Article 136 du Code pénal espagnol : Effacement des antécédents

Réponse brèveL’article 136 du Code pénal espagnol reconnaît le droit à l’effacement du casier judiciaire une fois la responsabilité pénale éteinte et après l’écoulement, sans nouvelle infraction, de six mois pour les peines légères, deux ans pour celles n’excédant pas douze mois et celles prononcées pour des infractions par imprudence, trois ans pour les autres peines moins graves inférieures à trois ans, cinq ans pour celles égales ou supérieures à trois ans et dix ans pour les peines graves.

L’article 136 du Code pénal espagnol reconnaît au condamné le droit d’obtenir l’effacement de ses antécédents judiciaires après l’écoulement de délais allant de six mois à dix ans.

Également cité comme : article 136 du Code pénal espagnol · art. 136 CP · 136 cp · artículo 136 del Código Penal.

Texte de l’article 136 du Code pénal espagnol

1. Les condamnés qui ont éteint leur responsabilité pénale ont le droit d’obtenir du ministère de la Justice, d’office ou à la demande d’une partie, l’effacement de leurs antécédents judiciaires, lorsque se sont écoulés, sans qu’ils aient de nouveau commis d’infraction, les délais suivants :

a) Six mois pour les peines légères.

b) Deux ans pour les peines n’excédant pas douze mois et celles infligées pour des infractions par imprudence.

c) Trois ans pour les autres peines moins graves inférieures à trois ans.

d) Cinq ans pour les autres peines moins graves égales ou supérieures à trois ans.

e) Dix ans pour les peines graves.

2. Les délais visés au paragraphe précédent courent à compter du lendemain du jour où la peine a été éteinte ; toutefois, si cela intervient par la remise conditionnelle, le délai, une fois la remise définitive obtenue, est calculé en le faisant rétroagir au lendemain du jour où la peine aurait été exécutée si ce bénéfice n’avait pas été accordé. En ce cas, est retenu comme date initiale du calcul de la durée de la peine le lendemain du jour de l’octroi du sursis.

3. Les peines infligées aux personnes morales et les conséquences accessoires de l’article 129 sont effacées dans le délai correspondant, conformément à la règle prévue au paragraphe 1 du présent article, sauf si la dissolution ou l’interdiction définitive d’activités a été ordonnée. Dans ces cas, les inscriptions sont effacées à l’expiration de cinquante ans comptés à partir du lendemain du jour où le jugement est devenu définitif.

4. Les inscriptions d’antécédents judiciaires dans les différentes sections du Registre central des condamnés et des personnes en fuite ne sont pas publiques. Pendant leur validité, ne sont délivrées que des certifications assorties des limitations et garanties prévues par leurs normes spécifiques et dans les cas établis par la loi. En tout état de cause, sont délivrées celles que sollicitent les juges ou tribunaux, qu’elles se rapportent ou non à des inscriptions effacées, cette dernière circonstance étant expressément mentionnée.

5. Dans les cas où, bien que les conditions établies au présent article pour l’effacement soient remplies, celui-ci n’a pas été effectué, le juge ou le tribunal, ces circonstances étant établies, ne tient pas compte de ces antécédents.

Traduction de travail établie par Société Juridique à partir du texte espagnol consolidé publié au Journal officiel de l’État. Elle n’a aucun caractère officiel : la seule version faisant foi est l’original espagnol, disponible au Journal officiel de l’État et reproduit mot pour mot dans notre fiche en espagnol relative à cette disposition. Source : loi organique 10/1995 du 23 novembre, Code pénal espagnol.

Effet. L’effacement fait disparaître les antécédents à toutes fins, notamment pour l’appréciation de la récidive et pour l’accès au sursis à l’exécution de la peine.

Données essentielles

Nature Droit du condamné et non faculté discrétionnaire de l’administration. Il s’exerce d’office ou sur demande auprès du ministère de la Justice.
Délais Six mois, peines légères. Deux ans, peines n’excédant pas douze mois et peines prononcées pour des infractions par imprudence. Trois ans, autres peines moins graves inférieures à trois ans. Cinq ans, autres peines moins graves égales ou supérieures à trois ans. Dix ans, peines graves.
Computation À compter du lendemain de l’extinction de la peine. Lorsque l’extinction résulte de la remise définitive après sursis, le délai est reporté au lendemain du jour où la peine aurait été exécutée sans ce bénéfice.
Condition négative N’avoir pas commis de nouvelle infraction pendant le délai correspondant.
Effet sur la récidive Les mentions effacées, comme celles qui auraient pu l’être, ne comptent pas pour la circonstance aggravante de l’article 22, 8°.
Effet sur le sursis La possibilité d’effacement est déterminante pour apprécier la qualité de primo-délinquant au sens de l’article 80.
Personnes morales Le texte comporte des règles propres à l’effacement des peines prononcées contre les personnes morales et des conséquences accessoires.

