GUIDE DE LA LECRIM · ART.
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Les infractions mineures (les anciens « juicios de faltas ») sont jugées dans une procédure express sans phase d’instruction : convocation, procès et jugement, parfois le tout en quelques semaines. Leur apparente simplicité est trompeuse : il y a des condamnations avec inscription au casier, des indemnisations et même des responsabilités qui s’aggravent. Et bien que l’avocat ne soit pas obligatoire, les statistiques de ceux qui se présentent accompagnés par rapport à ceux qui y vont seuls parlent d’elles-mêmes. Nous vous l’expliquons en détail.
Infractions mineures : le catalogue
Depuis la réforme de 2015, sont des infractions mineures, entre autres : le vol jusqu’à 400 € (art. 234.2), les menaces et contraintes légères (art. 171.7 et 172.3), les injures et vexations injustes légères relevant de l’art. 173.4, l’escroquerie jusqu’à 400 € et les dégradations jusqu’à 400 €. Peines d’amende ou d’assignation à résidence et inscription au casier judiciaire effacée au bout de 6 mois. Attention à la LO 1/2026 sur la multirécidive : pour le vol et l’escroquerie mineurs, si l’auteur cumule au moins trois condamnations définitives de même nature (du même Titre pour le vol, du même Chapitre pour l’escroquerie) et qu’au moins l’une d’elles est mineure, la peine n’est plus l’amende de l’infraction mineure mais celle de l’infraction de base (prison de 6 à 18 mois pour le vol) : l’infraction mineure réitérée n’est plus « mineure » dans ses conséquences, et sa prescription passe de 1 à 5 ans.
En pratique : Depuis la LO 1/2026, la première question dans tout vol ou escroquerie mineur est le casier judiciaire : avec trois condamnations de même nature (dont une mineure), l’affaire n’est plus « une amende » mais une peine de prison de 6 à 18 mois avec procès ordinaire. La compétence pratique, la stratégie et le conseil changent : ce qui hier se réglait par une conformité à une amende exige aujourd’hui une défense complète.
Art. 962 LECrim · Convocation immédiate par la police
En cas de coups et blessures, de vol flagrant, de menaces ou de contraintes légères, la police convoque directement devant le tribunal de permanence les prévenus, les victimes et les témoins, avec avertissements : le procès peut se tenir immédiatement. Recevoir la convocation au commissariat signifie que le procès est sérieux et aura lieu dans quelques jours.
En pratique : La convocation policière directe comporte des avertissements qui sont appliqués : s’y présenter sans préparation parce que « c’est une broutille » offre des condamnations. Nous examinons la convocation : les vices dans l’avertissement ou dans l’identification des faits fondent des renvois et des nullités de procès éclair.
Art. 963 LECrim · Classement pour opportunité
Le juge peut classer l’affaire, à la demande du procureur, lorsque l’infraction mineure est de très faible gravité et qu’il n’existe pas d’intérêt public pertinent à la poursuivre : le principe d’opportunité. Bien l’invoquer évite des procès entiers pour des incidents minimes.
En pratique : Le classement pour opportunité exige une demande du procureur, mais rien n’empêche de le suggérer de manière motivée : faible gravité, réparation déjà intervenue, conflit résolu. Dans les incidents mineurs de voisinage ou familiaux, nous l’obtenons fréquemment : mieux vaut un classement précoce qu’une relaxe tardive.
Art. 965 à 967 LECrim · Fixation de l’audience et convocations
Si la tenue immédiate n’est pas possible, l’audience est fixée dans les 7 jours suivants lorsque cela est possible ; les convocations informent des droits, de la nécessité de comparaître avec les preuves et de la possibilité d’être assisté d’un avocat. Le procès se tient même si le prévenu ne se présente pas, dès lors qu’il a été régulièrement convoqué : l’absence n’est pas une stratégie, c’est une absence de défense.
En pratique : La convocation doit informer du droit de produire des preuves : venez avec elles ou demandez un renvoi pour les apporter si la convocation était défectueuse. L’assistance d’un avocat, bien que non obligatoire, permet d’interroger avec méthode : dans des procès de 15 minutes, chaque question compte double.
Art. 969 LECrim · L’audience
Le plaignant, le prévenu et les témoins sont entendus, les preuves sont administrées et des conclusions orales sont présentées. Le procureur n’assiste pas toujours aux audiences pour les infractions poursuivies sur plainte (son absence ne suspend pas l’audience) : la charge de l’accusation repose alors sur le plaignant, et sans accusation formelle à l’audience il ne peut y avoir de condamnation : un détail technique qui obtient des relaxes.
En pratique : Sans procureur, l’accusation repose sur le plaignant : s’il ne formule pas d’accusation expresse (faits + demande de condamnation) à l’audience, la relaxe pour défaut d’accusation s’impose. Nous surveillons ce moment comme des faucons : il fait gagner des procès entiers par pure technique.
Art. 973 et 976 LECrim · Jugement et appel
Le jugement peut être rendu sur le siège ; il est susceptible d’appel dans les 5 jours, instruit comme celui de la procédure abrégée et tranché par l’Audiencia Provincial. Le réexamen des faits à l’aide de l’enregistrement de l’audience est plus réalisable qu’on ne le croit : les audiences pour infractions mineures sont peu préparées… par la partie adverse.
En pratique : L’appel dans les 5 jours s’appuie sur l’enregistrement : dans les audiences rapides, les erreurs d’appréciation sont grossières et visibles. Il vaut la peine de faire appel plus souvent qu’on ne le fait : l’Audiencia infirme facilement les condamnations mineures lorsque la preuve a été un « parole contre parole » mal motivé.
Commentaire original du cabinet, confronté à l’ouvrage de référence de notre fonds bibliographique : Ley de Enjuiciamiento Criminal Comentada, Lefebvre-El Derecho, 13e édition, mai 2026.
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est déterminant : il faut apporter la preuve prête (témoins convoqués, documents, certificats médicaux), interroger, présenter des conclusions et connaître des détails tels que la nécessité d’une accusation formelle à l’audience. L’amende, l’indemnisation et l’inscription au casier sont réelles. Notre expérience : la différence de résultats entre y aller seul et accompagné justifie amplement l’assistance.
La déclaration du plaignant peut constituer une preuve à charge si elle franchit les filtres de crédibilité, de persistance et de corroboration, mais dans les incidents réciproques sans témoins, les relaxes (ou les condamnations mutuelles symboliques) sont fréquentes. Apporter son propre récit ordonné, des messages certifiés et un témoin change le procès. Et nous évaluons toujours la contre-plainte dans les délais.
Oui, au casier judiciaire, bien que de manière privilégiée : elle ne compte pas pour la récidive et n’empêche pas le sursis, sauf lorsqu’elle intègre une infraction aggravée par multirécidive d’infractions mineures (LO 1/2026), et elle est effacée 6 mois après l’exécution de la peine. Elle figure néanmoins entre-temps sur l’extrait et peut poser problème dans les concours publics ou en matière d’immigration. Une raison de plus pour se battre pour la relaxe, même dans les « petites » affaires.
Étape suivante
Les enregistrements sont effacés en un mois et les témoins quittent le pays en septembre. Racontez-nous ce qui s’est passé, avec le certificat médical et la convocation sous les yeux, et nous vous dirons franchement ce qui peut être soutenu et ce qui ne peut pas l’être.
Texte en vigueur selon la version consolidée du Journal officiel de l’État, avec les éléments constitutifs de l’infraction et les axes de défense applicables.