Mis à jour selon la LO 1/2026 et la LO 1/2025 · Révisé en juillet 2026 · Auteur : Francisco Javier Martín Porras, avocat pénaliste et expert judiciaire · Équipe SCJE
Lorsque l’auteur d’un délit est irresponsable ou semi-responsable (exemptions de l’art. 20.1, 2 et 3), la réponse n’est pas la peine mais la mesure de sûreté : internement psychiatrique, traitement ambulatoire, liberté surveillée. Un système à logique propre (dangerosité au lieu de culpabilité) et des limites que la défense doit surveiller : l’internement ne peut durer plus que la peine qui aurait été prononcée. Nous le commentons en entier, liberté surveillée des personnes responsables comprise.
En bref. En bref. Conditions : un fait délictueux, une exemption ou semi-exemption et un pronostic de dangerosité. L’internement ne peut excéder la durée de la peine privative de liberté applicable. Révision au moins annuelle, avec cessation, substitution ou suspension possibles. La liberté surveillée s’applique aussi après la prison aux personnes responsables dans les délits sexuels et de terrorisme.
Les mesures de sûreté s’appliquent à qui a commis un fait prévu comme délit et dont les circonstances révèlent une probabilité de nouveaux délits : dangerosité criminelle prouvée, non présumée (art. 95). Sans délit préalable, pas de mesure : le système n’admet pas d’internements préventifs. Le catalogue de l’art. 96 comprend des mesures privatives de liberté (internement psychiatrique, centre de désintoxication, centre éducatif spécial) et non privatives (liberté surveillée, garde familiale, retrait des permis de conduire ou d’armes, expulsion des étrangers), régies par la nécessité et la proportionnalité. Pendant l’exécution, le juge maintient, fait cesser, substitue ou suspend la mesure, avec une révision au moins annuelle (arts. 97 et 98).
Nos lignes de défense : le pronostic de dangerosité est une expertise tournée vers l’avenir, et des antécédents ne sont pas un pronostic, de sorte que les mesures imposées sur des étiquettes tombent en appel ; des plans de traitement ambulatoire crédibles (centre, psychiatre, fréquence, engagement familial écrit) comme alternative réelle à l’internement ; le plafond de garantie essentiel, l’internement ne pouvant excéder la peine abstraite applicable ; et l’exécution suivie révision par révision, car les internements « oubliés » se combattent par des révisions demandées et des plaintes au juge de l’application des peines.
| Mesure ou règle | Base légale | Contenu | Garantie ou clé |
|---|---|---|---|
| Conditions | Art. 95 CP | Délit, exemption et pronostic de dangerosité | Dangerosité prouvée, jamais présumée |
| Internement psychiatrique | Art. 101 CP | Traitement médical en centre adéquat | Jamais plus long que la peine abstraite applicable |
| Centres de désintoxication et éducatifs | Arts. 102-103 CP | Addictions et handicap intellectuel | Même plafond temporel et révision annuelle |
| Semi-exemption | Art. 104 CP | Mesure plus peine réduite | Système vicarial : la mesure s’impute (art. 99) |
| Traitement ambulatoire | Art. 96 CP | Rattaché à un centre et à un plan concrets | Alternative réelle quand le réseau soutient |
| Liberté surveillée (irresponsables) | Art. 106 CP | Localisation, présentations, programmes, interdictions | Révisable ; contenu régi par la proportionnalité |
| Liberté surveillée post-pénitentiaire | Art. 106 CP | Après la prison, délits sexuels et terrorisme | Jusqu’à 5 ou 10 ans ; contenu fixé avant la sortie |
| Expulsion substitutive | Art. 108 CP | Étrangers sans résidence légale | Audience, enracinement et traitement au pays plaidés |
Synthèse établie à partir de la page source espagnole à titre d’orientation. Les dispositions applicables sont celles en vigueur au moment des faits ; chaque affaire exige une analyse individuelle par un avocat pénaliste.
Commentaire original du cabinet, contrasté avec les ouvrages de référence de notre fonds et mis à jour selon la LO 1/2026 et la LO 1/2025. Le système remplace la culpabilité par la dangerosité, et c’est précisément pour cela que ses limites ne se négocient pas : la bonne question à l’expert, le plafond temporel, la révision annuelle et l’alternative construite décident de ces exécutions.
L’acquittement de l’art. 20.1 s’accompagne généralement d’une mesure si le pronostic existe : avec plafond temporel, révision annuelle et objectif thérapeutique. Chaque révision est une opportunité.
L’internement ne peut jamais excéder la peine abstraite applicable : le calcul se contrôle et la sortie se prépare à l’avance avec des ressources communautaires et des tutelles.
La liberté surveillée post-pénitentiaire se concrétise peu avant la sortie : le moment de plaider des obligations proportionnées et compatibles avec une réinsertion réelle.
L’expulsion exige audience et analyse de l’enracinement et du traitement disponible au pays : expulser un patient psychiatrique sans réseau est une disproportion invocable.
Parler à un avocat pénaliste
Défense pénale en français devant les tribunaux d’Alicante et de toute l’Espagne, pour les résidents comme pour les visiteurs déjà rentrés chez eux.