Conditions de l’effacement

  1. Extinction de la responsabilité pénale, notamment par l’exécution de la peine.
  2. Écoulement du délai correspondant à la gravité de la peine, de six mois à dix ans.
  3. Absence de nouvelle infraction pendant ce délai.
  4. Le cas échéant, application de la rétroactivité du calcul en cas de remise conditionnelle.

Stratégie de défense

Invoquer le paragraphe 5. Le paragraphe 5 impose au juge de ne pas tenir compte des antécédents dont les conditions d’effacement sont réunies, même en l’absence d’effacement formel. Ce moyen, souvent négligé, neutralise la récidive et ouvre le sursis.

Calculer la rétroactivité du sursis. Le paragraphe 2 fait rétroagir le calcul lorsque l’extinction résulte de la remise conditionnelle. Ce mécanisme avance parfois de plusieurs années la date d’effacement et doit être calculé avec précision.

Vérifier le point de départ. Le délai court à compter de l’extinction de la peine et non de la condamnation. La liquidation de la condamnation et la date exacte de l’extinction doivent être obtenues auprès de la juridiction de l’exécution.

Demander l’effacement d’office. L’effacement peut être obtenu d’office ou à la demande de la partie. La demande expresse auprès du ministère de la Justice accélère la procédure et doit être formée dès l’échéance du délai.

Contrôler la certification produite. La certification versée au dossier doit mentionner expressément le caractère effacé des inscriptions. Une certification incomplète ou obsolète doit être contestée avant tout débat sur la récidive.

Critères d’application

Pouvoir être effacé équivaut à être effacé. C’est le point le plus rentable en pratique. L’intéressé n’a pas besoin d’avoir obtenu l’effacement formel : il suffit que, au regard des délais du présent article, la mention ait pu être effacée pour qu’elle ne puisse fonder la récidive. Il convient donc de calculer, dans chaque dossier, la date d’extinction de chaque condamnation antérieure.
Le calcul après sursis. La règle du paragraphe 2 est favorable au condamné : une fois la remise définitive obtenue, le délai court non depuis cette remise mais depuis le lendemain du jour où la peine aurait été exécutée. Cette nuance avance souvent de plusieurs années la date d’effacement.
Charge de la preuve. Il appartient à l’accusation de produire le casier judiciaire comportant les données permettant de vérifier que la condamnation antérieure est computable. Son insuffisance fait obstacle à l’aggravante, selon l’arrêt du Tribunal suprême 1081/2024 du 27 novembre.

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La présente fiche est fournie à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. L’application de toute disposition dépend des circonstances de l’espèce et exige l’examen du dossier par un avocat.

Questions fréquentes

Quand le casier judiciaire est-il effacé ?

Une fois la responsabilité pénale éteinte et après l’écoulement, sans nouvelle infraction, de six mois pour les peines légères, deux ans pour celles n’excédant pas douze mois et celles prononcées pour des infractions par imprudence, trois ans pour les autres peines moins graves inférieures à trois ans, cinq ans pour celles égales ou supérieures à trois ans et dix ans pour les peines graves.

À partir de quand le délai court-il ?

À compter du lendemain de l’extinction de la peine. Lorsque l’extinction résulte d’une remise définitive après sursis, le délai est reporté au lendemain du jour où la peine aurait été exécutée si le bénéfice n’avait pas été accordé.

Faut-il demander l’effacement ?

Le droit s’exerce d’office ou sur demande auprès du ministère de la Justice. Toutefois, pour la circonstance aggravante de récidive, il suffit que la mention ait pu être effacée, même sans demande.

Quel effet sur la récidive ?

Les mentions effacées, comme celles susceptibles de l’être, ne comptent pas pour la circonstance aggravante de l’article 22, 8°, du Code pénal. C’est l’une des contestations les plus efficaces en pratique.

Cela affecte-t-il le sursis ?

Oui. La qualité de primo-délinquant exigée par l’article 80 s’apprécie sans tenir compte des mentions effacées ou susceptibles de l’être.

Existe-t-il des règles propres aux personnes morales ?

Oui. L’article 136 comporte des dispositions spécifiques sur l’effacement des peines prononcées contre les personnes morales et des conséquences accessoires.

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