Ce texte constitue l’instrument procédural permettant d’introduire dans les débats le contenu des dépositions d’instruction lorsque le déclarant s’en écarte. Sa brièveté contraste avec l’ampleur de la doctrine qui l’interprète, car c’est sur cet article et sur l’article 730 qu’a été bâti tout le régime d’appréciation des déclarations antérieures. La clé, constamment rappelée par le Tribunal constitutionnel et par la deuxième chambre du Tribunal suprême, réside en ce que la juridiction n’apprécie pas la déposition lue en elle-même, mais l’explication que le déclarant fournit à l’audience sur la contradiction, soumise au contradictoire et à l’immédiateté.
Également cité comme : article 714 de la loi de procédure pénale espagnole · art. 714 LECrim · artículo 714 de la Ley de Enjuiciamiento Criminal.
Lorsque la déposition du témoin à l’audience n’est pas conforme, pour l’essentiel, à celle faite durant l’instruction, la lecture de cette dernière peut être demandée par l’une quelconque des parties.
Après lecture, le président invite le témoin à expliquer la différence ou la contradiction constatée entre ses déclarations.
Texte consolidé publié par le Journal officiel de l’État espagnol, décret royal du 14 septembre 1882 portant Loi de procédure pénale. Traduction française non officielle ; le texte espagnol fait foi.
| Emplacement | Livre III, titre III, chapitre III de la loi de procédure pénale, sur l’administration des preuves |
|---|---|
| Finalité | Introduire dans les débats la déposition d’instruction contradictoire et en éprouver la crédibilité |
| Qualité pour agir | Toute partie, poursuivante ou défenderesse |
| Présupposé | Absence de conformité substantielle entre la déposition à l’audience et celle de l’instruction |
| Rôle du président | Inviter le déclarant à expliquer la différence ou la contradiction |
| Application analogique | Étendue par la jurisprudence au prévenu et à l’expert, malgré la lettre visant le témoin |
| Rédaction | Texte original de 1882, non modifié depuis |
Employer activement le texte. La lecture de la déposition d’instruction est aussi un outil de la défense lorsque le témoin à charge durcit sa version à l’audience. Il convient d’identifier précisément la cote et le passage contradictoire.
Exiger la formalité d’explication. Il convient de demander expressément que le président invite le déclarant à expliquer la contradiction et que la réponse soit recueillie dans l’enregistrement.
S’opposer à une lecture injustifiée. En l’absence de contradiction substantielle, ou lorsque la déposition d’instruction est entachée d’un défaut de garantie, il convient de s’opposer à la lecture et de consigner ses réserves.
Invoquer la dispense de l’article 416. Si le témoin proche invoque la dispense, il faut s’opposer à toute tentative d’introduire sa déposition antérieure, tant par la voie de l’article 714 que par celle de l’article 730.
Préparer le moyen de recours. L’appréciation d’une déposition d’instruction non soumise au contradictoire à l’audience constitue un moyen d’appel et de cassation pour violation de l’article 24.2 de la Constitution.
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La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat. La traduction française n’a pas de caractère officiel.
Dernière révision : 21 septembre 2026.
Oui, lorsque la déposition du témoin à l’audience n’est pas substantiellement conforme à celle recueillie durant l’instruction. Toute partie peut en demander la lecture au titre de l’article 714.
Elle n’est pas appréciée de manière autonome. La juridiction apprécie le résultat de la confrontation et, singulièrement, l’explication fournie par le déclarant à l’audience.
La jurisprudence l’admet, sous réserve du droit au silence. Le silence du prévenu à l’audience n’autorise pas, selon la doctrine majoritaire, la lecture de ses déclarations d’instruction.
La jurisprudence exclut alors la lecture de la déposition d’instruction, car l’admettre viderait de sens la dispense reconnue à l’article 416.
La formalité est essentielle. Son omission empêche de tenir la déposition antérieure pour introduite et peut fonder un recours, pourvu que la défense ait consigné ses réserves.