Article 393 du Code pénal espagnol : usage d’un document officiel ou commercial falsifié

Réponse brèveL’article 393 punit d’une peine inférieure d’un degré à celle des faussaires quiconque, connaissant la fausseté d’un document, le produit en justice ou en fait usage pour nuire à autrui. Le texte vise les documents publics, officiels et commerciaux des articles 390 à 392.

Le texte sanctionne l’usager du document falsifié qui n’a pas participé à la falsification, figure que la doctrine désigne comme usage de faux par un tiers. Sa fonction est de fermer le cercle de protection de la foi publique documentaire en atteignant celui qui tire profit du faux d’autrui. La deuxième chambre du Tribunal suprême a précisé de manière constante que le faussaire qui utilise ensuite le document ne répond pas de ce texte, l’usage étant absorbé par la falsification, de sorte que l’article 393 ne joue qu’à l’égard de celui qui n’a pas participé à la confection du document.

Également cité comme : article 393 du Code pénal espagnol · art. 393 CP · 393 cp · artículo 393 del Código Penal.

Texte en vigueur

Celui qui, connaissant la fausseté d’un document parmi ceux visés aux articles précédents, le produit en justice ou, pour nuire à autrui, en fait usage, est puni de la peine inférieure d’un degré à celle prévue pour les faussaires.

Texte consolidé publié par le Journal officiel de l’État espagnol, loi organique 10/1995 du 23 novembre portant Code pénal. Traduction française non officielle ; le texte espagnol fait foi.

Cadre des peines. Peine inférieure d’un degré à celle prévue pour les faussaires aux articles 390 à 392, ce qui situe le cadre entre six mois et un an et neuf mois d’emprisonnement et l’amende, selon le texte de référence et la qualité de l’auteur.

Données essentielles

Emplacement Livre II, titre XVIII, chapitre II, section première du Code pénal
Intérêt protégé Foi publique documentaire et sécurité des transactions juridiques
Auteur Personne n’ayant pas participé à la falsification du document
Objet matériel Document public, officiel ou commercial falsifié des articles 390 à 392
Formes d’usage Production en justice ou usage pour nuire à autrui
Élément moral Connaissance de la fausseté, exprimée par la formule « en connaissance de cause »
Rédaction Texte original de la loi organique 10/1995, non modifié depuis

Éléments et portée

  1. L’existence préalable d’un document falsifié parmi ceux visés aux articles 390 à 392, c’est-à-dire public, officiel ou commercial, à l’exclusion du document privé, dont l’usage relève de l’article 396.
  2. La connaissance effective de la fausseté au moment de l’usage, exigée par la formule légale, qui exclut la commission par imprudence et les formes les plus faibles du dol éventuel.
  3. La production en justice, forme qui n’exige aucune intention de nuire, le législateur présumant l’atteinte à l’administration de la justice.
  4. Dans la forme extrajudiciaire, l’usage du document dans le but spécifique de nuire à autrui, élément subjectif de l’illicite qui doit être établi.
  5. L’absence de participation de l’usager à la falsification, présupposé négatif découlant du rapport d’absorption avec les articles 390 à 392.

Critères d’application

Le faussaire ne répond pas de l’usage. Il est de doctrine constante que celui qui confectionne le document et l’utilise ensuite ne commet qu’une seule infraction de faux, l’usage étant absorbé. Une condamnation séparée au titre des deux textes viole le principe non bis in idem.
Preuve de la connaissance de la fausseté. L’élément de connaissance s’établit ordinairement par indices : le rapport de l’intéressé au document, la grossièreté du faux, l’avantage obtenu et les explications fournies. Un doute raisonnable conduit à la relaxe.
Production en justice et escroquerie au jugement. Lorsque le document falsifié est produit dans une instance pour obtenir une décision patrimonialement préjudiciable, il convient d’examiner le concours avec l’escroquerie au jugement de l’article 250.1.7, normalement résolu en concours par connexité au titre de l’article 77.
Documents étrangers. Les documents délivrés par des autorités étrangères reçoivent le traitement du document officiel lorsqu’ils produisent effet en Espagne, selon l’interprétation jurisprudentielle de l’article 26, ce qui vise les permis de conduire et les documents d’identité.
Distinction avec l’article 400 bis. L’usage du document d’identité authentique d’autrui relève de l’article 400 bis, qui assimile cet usage aux faux, et non de l’article 393, qui suppose la fausseté matérielle ou intellectuelle du document.

Stratégie de défense

Combattre la connaissance de la fausseté. C’est le moyen principal. Il convient d’établir l’origine du document, la confiance placée en celui qui l’a remis et l’absence de signes extérieurs de falsification perceptibles par un profane.

Invoquer l’absorption lorsque le faux est aussi reproché. Si l’accusation soutient que le client a confectionné le document, aucune condamnation cumulative pour usage n’est possible. Il faut invoquer l’absorption et le principe non bis in idem.

Contester la nature du document. La qualification de document officiel ou commercial, par opposition au document privé, modifie substantiellement le cadre des peines et peut ramener les faits à l’article 396.

Nier la finalité de nuire. Dans la forme extrajudiciaire, l’absence de dessein de causer un préjudice rend les faits non punissables, même si l’usage a procuré un avantage.

Examiner l’expertise en écritures et en documents. La contestation du rapport d’expertise sur l’authenticité du document, de sa chaîne de conservation et de la méthodologie employée est fréquemment décisive.

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La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat. La traduction française n’a pas de caractère officiel.

Dernière révision : 21 septembre 2026.

Questions fréquentes

Utiliser un faux que l’on n’a pas fabriqué est-il une infraction ?

Oui. L’article 393 réprime précisément celui qui, connaissant la fausseté, produit le document en justice ou en fait usage pour nuire à autrui, avec une peine inférieure d’un degré à celle des faussaires.

Et si l’usager est aussi le faussaire ?

Il ne répond que du faux des articles 390 à 392. L’usage postérieur est absorbé, de sorte qu’aucune condamnation séparée au titre de l’article 393 n’est possible.

Quelle peine est encourue ?

La peine inférieure d’un degré à celle prévue pour les faussaires, laquelle varie selon que s’appliquent les articles 390, 391 ou 392 et selon la qualité d’autorité ou de fonctionnaire du faussaire.

Un préjudice effectif est-il nécessaire ?

Non. Dans la forme extrajudiciaire, la finalité de nuire suffit ; dans celle de la production en justice, ce dessein spécifique n’est même pas exigé.

Le texte s’applique-t-il aux documents privés ?

Non. L’article 393 renvoie aux articles précédents, relatifs aux documents publics, officiels et commerciaux. L’usage d’un document privé falsifié relève de l’article 396.

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