Article par articleNeuf garanties que la procédure espagnole vous reconnaît
Ces droits ne se cumulent pas au hasard : ils forment une chaîne. Rompre un maillon en amont, c’est fragiliser tout ce qui est pratiqué ensuite, et c’est très souvent sur ce terrain que se gagne une procédure.
Art. 118.1 LECrim
Naissance du droit de défense
Toute personne à qui un fait punissable est attribué peut exercer son droit de défense dès cet instant, sans retard injustifié. Aucune formalité ne conditionne cette naissance : ni convocation, ni notification, ni décision formelle de mise en cause. La pratique consistant à convoquer comme témoin celui qui est déjà suspect contourne cette garantie.
Effet : acte vicié
Art. 118.1 LECrim
Information des faits imputés
Vous devez être informé des faits qui vous sont reprochés, et non d’une simple qualification juridique générique. Une information vague ne permet ni de préparer une défense ni de décider si l’on répond ou si l’on garde le silence : déclarer sans connaître les faits vicie la diligence.
Effet : déclaration attaquable
Art. 118.1 LECrim
Droit au silence et non-auto-incrimination
La personne mise en cause peut garder le silence, ne pas déposer contre elle-même et ne pas s’avouer coupable. Le silence ne peut pas être présenté comme un indice de culpabilité : c’est un droit, non une stratégie suspecte, et son exercice se prépare avec le défenseur.
Effet : aucun préjudice tiré du silence
Art. 118.1 b) LECrim
Accès aux actes de la procédure
L’examen des actes doit être possible avec une anticipation suffisante avant toute déclaration, sauf secret judiciairement décidé. Notre règle est simple : jamais de déclaration sans avoir lu le dossier. Si la juridiction s’y oppose sans secret formel, nous le faisons consigner et demandons la suspension.
Effet : suspension de l’acte
Art. 118.2 LECrim
Confidentialité des échanges avec l’avocat
Les communications entre la personne mise en cause et son défenseur sont confidentielles, sauf indices de participation de l’avocat lui-même à l’infraction. L’interception de ces échanges a provoqué des annulations retentissantes : il s’agit d’une ligne rouge du système.
Effet : exclusion du matériel intercepté
Art. 118.3 et 118.5 LECrim
Information compréhensible et entretien préalable
L’information des droits doit être donnée dans un langage compréhensible et adapté ; la déclaration se déroule toujours avec un avocat, après un entretien confidentiel. La renonciation au défenseur n’est admise que pour certaines infractions légères contre la sécurité routière, et reste déconseillée.
Effet : interrogatoire contestable
Art. 520 LECrim
Droits de la personne privée de liberté
Pour la personne gardée à vue, le catalogue s’élargit : information immédiate et écrite, avis à un proche, assistance consulaire, examen médical, interprète et entretien confidentiel avec l’avocat, y compris au commissariat. Le retard injustifié du défenseur au-delà de trois heures est l’un des manquements les plus utiles à la défense.
Effet : nullité de la garde à vue
Art. 775 LECrim
Première comparution dans la procédure abrégée
La première comparution devant le juge impose d’informer la personne mise en cause des faits, en présence de son avocat, et de lui permettre de déclarer tout ce qu’elle souhaite. C’est l’acte qui fixe le périmètre factuel : des faits non communiqués à ce stade ne peuvent pas fonder ensuite une accusation sans nouvelle imputation formelle.
Effet : délimitation de l’objet
Art. 302 LECrim
Secret de l’instruction
L’accès au dossier peut être limité par une décision motivée déclarant le secret, pour un mois renouvelable, qui doit être levé au moins dix jours avant la clôture de l’instruction. Le secret ne saurait rendre opaque l’instruction entière : il se conteste par voie de recours et chaque prorogation se vérifie.
Effet : contrôle par recours