Article 564 du Code pénal espagnol : détention illicite d’armes à feu réglementées

Réponse brèveL’article 564 réprime la détention d’armes à feu réglementées sans les autorisations nécessaires, d’un à deux ans d’emprisonnement pour les armes courtes et de six mois à un an pour les armes longues. Les peines sont portées à deux ou trois ans et à un ou deux ans lorsque l’arme est dépourvue de marques ou de numéro, a été introduite illégalement en Espagne ou a été transformée.

Le texte institue une infraction de danger abstrait dont l’intérêt protégé est la sécurité collective face au risque inhérent à la disponibilité incontrôlée d’armes à feu. Son interprétation suppose de se reporter au règlement sur les armes, approuvé par le décret royal 137/1993 du 29 janvier, qui définit les catégories d’armes réglementées et le régime des autorisations, de sorte qu’il s’agit d’une norme pénale par renvoi. La jurisprudence en a précisé les contours en exigeant l’aptitude au tir et la disponibilité effective de l’arme.

Également cité comme : article 564 du Code pénal espagnol · art. 564 CP · 564 cp · artículo 564 del Código Penal.

Texte en vigueur

1. La détention d’armes à feu réglementées, à défaut des autorisations ou permis nécessaires, est punie :

1. D’une peine d’un à deux ans d’emprisonnement, s’il s’agit d’armes courtes.

2. D’une peine de six mois à un an d’emprisonnement, s’il s’agit d’armes longues.

2. Les infractions prévues au numéro précédent sont punies, respectivement, de deux à trois ans et d’un à deux ans d’emprisonnement, lorsque l’une des circonstances suivantes est réunie :

1. Que les armes soient dépourvues de marques de fabrique ou de numéro, ou que ceux-ci soient altérés ou effacés.

2. Qu’elles aient été introduites illégalement sur le territoire espagnol.

3. Qu’elles aient été transformées, avec modification de leurs caractéristiques d’origine.

Texte consolidé publié par le Journal officiel de l’État espagnol, loi organique 10/1995 du 23 novembre portant Code pénal. Traduction française non officielle ; le texte espagnol fait foi.

Cadre des peines. Un à deux ans d’emprisonnement pour les armes courtes et six mois à un an pour les armes longues. Dans les formes aggravées, deux à trois ans et un à deux ans d’emprisonnement respectivement.

Données essentielles

Emplacement Livre II, titre XXII, chapitre V, section première du Code pénal
Intérêt protégé Sécurité collective face au risque de détention incontrôlée d’armes
Nature Infraction de danger abstrait et de simple activité, à caractère continu
Norme extrapénale Règlement sur les armes, décret royal 137/1993 du 29 janvier
Distinction légale Armes courtes et armes longues, avec des cadres de peines distincts
Formes aggravées Absence ou altération des marques ou du numéro, introduction illégale et transformation
Rédaction Texte original de la loi organique 10/1995, non modifié depuis

Éléments et portée

  1. Le caractère réglementé de l’arme au sens du règlement sur les armes, ce qui exclut les armes de guerre, réprimées à l’article 566, et les objets n’ayant pas la qualité d’arme à feu.
  2. L’aptitude de l’arme au tir, condition constamment exigée par la jurisprudence et imposant une expertise de fonctionnement.
  3. La détention, entendue comme la disponibilité effective de l’arme, qui n’exige pas la possession matérielle immédiate mais bien un pouvoir de disposition réel.
  4. L’absence de l’autorisation ou du permis exigés, ainsi que du certificat de propriété, dont l’expiration n’équivaut pas sans plus à l’absence d’habilitation.
  5. L’intention, consistant dans la connaissance de la détention de l’arme et de l’absence de couverture administrative, ce qui ouvre la voie de l’erreur de l’article 14.

Critères d’application

Exigence d’aptitude au tir. La deuxième chambre du Tribunal suprême juge de manière constante que l’arme hors d’usage ou inapte au tir ne constitue pas l’infraction, faute du danger qui fonde l’incrimination. L’expertise de la Garde civile sur le fonctionnement de l’arme est une preuve indispensable.
Autorisation expirée et absence d’autorisation. La jurisprudence distingue celui qui n’a jamais obtenu l’habilitation de celui qui l’a laissée expirer. Dans ce second cas, selon les circonstances, l’absence d’infraction ou une moindre gravité ont été retenues, notamment lorsque l’arme était dûment enregistrée et conservée en sécurité.
Détention partagée. La découverte de l’arme dans un domicile partagé n’établit pas à elle seule l’imputation. La disponibilité individuelle doit être prouvée et ne saurait se présumer de la seule cohabitation.
Concours avec d’autres infractions. La détention illicite concourt en concours réel avec les infractions commises au moyen de l’arme, sauf si l’aggravation tenant à son usage a déjà été retenue, auquel cas le principe non bis in idem doit être examiné.
Infraction continue et prescription. S’agissant d’une infraction continue, le délai de prescription ne court qu’à compter de la cessation de la situation illicite, c’est-à-dire de la saisie de l’arme ou de sa remise volontaire.

Stratégie de défense

Contester l’expertise de fonctionnement. La démonstration que l’arme était inapte au tir, par détérioration, absence de pièces essentielles ou neutralisation, entraîne la relaxe. Il convient de solliciter une contre-expertise lorsque le rapport officiel est sommaire.

Contester la disponibilité effective. En cas de découverte dans un logement ou un véhicule partagé, la défense doit se concentrer sur l’absence de pouvoir de disposition individuel sur l’arme.

Établir l’habilitation administrative. La production de l’autorisation, du certificat de propriété ou d’un dossier de renouvellement en cours peut exclure l’infraction ou fonder une erreur de droit.

Invoquer l’erreur de l’article 14. La croyance que l’arme était couverte, l’héritage d’armes familiales et l’absence d’information sur l’expiration sont des hypothèses dans lesquelles la jurisprudence a retenu l’erreur, évitable ou inévitable.

Combattre la forme aggravée. L’aggravation tenant à la transformation exige une preuve technique de la modification des caractéristiques d’origine ; celle tenant à l’introduction illégale requiert la preuve de l’origine étrangère et de l’absence de dédouanement.

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La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat. La traduction française n’a pas de caractère officiel.

Dernière révision : 21 septembre 2026.

Questions fréquentes

Quelle peine pour la détention d’une arme sans autorisation ?

Un à deux ans d’emprisonnement pour une arme courte et six mois à un an pour une arme longue. Les formes aggravées portent les peines à deux ou trois ans et à un ou deux ans respectivement.

Y a-t-il infraction si l’arme ne tire pas ?

Non. La jurisprudence exige constamment l’aptitude de l’arme au tir, fondement du danger justifiant l’incrimination. L’expertise est déterminante.

Que se passe-t-il si l’autorisation est expirée ?

La situation n’équivaut pas sans plus à l’absence d’autorisation. Selon les circonstances, et notamment si l’arme était enregistrée et conservée en sécurité, l’absence d’infraction ou une moindre gravité ont été retenues.

Et si l’arme est découverte dans un logement partagé ?

La découverte n’établit pas à elle seule l’imputation. L’accusation doit prouver la disponibilité effective et individuelle de l’arme ; la cohabitation ne suffit pas.

La peine peut-elle être assortie du sursis ?

Dans l’infraction de base, oui, celle-ci n’excédant pas deux ans, pourvu que les conditions de l’article 80 soient réunies. Dans la forme aggravée relative aux armes courtes, le minimum est de deux ans, ce qui permet encore le sursis si cette limite n’est pas dépassée.

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