21.

Également cité comme : article 376 du Code pénal espagnol · art. 376 CP · 376 cp · artículo 376 del Código Penal.

Texte en vigueur

Dans les cas prévus aux articles 361 à 372, les juges ou tribunaux peuvent, en le motivant dans le jugement, prononcer une peine inférieure d’un ou deux degrés à celle prévue par la loi pour l’infraction concernée, pourvu que l’intéressé ait volontairement abandonné ses activités délictuelles et ait activement collaboré avec les autorités ou leurs agents, soit pour empêcher la commission de l’infraction, soit pour obtenir des preuves décisives en vue de l’identification ou de l’arrestation d’autres responsables, soit pour empêcher l’action ou le développement des organisations ou associations auxquelles il a appartenu ou avec lesquelles il a collaboré.

De même, dans les cas prévus aux articles 368 à 372, les juges ou tribunaux peuvent prononcer une peine inférieure d’un ou deux degrés à l’égard du condamné qui, étant toxicomane au moment de la commission des faits, établit suffisamment qu’il a achevé avec succès une cure de désintoxication, pourvu que la quantité de drogues toxiques, stupéfiants ou substances psychotropes n’ait été ni d’importance notable ni d’une extrême gravité.

Texte consolidé publié par le Journal officiel de l’État espagnol, loi organique 10/1995 du 23 novembre portant Code pénal. Traduction française non officielle ; le texte espagnol fait foi.

Cadre des peines. Réduction facultative de la peine d’un ou deux degrés par rapport à celle prévue par la loi pour l’infraction concernée, avec obligation de motiver la décision dans le jugement.

Données essentielles

Emplacement Livre II, titre XVII, chapitre III du Code pénal, infractions contre la santé publique
Nature Circonstance atténuante privilégiée facultative, d’application motivée
Première branche Abandon volontaire de l’activité et collaboration active, aux articles 361 à 372
Seconde branche Désintoxication établie du toxicomane, aux articles 368 à 372
Limite de la seconde branche La quantité ne doit être ni d’importance notable ni d’une extrême gravité
Effet Peine inférieure d’un ou deux degrés
Rédaction en vigueur Article unique 198 de la loi organique 1/2015 du 30 mars, en vigueur depuis le 1er juillet 2015

Éléments et portée

  1. L’abandon volontaire des activités délictuelles, entendu comme une cessation effective et non simplement imposée par l’arrestation, la jurisprudence l’admettant toutefois lorsque la cessation suit l’intervention policière et s’accompagne d’une collaboration efficace.
  2. Une collaboration active avec les autorités ou leurs agents, tendant à empêcher l’infraction, à obtenir des preuves décisives pour identifier ou arrêter d’autres responsables ou à empêcher l’action de l’organisation.
  3. Le caractère décisif et utile de l’information fournie, que la deuxième chambre apprécie par son résultat et non par la seule volonté de collaborer.
  4. Dans la seconde branche, la qualité de toxicomane au moment des faits, établie par un rapport médical ou une expertise.
  5. L’achèvement avec succès de la cure de désintoxication, suffisamment établi par une attestation du centre et, de préférence, par des analyses de contrôle.

Critères d’application

Collaboration efficace et non purement formelle. La deuxième chambre du Tribunal suprême exige que l’information fournie présente une portée objective et produise un résultat appréciable dans l’enquête. L’aveu limité à ses propres faits, sans apport sur des tiers ni sur la structure de l’organisation, relève ordinairement de l’article 21.4.
Moment de la collaboration. Bien que le texte ne fixe aucun délai, la jurisprudence apprécie la promptitude de la collaboration et son utilité pour l’enquête en cours. Un apport tardif, lorsque les faits sont déjà établis, perd son effet atténuant.
Importance notable et extrême gravité. La seconde branche est exclue lorsque s’applique la forme aggravée de l’article 369.1.5 ou celle de l’article 370. Les seuils d’importance notable sont déterminés selon l’accord plénier non juridictionnel de la deuxième chambre du 19 octobre 2001, fondé sur cinq cents doses de consommation journalière.
Preuve de la désintoxication. Le début ou le suivi d’une cure ne suffit pas : le texte exige son achèvement avec succès, suffisamment établi. La pratique admet l’attestation du centre accompagnée de contrôles toxicologiques négatifs et d’un rapport sur l’observance.
Compatibilité avec d’autres circonstances atténuantes. L’application de l’article 376 n’exclut pas les circonstances atténuantes générales de l’article 21, notamment l’aveu et la réparation, dont le jeu combiné peut fonder une réduction supplémentaire au titre de l’article 66.1.2.

Stratégie de défense

Documenter la collaboration dès l’origine. Il convient de faire consigner dans le procès-verbal et dans la déclaration devant le juge le contenu précis de l’information fournie et les résultats obtenus, en demandant expressément que le rapport de police sur son utilité soit versé au dossier.

Établir la toxicomanie contemporaine des faits. Le rapport du médecin légiste, les antécédents de traitement et les rapports de l’unité des conduites addictives constituent la base probatoire. Une dépendance survenue postérieurement ne sert pas le texte.

Préparer l’attestation de sortie thérapeutique. Il convient de solliciter du centre un rapport d’achèvement avec succès, précisant le programme suivi, sa durée et les contrôles pratiqués, déposé avant l’audience.

Contester l’importance notable. La contestation du rapport de pureté et du calcul de la substance de base peut situer la quantité sous le seuil et ouvrir la seconde branche du texte.

Solliciter une motivation expresse. S’agissant d’une faculté soumise à motivation, le refus non motivé de la réduction peut être contesté pour violation de l’article 120.3 de la Constitution.

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La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat. La traduction française n’a pas de caractère officiel.

Dernière révision : 21 septembre 2026.

Questions fréquentes

L’aveu suffit-il à obtenir la réduction de peine ?

Non. La première branche exige une collaboration active tendant à empêcher l’infraction, à identifier ou arrêter d’autres responsables ou à démanteler l’organisation. L’aveu limité à ses propres faits relève de la circonstance atténuante générale de l’article 21.4.

Suivre une cure de désintoxication suffit-il ?

Le texte exige l’achèvement avec succès de la cure, suffisamment établi. Une cure en cours peut fonder la circonstance atténuante par analogie de l’article 21.7, mais non la réduction privilégiée de l’article 376.

La réduction est-elle automatique en cas de collaboration ?

Non. Il s’agit d’une faculté de la juridiction, qui doit la motiver. La jurisprudence s’attache à l’utilité objective de la collaboration et à son incidence effective sur l’enquête.

De combien la peine peut-elle être réduite ?

De deux degrés au plus par rapport à celle prévue par la loi. Dans une infraction de l’article 368 relative à des substances causant un grave dommage à la santé, la réduction peut ramener la peine sous deux ans et ouvrir le sursis de l’article 80.

La réduction est-elle exclue si la quantité est importante ?

Uniquement pour la seconde branche, qui exige que la quantité ne soit ni d’importance notable ni d’une extrême gravité. La branche relative à la collaboration ne comporte pas cette limite quantitative.

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