Article 236 du Code pénal espagnol : soustraction de sa propre chose au détenteur légitime

Réponse brèveL’article 236 punit d’une amende de trois à douze mois le propriétaire qui soustrait un bien meuble lui appartenant à celui qui le détient légitimement, en lui causant un préjudice ou en causant un préjudice à un tiers. Si la valeur du bien n’excède pas quatre cents euros, l’amende est d’un à trois mois.

Désigné par la doctrine comme furtum possessionis, ce texte présente la particularité de protéger la possession légitime contre le propriétaire lui-même. Le comportement se situe à la frontière de l’illicite civil et de l’illicite pénal, de sorte que la délimitation de ses éléments est déterminante. Son présupposé habituel est l’existence d’un titre légitimant la détention par un tiers : bail, dépôt, gage, droit de rétention de l’article 1600 du Code civil ou saisie judiciairement ordonnée.

Également cité comme : article 236 du Code pénal espagnol · art. 236 CP · 236 cp · artículo 236 del Código Penal.

Texte en vigueur

1. Est puni d’une amende de trois à douze mois celui qui, étant propriétaire d’un bien meuble ou agissant avec le consentement de celui-ci, le soustrait à celui qui le détient légitimement, au préjudice de ce dernier ou d’un tiers.

2. Si la valeur du bien soustrait n’excède pas 400 euros, la peine d’amende d’un à trois mois est prononcée.

Texte consolidé publié par le Journal officiel de l’État espagnol, loi organique 10/1995 du 23 novembre portant Code pénal. Traduction française non officielle ; le texte espagnol fait foi.

Cadre des peines. Amende de trois à douze mois. Si la valeur du bien soustrait n’excède pas quatre cents euros, amende d’un à trois mois, hypothèse qui constitue une contravention au sens de l’article 13.

Données essentielles

Emplacement Livre II, titre XIII, chapitre I du Code pénal, relatif aux vols
Intérêt protégé Possession légitime du bien meuble, et non la propriété
Auteur Le propriétaire du bien ou celui qui agit avec son consentement
Victime Le détenteur légitime et, le cas échéant, le tiers lésé
Objet matériel Bien meuble appartenant à l’auteur
Résultat Préjudice du détenteur légitime ou d’un tiers
Rédaction en vigueur Article unique 117 de la loi organique 1/2015 du 30 mars, en vigueur depuis le 1er juillet 2015

Éléments et portée

  1. La qualité de propriétaire de l’auteur, ou l’action avec le consentement de celui-ci. Celui qui n’est ni propriétaire ni mandaté par lui commet, le cas échéant, le vol de l’article 234.
  2. L’existence d’une détention légitime chez un tiers, fondée sur un titre valable. La possession simplement tolérée ou la détention illicite excluent le texte.
  3. Un acte de soustraction, c’est-à-dire l’appréhension du bien sans le consentement du détenteur et contre sa volonté. La remise volontaire, même réticente, écarte la qualification.
  4. La réalisation d’un préjudice effectif pour le détenteur ou pour un tiers. La jurisprudence exige une atteinte patrimoniale réelle, de sorte que la soustraction inoffensive n’est pas punissable.
  5. Une intention couvrant la possession d’autrui et le préjudice, sans qu’un dessein de lucre au sens strict soit exigé, l’auteur récupérant un bien qui lui appartient déjà.

Critères d’application

Le préjudice comme élément constitutif. L’exigence d’un préjudice sépare cette infraction de l’exercice du droit de propriété. La deuxième chambre du Tribunal suprême a souligné que la simple récupération du bien, sans atteinte patrimoniale établie pour le détenteur, ne suffit pas.
Justice privée. Lorsque le propriétaire emploie la violence ou l’intimidation pour récupérer le bien, la qualification se déplace vers l’article 455, relatif à la justice privée, l’article 236 restant réservé à la soustraction non violente.
Biens saisis. La soustraction par le propriétaire de biens placés sous dépôt judiciaire peut concourir avec le délit de violation d’une décision de justice de l’article 468 ou avec l’organisation d’insolvabilité de l’article 257, selon le titre de détention et la finalité poursuivie.
Véhicules au garage et droit de rétention. L’hypothèse la plus fréquente est le retrait du véhicule du garage sans régler la réparation. L’article 1600 du Code civil confère un droit de rétention, de sorte que la détention du garage est légitime et la soustraction relève du texte.
Contravention et prescription. Lorsque la valeur n’excède pas quatre cents euros, l’infraction est contraventionnelle, avec le délai de prescription d’un an de l’article 131 et la procédure des articles 962 et suivants de la loi de procédure pénale.

Stratégie de défense

Contester la légitimité de la détention. Si le titre fondant la possession du tiers était éteint, résolu ou inexistant, l’infraction tombe. Il convient de produire le contrat, sa résolution ou la mise en demeure préalable.

Discuter l’existence d’un préjudice. L’absence d’atteinte patrimoniale établie entraîne l’absence d’infraction. Il convient de contester l’évaluation du dommage allégué et son lien causal avec la soustraction.

Établir le consentement du détenteur. La remise volontaire du bien, même à contrecoeur, exclut la soustraction. Les messages, bons de livraison et enregistrements de la remise sont déterminants.

Invoquer l’erreur sur la légitimité de la détention. La croyance que le titre était échu peut fonder une erreur de fait ou de droit au titre de l’article 14, exclusive ou atténuante de responsabilité.

Explorer la réparation et la reconnaissance de culpabilité. S’agissant d’une peine d’amende, la réparation du préjudice avant l’audience ouvre la circonstance atténuante de l’article 21.5 et facilite un classement ou un accord en procédure contraventionnelle.

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La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat. La traduction française n’a pas de caractère officiel.

Dernière révision : 21 septembre 2026.

Questions fréquentes

Peut-on commettre une infraction en reprenant un bien qui m’appartient ?

Oui, lorsque le bien se trouve légitimement entre les mains d’une autre personne et que la soustraction lui cause un préjudice, ou en cause un à un tiers. Le texte protège la possession légitime, non la propriété.

Que se passe-t-il si je reprends ma voiture au garage sans payer ?

Le garage dispose du droit de rétention de l’article 1600 du Code civil ; sa détention est donc légitime. Reprendre le véhicule sans régler la réparation peut constituer l’infraction de l’article 236.

Quelle peine est encourue ?

Une amende de trois à douze mois en règle générale et une amende d’un à trois mois lorsque la valeur n’excède pas quatre cents euros. Aucune peine privative de liberté n’est prévue.

Et si j’emploie la force pour récupérer le bien ?

L’emploi de la violence ou de l’intimidation déplace la qualification vers l’article 455, relatif à la justice privée, puni d’une amende de six à douze mois.

Un accord avec la partie lésée est-il possible ?

La réparation du préjudice permet de retenir la circonstance atténuante de l’article 21.5 et facilite un accord. En matière contraventionnelle, la réparation peut conduire au classement pour raisons d’opportunité.

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